Boukinage La Dame à la Licorne (Tracy Chevalier)

Publié le Lundi 26 Juillet 2010 - 0:37
Catégorie: Boukinage

J’avais lu (et vu) la “Jeune Fille à la Perle” de cette même auteure, et on retrouve là ni plus ni moins le même procédé. En effet, nous sommes à la fin du 15ème siècle et Jean Le Viste commande une série de tapisserie pour agrémenter une salle à manger, et pour marquer son évolution dans la noblesse de l’époque. Ces 6 tapisseries figurent à chaque fois dames et licorne, et illustrent un sens. Elles furent cédées à travers les siècles et finirent à l’abandon, rongées par la vermine, jusqu’à ce que Prosper Mérimée les redécouvre en 1841, apparemment largement poussé par George Sand. Elles sont à présent un des trésors du musée de Cluny, et le témoignage du talent incroyable des lissiers bruxellois de cette période.

Tracy Chevalier a alors imaginé tout un roman autour de ces tapisseries : qui fut l’auteur des cartons (qui servent de modèles ensuite aux tisseurs), qui les a tissé, pourquoi ces motifs et personnages, etc. On est vraiment dans un cadre très proche de la “Jeune Fille à la Perle” avec des chapitres dont les narrateurs sont à chaque fois des protagonistes différents.

Elle imagine donc que l’auteur des cartons est un célèbre miniaturiste de la cour de Charles VIII : Nicolas des Innocents. Ce dernier n’est qu’un fieffé coureur de jupons qui tente de séduire la fille des Le Viste, mais c’est la mère, Geneviève de Nanterre, qui tire les ficelles et réussit à convaincre le peintre de représenter des licornes plutôt qu’une scène de bataille (idée première de Jean Le Viste). Nicolas des Innocents suit aussi le déroulé de la conception des tapisseries en se rendant dans l’atelier à Bruxelles. Là il tombe amoureux de la fille aveugle du tapissier, et s’ensuit une étrange aventure…

Vraiment ce roman n’a rien de transcendant mais il est tout à fait plaisant à lire, et gentiment distrayant avec ses sources bien documentées qui permettent un sympathique voyage dans le temps et les mœurs médiévaux. De plus, l’écrivain a tramé une histoire assez passionnelle et tumultueuse qui mêle aventures amoureuses, découvertes culturelles (notamment sur le métier des lissiers et les modes de confection de l’époque) et suspense dans la production finale de la tapisserie dont la date de livraison était quasi-impossible à honorer. Cela se lit bien et on sent que l’approche n’est pas idiote, tout en étant complètement romanesque.

La Dame à la Licorne (Tracy Chevalier)

ThéâtrOpérage “Madame Mouchabeurre” au Théâtre du Gymnase par les Caramels Fous

Publié le Dimanche 25 Juillet 2010 - 21:22
Catégorie: ThéâtrOpérage

J’entends parler des Caramels Fous depuis plus de dix ans, et jamais je n’avais eu l’occasion d’y aller, mais c’est en lisant l’article dithyrambique de Jonathan D., que je me suis décidé. Bien m’en a pris, car j’ai simplement passé une soirée géniale !!!

Je savais que la troupe amateur y mettait beaucoup de talents et chiadait ses costumes, mises en scène et décors, mais à ce point je ne m’y attendais vraiment pas. Car non seulement le spectacle est d’une indéniable qualité formelle, mais le fond est aussi totalement bluffant. Les saltimbanques bien queer de cette troupe sont chanteurs et danseurs d’une sacrée trempe, et leurs costumes, décors, chorégraphies viennent encore souligner cela. Je salue aussi l’ineffable talent de l’auteur de ces reprises : Michel Heim. En effet, il s’agit d’une vraie comédie musicale, complètement chantée, et dont l’histoire, librement inspirée de Madame Butterfly (litéralement Mouchabeurre donc), tient parfaitement la route, au-delà de l’aspect purement drolatique. On y retrouve des standards des années 50 à aujourd’hui, et tout en narrant cette jubilatoire intrigue, on profite surtout de calembours et jeux de mots hilarants et toujours très “gay”.

Bien sûr, le côté amateur se ressent par quelques fausses notes ou hésitations, mais on est dans une atmosphère d’une telle convivialité, que ce n’est pas grave du tout, cela contribue même à l’ambiance sympathique et détendue qui règne dans le théâtre. En dehors de cela, le spectacle est un régal de comédie enlevée et dynamique, drôle et touchante, décalée et transgressive tout en véhiculant quelques messages tout à fait sérieux (notamment liés à l’homosexualité).

