20 ans et des poussières

A l’approche galopante et inexorable de mes quarante balais, j’ai compulsé dernièrement les journaux intimes d’il y a une vingtaine d’années (en réalité j’ai commencé à écrire en 1991 à quinze ans). Ce n’était bien évidemment qu’un blog sur papier d’un vingtenaire balbutiant et totalement débutant dans la vie… Je relisais ceux de 1994 à 1998 (de 18 à 22 ans), ces quelques années de découverte de Paris et de ses plaisirs, et surtout témoins d’une belle émancipation et des premiers émois homos. A partir de 1998, je saute le pas en m’installant carrément à Paris, mais avant c’était des allers-retours entre mon Val d’Oise natal et des squats divers et variés la plupart du temps dans le 11ème arrondissement (déjà !!).

Ces journaux sont des élucubrations navrantes et tordantes à la fois, je pense que j’en partagerai quelques pages pour me donner un peu d’humilité. Arf arf. Il s’agissait également d’un récit circonstancié assez rébarbatif de mes soirées et rencontres de cette époque. Et l’époque a été plus que riche en télescopages inopinés alors que je me plongeais dans le Gay Paris Maraisien et me faisais des accointances de ses remarquables autochtones. Ma super pote de l’époque, Caroline, une lesbienne haute en couleur et qui était copine avec tous les pédés de la place de Paris me les présentait un par un dans le secret espoir de me déniaiser (elle allait y arriver, alléluia !).

C’est ainsi que le samedi 1er Juillet 1995, j’ai passé une partie de la nuit au Privilège (Eh oui le Palace était encore ouvert à cette époque lointaine – mais déjà finissante avec les Guetta). Le Priv’ était une boite lesbienne sous le Palace, avec surtout un after très fréquenté au petit matin : le KitKat). Caro me présenta un certain Franck aka Madonna qui avait senti le minot banlieusard paumé et s’était repu de moi en une bouchée. Ah ah, je me souviens exactement de cette rencontre, et d’avoir été terrorisé par son attitude et ses manières (pauvre petite sainte nitouche que j’étais, il faut dire, hu hu hu).

franck_madonna

Il compensait une sacrée timidité par un personnage exubérant et totalement décomplexé. Il dansait terriblement bien, et était un pilier des soirées de l’époque. Cette première fois ne m’avait pas convaincu, mais je conclus mon journal en disant que je veux absolument le revoir. Et on s’est revu, assez rapidement d’ailleurs, et j’ai compris année après année qui il était. On n’a jamais été proches, mais on s’est toujours salué d’un sourire et d’un clin d’oeil au fond d’un bar, d’une ruelle du Marais ou d’une piste de danse. Depuis une vingtaine d’années donc, il fait partie de ces connaissances en filigrane, de ces repères de cette période parisienne qui se poursuit aujourd’hui encore. Souvent lorsque je traîne dans le centre de Paris ou lors de rares fois quand je pose mes guêtres en bôate de nuit, je croise une personne qui me rappelle ces années, ces amis, ces bons moments (ou moins bons !).

N’y voyez pas un apitoiement nostalgique, je vis ces années-ci des choses très chouettes et pour rien au monde je souhaite revenir en arrière. J’ai très bien vécu comme il le fallait ces moments-là. Et lorsque je lis ces pages couvertes de mon écritures de gamine qui fait des coeurs sur ses i, je rigole et je rigole. Surtout lorsque je réalise que les jeunes gens de 19 ans que je rencontre inopinément sur touiteur ont passé leur adolescence sur xtube, et en sont à se tâter pour la double ou un bon plan uro. Mouahahahahahah. Là évidemment, on se rend bien compte des vertus des Internets dans le déniaisement global de la population. Ah que voulez-vous tout est question de curseur et d’alchimie. Hé hé hé.

L’année 1996 fut une année d’une grande richesse pour moi, et je pense que je vais pas mal en reparler.