Outre cela, adapter Madame Butterfly à la sauce bretonne était un sacré challenge, et les allusions à la culture Breizh sont à mourir de rire, tout en étant fort sympathiques. On s’habitue aussi assez bien à ces mecs qui endossent tous les rôles, et des travestissements qui sont souvent drôles mais sans verser complètement dans la caricature, donc qui servent simplement parfaitement leur objectif.

Je reste surtout vraiment admiratif du dosage très délicat qui est ainsi présenté pour donner un spectacle gay mais qui peut plaire aux non-gay, un peu décalé mais pas choquant, et qui finalement parle à énormément de gens. C’est aussi avant tout un ton très “français” et en tant que tel qui pourrait même surprendre certaines personnes peu amènes à voir un spectacle à la verve si rose. Le scénario avec son conservatisme culinaire et son chauvinisme bien de chez nous contraste fortement avec le décalage de sa narration et c’est à mon avis l’une de ses grandes qualités. Je pense que c’est un parfait ambassadeur culturel avec un vrai cachet pédé et dans lequel nous pouvons être très nombreux à nous reconnaître.

"Madame Mouchabeurre" au Théâtre du Gymnase par les Caramels Fous

Boukinage L’oreille interne (Robert Silverberg)

Publié le Dimanche 25 Juillet 2010 - 3:41
Catégorie: Boukinage

Je disais que Robert Silverberg usait parfois de la veine fantastique à dose homéopathique dans ses romans, mais là c’est encore plus discret. C’est pourtant un de ses meilleurs bouquins selon la critique, et en effet c’est certainement le mieux écrit et le plus “fin”.

David Selig est doté d’un pouvoir qui aurait pu lui apporter gloire et fortune : il peut lire les pensées d’autrui. Au contraire, il a un peu une vie de merde, sans amour, sans vie sociale, et un job qui consiste à écrire les devoirs d’étudiants new-yorkais flemmards moyennant quelques dollars. Pour couronner le tout, David sent son pouvoir exponentiellement décliner, et il comprend que dans quelques mois il en sera totalement dépourvu.

Voilà donc un roman de SF des plus surprenants, puisque ce David Selig a beau être télépathe, on a plutôt l’impression de suivre les péripéties d’un bon Woody Allen. Robert Silverberg a clairement écrit là une quasi biographie, en mettant en tout cas beaucoup de lui dans ce liseur de pensées à l’existence bien morne et tourmentée. David Selig raconte comment il a découvert son don, et tous les épisodes de sa vie, enfance, adolescence, rencontres importantes… Et les femmes évidemment, et surtout Toni qu’il perd un peu bêtement, en lui révélant notamment son pouvoir.

Le roman est puissant dans sa faculté à nous faire rentrer dans l’esprit de cet homme qui lit les esprits des autres. Mais surtout, Robert Silverberg donne là un récit assez inhabituel avec beaucoup de mélancolie, d’introspection, de doute et de remise en question, de questionnements philosophiques que le héros formule pour mieux se situer face à son destin et son “habileté”. De la SF sans faire de la SF mais qui finalement donne un sacré roman de SF, voilà c’est un peu ça… Hé hé.

L'oreille interne (Robert Silverberg)

Boukinage Le temps des changements (Robert Silverberg)

Publié le Dimanche 25 Juillet 2010 - 2:39
Catégorie: Boukinage

Je continue ma découverte de ces auteurs de SF que j’aime tellement, et qui vont en gros des années 50 à 70. Robert Silverberg en fait partie, et je l’aime particulièrement pour son inventivité en termes de systèmes sociaux originaux qui sont aussi éloignés de nous qu’ils en deviennent des critiques très fines de notre propre société. Son sens de la SF ou du fantastique n’est pas toujours aussi hyper décalé ou “tape-à-l’œil ” que certains, mais sa vision des sociétés humaines est toujours finement ciselée et souvent fascinante.

C’est exactement le sujet de ce bouquin, qui est écrit sous forme de journal. Son auteur, Kinnal Darival, est un noble d’une planète dont les colons terriens sont peu à peu parvenus à construire leur propre civilisation. Et sur cette planète, il est un tabou ultime c’est celui de dire “je”. Il est totalement proscrit de parler de soi, et surtout d’exprimer ce “je” individuel et purement égotiste. Ces individus ont seulement “une sœur et un frère de lien” qui sont des êtres choisis à la naissance et avec lesquels ils partagent tout et peuvent se montrer un peu plus proches et singuliers, mais toujours sans aller jusqu’au sacrilège du “je”. Le bouquin décrit le parcours de Kinnal et son émancipation, grâce notamment à la rencontre d’un terrien voyageur un peu marginal.

Ce récit est la description pleine d’aventures et de rebondissements d’un homme qui veut dire “je” envers et contre tous, et encore un fois la dimension SF est subtilement instillée tout en conservant le focus sur cette société étrange, et finalement assez proche de nous. On découvre alors comment Kinnal reconnaît le besoin de s’exprimer, de crier ses émotions et son ressenti, et comment cette société va le bannir, le pourchasser, et finalement vouloir le tuer.

J’aime vraiment beaucoup l’écriture de cet auteur, et surtout la manière dont ses engagements et opinions politiques peuvent ainsi transparaître si facilement dans ses œuvres. Voilà un écrivain de SF qui donne beaucoup à penser sur aujourd’hui, tout simplement.

Le temps des changements (Robert Silverberg)

Linkage De l’utilité des homosexuels pour conduire leur FAP

Publié le Dimanche 25 Juillet 2010 - 0:55
Catégorie: Linkage

[Via Tambour Major] Alice Sapritch, immense FAP* des années 80, nous apprend au jeu de la vérité, sous l’œil peu amène de Patrick Sabatier, pourquoi elle fréquente beaucoup d’homosexuels. Hu hu hu.

*FAP = Fille à Pédé évidemment. (Mais je sais qu’il faut faire des rappels de temps en temps.)

Linkage Blogopathie Pheelienne

Publié le Vendredi 23 Juillet 2010 - 15:01
Catégorie: Linkage

Rhaaaa en voilà un qui écrit pendant des années et dont j’ai toujours aimé la prose, et qui comme beaucoup tire sa révérence en ne laissant aucune trace. Cela me met toujours mal à l’aise quand il ne reste rien de ces posts, et que c’est comme si ça n’avait jamais existé (c’est comme ça que ça marche sur le net). Même si je comprends sa démarche, c’est dommage…

Il arrive un moment où le blog devient un piège, je suis tombé dedans. ce qu’on pense écrire pour soi se retrouve lu par des personnes qu’on ne connait pas et par des personnes qu’on connait et ça n’a plus rien d’anonyme ou de personnel. J’ai livré des choses sur moi, sur ma famille, ma vie qui m’effraient. A un moment la limite ne se fait plus. Ce qui au départ était un jeu, un moyen de partager des coups de cœur musicaux, des bêtises sur soi devient un monstre qu’il faut nourrir et pour peu qu’on soi dans un moment difficile on franchit un jour une limite sans s’en apercevoir. J’ai déjà supprimé des blogs par le passé sans rien en garder car ce n’est pas une œuvre. J’y ai passé beaucoup (trop) de temps, d’abord en m’amusant et en devenant non plus une personne mais un personnage dans lequel j’étouffais puis j’ai voulu rectifier le tir, me décoller une image en voulant montrer autre chose et je suis tombé dans un exhibitionnisme dont l’indécence me laisse un goût amer tant elle semble frôler la maladie mentale. C’est devenu une addiction, une facilité.

Extrait de l’article “Pivoines” de Pheel, sur son blog.

Linkage Cliché de cliché

Publié le Vendredi 23 Juillet 2010 - 11:40
Catégorie: Linkage

David Madore a écrit un article qui ressemble à pas mal de mes tentatives, mais c’est toujours pareil quand on parle de “cliché homo”. Donc on se met imbriquer les clichés dans les clichés, et à changer de point de vue en cours d’exploration, soit on se met dans la peau de la personne lambda qui se fie à la Cage aux Folles, soit on voit le Marais et sa kyrielle de sous-segments, soit on finit par se dire que putain mais y’a paaaaaas de règles, on est tous des individuuuuus !!! Huhuhu.

Boukinage Dans ma maison sous terre (Chloé Delaume)

Publié le Vendredi 23 Juillet 2010 - 0:23
Catégorie: Boukinage

L’extrait que j’avais posté du bouquin le résume tellement bien que je n’ai plus grand chose à écrire.