Si j’ai évoqué là Franck, c’est parce que nous sommes en contact via Facebook, comme avec pas mal de keûpines de ce temps-là, et qu’incidemment je viens d’apprendre la disparition de ce joyeux lurons de mes nuits parisiennes. Du coup j’ai voulu retrouver cette première mention, et après 20 ans et des poussières, je sais que je ne le croiserais plus par hasard. Et ça me rend triste.

La Saint Valentin selon Hugleikur Dagsson

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J’ai déjà dit que j’aimais beaucoup beaucoup Hugleikur Dagsson (It is cööööld in Iceland!!! <-- à prononcer comme Dawn French dans ce clip culte de French & Saunders où elle interprète Björk sur un camion). Mais là je l'adore d'autant plus. C'est TOUTE LA SAINT VALENTIN !!! :DDD Sources : son site, son tumblr.

Les chemins de la connaissance qu’y disaient

Cela fait déjà quelques temps que j’écoute presque tous les podcasts des Nouveaux Chemins de la Connaissance de France Culture. Présentée par Adèle Van Reeth, cette émission parle de tous les sujets possibles avec un prisme philosophique qui est la plupart du temps passionnant et éclairant. Mais parfois, j’écoute tranquillement dans le métro, et en quelques phrases je suis LARGUÉ, je ne comprends plus le sens des phrases, certains mots ou expressions m’échappent, les références me sont inconnues, et je me sens STUPIDE !!!! Mais vous connaissez mon côté maso, j’adooooore ce sentiment d’incompréhension dans ce qu’il est un défi et une bonne petite claque d’humilité salvatrice. Je vous rassure parfois je laisse tomber, comme pour ce podcast qui se demandait si « La femme existe-elle ? » avec des spécialistes de Lacan qui m’ont perdu, mais vraiment perdu !! En réécoutant le soir, c’était un peu plus clair, mais vraiment je n’ai pas accroché malgré mon amour de la psychanalyse. Je vous mets au défi !!

Et puis là je finissais quelques émissions qui ont déjà un mois, et j’étais particulièrement intéressé par une série sur les sciences et notamment sur « l’homme augmenté » avec un chercheur, un certain Jean-Michel Besnier. Je me dis souvent quand je connais assez bien un thème que je vais pouvoir tout suivre très facilement, mais j’étais un matin confortablement installé dans la ligne 7, et j’ai écouté ça (c’est Adèle qui commence) :

– […] Cette volonté de perfectionnement de l’homme, qu’on entend très clairement dans ce film, ce très bon film d’ailleurs, Bienvenue à Gattaca, c’est d’arriver, d’atteindre l’homme le plus parfait possible, et en fait que ce désir de perfection viendrait d’une forme de fatigue d’être soi, de honte d’être soi-même, et Günther Anders parle de cette limite que l’homme n’arrive pas à accepter. Ça c’est passionnant.

– Oui ce que dit Günther Anders c’est également que cette volonté d’en finir avec l’humain, tel qu’il est, c’est un processus qui est dans la continuité de la métaphysique toute entière.

– C’est-à-dire ?

Un système métaphysique cherche toujours à en finir avec la passivité. Tous les systèmes métaphysiques, celui de Hegel sans doute le plus éloquemment, ou celui de Fichte, consiste toujours à se donner le donné, la nature, et à l’inscrire dans un système qui va faire prévaloir progressivement l’esprit. L’esprit qui va s’approprier la nature, et comprendre l’arbitraire du point de vue. Si vous prenez Hegel ça commence par la certitude sensible, la confiance est confrontée à une extériorité, qui la limite par conséquent, qui lui résiste, et tout le cheminement de la phénoménologie de l’esprit va consister progressivement à faire en sorte que la conscience pénètre cette extériorité, et finisse par la métaboliser, et parvienne au terme au savoir absolu, où là la conscience se reconnaîtra elle-même dans ce qui n’était pas elle au départ. Donc tous les grands systèmes métaphysiques reposent sur cette ambition d’en finir avec la passivité. Cette passivité première qui fait que nous sommes confrontés à quelque-chose que nous n’avons pas fait.