Chloé Delaume est une sorte d’Augusten Burroughs qui écrit ses romans à partir de différents épisodes de sa vie, et qui a vécu des choses tellement “denses” qu’on a l’impression que la source est loin d’être tarie. J’avais lu avec beaucoup de curiosité “Les mouflettes d’Atropos” et j’avais été marqué par le talent littéraire de cette auteure. Là encore, c’est un bonheur que de suivre sa prose, et je la lis avec une soif inextinguible tant j’adore son sens de la formule. Elle pratique aussi un français très châtié mais pas hermétique ou pédant, elle use simplement de notre langue avec une acuité et une beauté qui m’épate.

Difficile de qualifier ce roman, comme il était déjà difficile d’appeler roman l’autre ouvrage que j’avais lu, qui possède bien quelques sections narratives, mais qui est avant tout une plongée étonnante dans l’esprit de Chloé Delaume. Et quelle personnalité… C’est toujours la même femme blessée et meurtrie par son histoire si tragique et traumatisante, mais elle est plus adulte et épanouie, c’est déjà Chloé l’écrivain qui parle. Chloé qui s’en est “sortie”. Ce qui change énormément dans le ton et dans le cours (lapsus calami, j’avais écrit “cœur”) des événements c’est qu’elle s’est muée en véritable Némésis, et que la vengeance envers sa grand-mère est ce qui nourrit tout le fil du bouquin. Elle est alors d’une âpreté et cruauté assez extraordinaire en expliquant comment cette femme est la source de toutes les souffrances et de cette damnation familiale. L’auteure conjure le sort en sortant saloperie sur saloperie, et assassine littérairement sa grand-mère pour mieux s’en libérer.

Je ne préfère pas en dire plus, parce que je pense que chacun doit interpréter ce genre de romans, soit en le prenant pour une narration pure (mais c’est difficile), soit en considérant toutes les résonances avec sa propre histoire, ce que je fais allégrement. Du coup cette lecture devient aussi catharsis à la fois pour l’auteure, mais surtout pour son lecteur empathique. En tout cas, c’est encore une drôle de putain d’écriture géniale !!

Dans ma maison sous terre (Chloé Delaume)

ThéâtrOpérage “Le meilleur du pire” de Manuel Pratt au Théâtre du Funambule

Publié le Jeudi 22 Juillet 2010 - 0:39
Catégorie: ThéâtrOpérage

Je ne connaissais pas ce mec alors qu’il est sur les planches depuis plus de vingt ans, mais il explique qu’il est persona non grata à la télévision, et en fait on le comprend au bout de quelques minutes… En effet, Manuel Pratt manipule et administre l’humour noir le plus vitriolesque et de mauvais goût qu’il m’a été amené de connaître, et donc c’est excellent. Arf arf.

Le spectacle commence et pendant une heure et demi ce gars, au visage émacié et maigre comme un clou, va nous parler comme à des potes dans un café. Il raconte histoires sur histoires, et de fil en aiguille, d’assertions politiques en anecdotes potaches, TOUT y passe !! Il n’aime personne et crache sur tout le monde, il parle curé, pédophilie, handicapés, violence, misogynie, caca boudin pipi, droite, gauche et consorts, religions diverses et variées etc. Il se moque beaucoup et cruellement, mais avec une verve aiguisée et faussement nonchalante à la Desproges.

Son humour est coriace et acéré, son propos acerbe mais pas dénué d’émotion ou d’un ton de confidence assez surprenant. En tout cas, il est diablement convaincant car il a beau ronchonner et tronçonner son prochain, il est malgré tout assez intelligent et construit dans ses attaques, et il dégaine à l’envi l’arme suprême : dire tout haut ce que l’on pense tout bas. Le spectacle acquiert ainsi par moments des aspects catharsiques quand il dépeint les petits travers psychologiques des uns et des autres devant telle ou telle situation.

J’ai été très convaincu par cet humoriste saltimbanque dont la marginalité lui a sûrement fait conserver toute son énergie créatrice et son nihilisme corrosif. En tout cas, j’imagine parfaitement pourquoi on pourrait difficilement diffuser ses sketchs à l’antenne, et c’est bien ce qui en fait sa saveur, et la raison pour laquelle il faut aller s’en régaler en spectacle.