Eh bien reporté dans le monde de la technologie, ou des biotechnologies, c’est très clair ! Ce que nous ne supportons plus aujourd’hui c’est la naissance. La naissance, le hasard de la naissance, le hasard de la rencontre de gamètes, le fait de la naissance non voulue, et donc les biotechnologies cherchent à transformer la naissance en fabrication : ce que l’on va programmer comme dans Bienvenue à Gattaca, et c’est ce processus là. Et c’est ça que décrit Günther Anders, c’est le fait que nous ne pouvons pas supporter le hasard, l’aventure. Si je prends le terme d’aventure, c’est parce que vous avez cité au départ le texte de Nietzsche.

– Oui voilà j’ai ouvert l’émission avec un extrait du Gai Savoir

– « Gardons-nous de considérer le monde comme un être vivant », c’est un peu étrange pourquoi ? Nietzsche, il est quand même penseur de la vie. Parce que un être vivant c’est un être qui fonctionne métaboliquement, c’est-à-dire de manière nécessaire, de manière cyclique, de manière automatique. Et cet être vivant là appliqué à l’univers, c’est l’indice même d’une fermeture, ça n’a rien à avoir avec la volonté de puissance qui est consentement au hasard, consentement à la guerre, consentement à l’aventure, etc. Donc Günther Anders qui nomme honte prométhéenne d’être soi l’espèce de désaffection de l’humain à son propre égard, c’est ça qui est le point. Nous fabriquons des machines. Nous fabriquons des machines de plus en plus sophistiquées, de plus en plus performantes, nous ne sommes pas à la hauteur de ces machines. Pourquoi ? Eh bien parce que nous sommes des données naturelles qui n’avons en aucune façon l’initiative sur nous-mêmes. La solution c’est précisément de nous transformer nous-mêmes en machines, de nous programmer, de nous doter des attributs et des propriétés dont nous avons besoin.

C’est la partie en gras qui m’a complètement largué, j’ai dû (notamment) buter sur « système métaphysique » et « phénoménologie » mais ça m’a fait arrêté le podcast. J’ai mis le dernier album de Mylène à la place pour finir mon déplacement. Arf.

Et là en écoutant et recopiant ce que je pensais être un galimatias dont j’allais pouvoir me repaître, bah finalement c’est pas si compliqué ce qu’il dit. C’est juste qu’il le dit tellement bien, que je ne l’avais pas compris. Comme j’ai recopié en écoutant bout de phrase par bout de phrase, le sens finit par émerger. Et cela m’a rappeler l’intérêt de copier ses cours quand on est à l’école, copier et recopier et faire ses fameuses « fiches ». L’écriture est une manière de digérer parfois certaines informations ou plutôt formulations qui font jaillir le sens inopinément. Sans connaître ce Günther Anders, Fichte ou même Nietzsche, ni un système métaphysique ou la phénoménologie, j’ai compris de quoi il retournait, et j’ai pu continuer mon écoute. J’avoue que je ne me sens pas de faire le même exercice pour savoir si la femme existe dans l’univers lacanien. Arf arf.

Felix qui potuit rerum causas cognoscere.

La Sociologue et l’Ourson

C’est par le plus pur hasard que j’ai été amené à prendre connaissance de ce documentaire. J’ai recruté la petite amie d’un des deux auteurs, et elle m’a demandé il y a quelques semaines si j’acceptais de prêter une photo de mon mariage pour ce documentaire. Je savais qu’il s’agissait d’un projet autour du mariage pour tous, et cela me suffisait pour accepter l’usage d’une photo. J’avoue que je pensais à un documentaire de deux potes qui sortaient d’école, et j’ai super honte d’avoir pensé cela après avoir regardé l’oeuvre en question (privilège des fameuses personnes qui ont donné de leur mariage pour tous pour conclusion du documentaire). Arf arf arf, encore une belle leçon d’humilité, et tant mieux j’adore ça. En fait, j’ai d’abord regardé la bande-annonce par curiosité.

Quand j’ai réalisé que Mathias Théry était le fils d’Irène Théry, et et qu’avec Étienne Chaillou ils l’avaient suivie pendant toute l’aventure du mariage pour tous, ma curiosité a plus qu’été piquée ! Quand en plus, j’ai compris qu’il ne s’agissait pas tant d’un docu sur le mariage mais également d’une oeuvre mère-fils mâtinée de sociologie, de souvenirs et des expériences d’Irène, en dialogue avec un fils qui s’interroge, j’ai carrément eu envie d’en voir plus. Et quand j’ai réalisé que les auteurs avaient utilisé les conversations téléphoniques à bâtons rompues avec la sociologue, et mont(r)é tout cela avec des peluches animées à la studio Aardman, je jubilais à l’avance du résultat.

Les débats du mariage pour tous ont été terribles, vous ne le savez que trop bien, et il me manque aujourd’hui, même avec le peu de recul que nous avons, de ne pas avoir des documentaires qui analysent ce qui s’est passé. Mathias Théry et son acolyte Etienne Chaillou sont partis je crois d’une volonté de remettre en perspective cette gigantesque engueulade française, « à la française » c’est-à-dire bien désordonnée et parfois violente. Apparemment quand ils ont commencé à filmer, ils n’avaient aucune idée de l’ampleur de la tâche, ni des événements qui allaient suivre. Cette oeuvre est précieuse et brillante à bien des égards, tant par sa narration originale des faits (et le fond comme la forme), que par son prisme plus que singulier dans la personne d’Irène Théry.

Quand j’ai vu la bande-annonce, j’ai tout de suite pensé à un podcast de Radiolab que j’avais écouté quelques semaines auparavant à propos une émission culte américaine « Candid Camera » (ce qui a donné notre non moins célèbre « Caméra cachée »). On y découvre comment le créateur, Allen Funt, a démarré en faisant des interviews à la radio. Il avait constaté que ses invités étaient parfaitement détendus et diserts lors de la préparation de l’émission, mais que ça devenait une catastrophe une fois devant le micro à cause du trac, et d’une trop grande intellectualisation des propos. Il avait ainsi eu l’idée de faire venir ses invités, de leur faire croire à une préparation alors qu’il enregistrait tout. Et à la fin, il leur révélait le subterfuge et proposait d’utiliser ce bien meilleur matériau. Cela s’est ensuite mué en canular radio puis télé bien connu, avec des séquences à la fin desquelles la révélation du complot était scandée par un « Smile, you’re on candid camera!! ».

Et c’est ce qui fonctionne terriblement bien dans le documentaire. Irène Théry est une intellectuelle, mais les auteurs voulaient de la spontanéité et voulaient aussi, je pense, rendre leurs propos les plus accessibles et compréhensibles. Mathias joue donc les « candides » avec sa maman, et fait exprès de lui demander (au téléphone) des exemples et des métaphores parlantes pour expliquer ses dires parfois un peu « intellos ». Cela permet également cette très belle incursion sur la vie privée de la sociologue, ce qui est très surprenant au premier abord, mais se révèle un grand atout pour le film et son « âme ». Ainsi elle parle de son arrière-grand-mère et fait des comparaisons génération par génération pour expliquer à quel point les notions de mariage et de filiation ont évolué avec le temps. Au vu également de certaines « controverses » à son propos, on comprend mieux son fonctionnement et ses crédos, mais aussi sa capacité à se remettre en question et elle-même à évoluer dans ses idées.