"Le meilleur du pire" de Manuel Pratt au Théâtre du Funambule

Cinéphage Sex and the City 2

Publié le Mercredi 21 Juillet 2010 - 23:48
Catégorie: Cinéphage

Le premier opus n’était vraiment pas terrible, et ne rendait surtout pas hommage à ces personnages et cette série que j’ai adoré pendant des années. J’ai lu énormément de critiques sur ce second film, et même si je souscris à certaines, j’ai trouvé globalement que c’était beaucoup mieux que le premier. En tout cas, c’est le film hommage que j’attendais et qui m’a satisfait dans cette optique.

Le souci c’est qu’elles ont vieilli et que leurs frasques apparaissent aujourd’hui bien “anachroniques” et souvent emprunt d’une belle couche de vulgarité. Mais après tout la série n’était pas vraiment moins vulgaire. Huhu. On y voit une succession de trois bons épisodes de la série assemblés avec plus ou moins de talent, mais en tout cas ils ont bien su insérer ça et là les bons rôles secondaires et des dialoguistes bien conformes à nos héroïnes. On n’est beaucoup moins dans le propret peu digeste du premier film, et cela donne l’occasion à de francs moments de rigolade, et aussi quelques originalités.

Ce qui me faisait le plus peur quand j’avais vu la bande-annonce, c’était cette histoire d’Abou Dabi parce que je trouvais cela un peu dommageable pour des personnages tout de même d’obédience féministe, et puis cette orientation 100% fric et superficialité qui ne ressemblait plus trop à l’esprit initial. Le film là fait très fort en allant bille en tête dans le précipice, et extraordinairement en réussissant à frôler le vide sans y tomber, et montrer même au final que l’esprit SATC est toujours vivace. Je pense qu’il faut être super fan de la série (comme je suis) pour réellement percevoir ces petits éléments qui sauvent le film, et en font quelque-chose de tout à fait digeste.

On peut déjà saluer le respect des personnalités de Carrie, Samantha, Charlotte et Miranda, on les retrouve telles qu’on les avait quitté, et elles ont quasiment les mêmes travers et qualités. Evidemment, les années passant ont apporté leur lot de nouveauté, comme Samantha qui se shoote aux hormones pour rester dans le coup sexuellement, ou Charlotte qui essaie d’être une super maman avec sa petite fille adoptée, ou encore Carrie qui évidemment doute de Big… Le film démarre par un truc énorme, et que j’ai pensé volontairement too much et caricatural à en mourir : le mariage des frères ennemis Stanford et Anthony !! On assiste là au plus kitschissime des mariages amerloques dans les Hamptons, et quand on croit qu’on a tout vu, voilà que Liza Minelli débarque en maître de cérémonie. Plus gay tu meurs !!! Cette première partie terriblement gay est le clin d’œil à la nombreuse clientèle homo de SATC, mais le meilleur reste à venir avec un personnage reubeu dans l’hôtel à Abou Dabi qui est absolument tordant.

J’ai été très agréablement surpris par la partie à Abou Dabi (je ne raconte même pas le scénario car ce n’est vraiment pas l’intérêt, huhu) et généralement il m’a semblé que dès que l’histoire s’orientait dangereusement, on trouvait une scène pour remettre les choses en place. Ces réponses narratives contribuent vraiment à ce que le film ne perde pas pied, et étonnamment ça fonctionne (à mon avis). Quand on est saoulé par les étalages de fringues ou la superficialité des échanges, il y a un truc drôle ou pertinent qui vient remettre un peu d’équilibre, de bon sens et de raison dans la comédie (qui en devient beaucoup moins débile que prévue).

Mais le film vaut surtout pour Samantha qui mène la danse du début à la fin. Elle est souvent à hurler de rire, et rien que sa crise féministe de fin de film vaut le détour. Elle est fantastique !! On rit d’ailleurs beaucoup plus pour ce film que pour le précédent.

Je ne dis pas que c’est un chef d’œuvre et je reconnais que c’est parfois un peu trop vulgos, et encore une fois, elles ont passé l’âge de ce genre de choses. Mais putain, c’est le film qui prolonge vraiment bien la série et qui nous donne à profiter de ces personnages qu’on aime tant. Ils ont non seulement respecté cela, mais en plus proposé des petites choses additionnelles, drôles et émouvantes, qui rendent le tout bien sympathique.

Sex and the City 2