Il s’agit donc d’un documentaire, mais pour raconter des faits et illustrer ces conversations téléphoniques, les deux auteurs utilisent une technique qui rend le tout très drôle et terriblement efficace. On a l’impression de regarder les Fraggle Rocks !!! Ainsi les personnages sont tous représentés par des peluches ou des poupées, sur fond de décors de bric et de broc, et les enregistrements téléphoniques ou de journal télévisé ou encore des discours militants (extraordinaire Christiane Taubira en tigresse noire et blanche) servent de voix pour des animations totalement bluffantes (synchronisation et mimiques assez dingues !). C’est entrecoupé (avec le bon dosage, ce qui n’est pas évident, et met aussi un exergue un chouette talent de montage) de séquences en réel où l’on peut voir les moments en studio télé, radio, ou encore les manifs ainsi qu’un déjeuner à l’Elysée.

Sur le fond on suit de manière chronologique les débats, de l’annonce de la préparation de la loi à son fameux vote ultime, en passant par la « manif pour tous » et toutes les étapes également vécues par Irène Théry. Et les échanges avec Mathias sont tour à tour étonnants, émouvants, drôles ou simplement éclairants. Evidemment la spontanéité des dialogues et la proximité familiale sont un formidable prisme pour cette période étrange où la politique nous a fait voir le pire comme le meilleur. Le film présente un résumé assez efficace des débats et de ses évolutions, sans se la jouer ou donner des leçons, mais avec cette sociologue qui a été un fil conducteur que l’on pourra plus ignorer une fois le documentaire connu.

Le film sera projeté en avant-première au Forum des Images dans le cadre du Festival des étoiles de la SCAM, et vous pouvez le voir donc, en clôture, le dimanche 8 novembre à 19h30. C’est gratuit, dans la limite des places disponibles (réservations en ligne).

Je vous conseille aussi cette interview de Mathias et Irène Théry sur France Culture.

L’autoportrait de 2004

selfie_2004

Je suis retombé par hasard sur ce cliché du 28 juin 2004, et la date m’a sauté aux yeux. Arf c’est fou, je me souviens exactement où j’étais (cour carrée du Louvre), ce que je faisais et cette photo selfie d’avant l’heure qui servait déjà à agrémenter un profil de drague quelconque (mais j’en avais choisi une plus sérieuse ^^).

Dire que dix ans plus tard, je me mariais, nan mais jamais jamais jamais j’aurais cru ça. :yahoo:

Reprise des festivités

D’abord bonne année mes loulous. Hu hu hu. Oui je sais c’est le mois de mars, mais vous me connaissez (ou pas), je suis un peu toqué, et j’ai accumulé des tas des brouillons d’articles mais je suis complètement bloqué. Trop de taf, pas assez de temps, des tas d’excuses non valables pour ne pas s’y remettre. Mais bon c’est comme pour tout, on se rouille et c’est un cercle vicieux. Je me sens moins capable d’écrire, et encore plus feignasse qu’avant, les phrases sont moins naturelles c’est tout sauf fluide pour moi. Mais fuck, me revoilà ! Je vais les rattraper ces putains de posts de retard !!!!

Et puis ça fait 6 mois que je suis marié, il faut que j’en parle sinon je vais oublier, or ce truc c’est avant tout une chronique. C’est bien que je m’en souvienne, et je n’ai pas du tout envie de le (ou la) fermer. :)

Le fameux patient zéro du Sida

Le Roncier m’avait fait découvrir ce podcast dont je suis depuis complètement fan. Et là ils viennent justement de republier cet ancien podcast sur la notion de « patient zéro » d’une épidémie. On y trouve cette histoire passionnante de recherche de l’origine du HIV, et on entend notamment parler du fameux Gaëtan Dugas.

Beaucoup de gens sont sans doute restés avec cette idée que ce jeune steward insatiable (il baisait vraiment à haute fréquence !!) est celui qui est à l’origine de l’épidémie de Sida aux USA et en Europe. En fait, pas du tout, mais il est celui qui pouvait le mieux porter le chapeau dans ce début des années 80, et qui a endossé cette image sulfureuse et porteuse de bien des jugements de valeur. Le podcast est passionnant parce qu’il explique ce qu’il en est, et toujours avec de très intéressantes et didactiques interviews de scientifiques. Ça rappelle beaucoup le film Contagion et sa quête de l’origine du virus, illustrée lors de sa genèse même dans les tous derniers plans du film (pauv’ Gwyneth).

Du coup on réalise qu’il y a eu des malades avant, et on remonte comme cela en Afrique et il est dingue de voir comment on peut suivre les différentes souches de virus, et en comptant les mutations on peut même déterminer le temps mis pour se propager et les différents hôtes. Tout ça pour tomber sur un SIV chez les chimpanzés, si proches de nous, et la malchance d’une rencontre avec un homme qui a donné le HIV à cause d’une mutation/adaptation malheureuse. Le podcast explique bien les changements sociétaux (notamment dans une Afrique qui s’est urbanisée et a commencé à se déplacer) et la manière dont l’évolution jouent pour les virus comme pour n’importe quel être vivant, mais avec cette capacité de reproduction tellement importante que l’on voit les virus évoluer sur quelques années.

Le podcast a été rediffusé surtout pour prendre en compte la récente épidémie Ebola, et c’est encore super intéressant à découvrir. Comment le virus évolue, comment il se répand, etc. Il faut écouter cela !!!

Hugleikur Dagsson

J’adore les dessins de ce mec. D’abord j’adore son nom, parce que y’a pas à dire les noms islandais ça tape sa mère !!! Hugleikur Dagsson quoi !! Il manque juste quelques ð ou þ, mais tant pis, ça le fait autant qu’un Sigur Rós ou un Eyjafjallajökull. Je l’ai découvert il y a un an, et je vois avec bonheur que ses dessins essaiment bien sur le net. Malheureusement parfois traduites à la truelle et même débarrassées de la signature de l’auteur (Fuckers!), les œuvres de ce dessinateur restent tordantes, souvent terriblement ironiques et pétries d’humour noir. On dirait du Desproges, du Pierre Dac et du Gaspard Proust dans une ou quelques cases, souvent muettes, ou à la chute digne d’un haïku au vitriol.

Le premier dessin que j’ai découvert c’était ça :

Anarchy in the UK - Hugleikur Dagsson.

Eh bien encore aujourd’hui, ce truc me fait mourir de rire. Mais le plus drôle c’est quand il est très littéral, très très littéral à plein d’égards et concernant des tas de sujets. Il y a les expressions du quotidien comme It’s raining men.

It's raining men - Hugleikur Dagsson

Des titres de bouquin expliqués ou illustrés à sa façon :

Sophie's choice - Hugleikur Dagsson

Lord of the flies - Hugleikur Dagsson

The curious incident of the dog in the night - Hugleikur Dagsson

Et même des chansons très connues, arf.

Blowing in the wind - Hugleikur Dagsson

Il a aussi un vrai truc contre les pères-noëks, ça doit venir de l’Islande ça, on doit pas arrêter de leur répéter que c’est un mec de chez eux. Huhuhu.

Hugleikur Dagsson

Ou alors un truc qui mêle un Père-Noël justement un peu trop littéral quant à un chant traditionnel de Noël. Mouahahaha.

Silent Night - Hugleikur Dagsson

Et puis des tas de blagues très sexuelles et potaches, franchement lolesques :

Hugleikur Dagsson

Hugleikur Dagsson est aussi terriblement anticlérical et souvent très chafouin et déconneur sur la religion chrétienne et Jésus en particulier. Là je vous livre un exemple récent et assez fabuleux de son talent en la matière. A lire attentivement cette histoire de la bible revue et corrigée !!

Holy bible - Hugleikur Dagsson

Enfin ce dessin tout simple, il dessine Conchita Wurst et c’est l’évidence même.

Conchita Wurst - Hugleikur Dagsson

J’adore le dessin, le style, l’humour, la simplicité, l’ironie grinçante et l’humour borderline !! Hugleikur Dagsson, t’es trop fort !!!

Découvrez-le via son tumblr : http://hugleikurdagsson.tumblr.com/ et son site officiel.