Linkage C’est pas une insulte d’être amoureux

Publié le Samedi 6 Février 2010 à 18:08
Catégorie: Linkage

[Via un touite] Nonal ajoute une jolie petite anecdote qui coïncide bien avec ma propre conception de l’innocence des bambins. Tout cela est encore évidemment lié à cette satanée vidéo polémique

Linkage Not Safe For Everyone Anytime

Publié le Samedi 6 Février 2010 à 17:23
Catégorie: Linkage

Lisez un blog d’un étudiant (gay) en médecine et voilà !!! De quoi vous dégouter à jamais du sexe. ^^

Matooyage Fuck the moon

Publié le Mercredi 3 Février 2010 à 23:53
Catégorie: Matooyage

Je lis à droite et à gauche des reproches pour la levée de boucliers de la droite tradi à propos de la diffusion dans les écoles primaires d’un film qui évoque l’homosexualité « Le baiser de la lune ». Je trouve que c’est une bonne idée de sensibiliser les petits minots comme cela, et cela aurait en effet des vertus positives pour à la fois lutter contre l’homophobie (et le mal-être des homos en devenir).

En revanche, si je trouve l’idée bonne, j’ai du mal à comprendre le film en question. Et je me fais l’avocat du diable, mais je me demande vraiment pourquoi on ne fait pas les choses plus simplement et directement. La bande-annonce de ce film montre une sorte de conte avec des bestioles et un graphisme très « arty ». Rien que ces quelques minutes m’ont paru d’une incroyable confusion, et l’usage de labyrinthiques métaphores pour seulement parler de deux garçons qui s’aiment me semble assez étrange. Parce que montrer à des gamins une histoire d’amour entre deux poissons ne servira pas à grand-chose (Quels pervers ces poiscailles alors !!) selon moi, sauf si c’est ensuite l’occasion d’une discussion pour relier cela à nos réalités.

Du coup, je trouverais plus simple et pas choquant que cela soit juste l’occasion d’une leçon en forme de cours d’éducation civique (ça existe encore ça ?) qui expliquerait que notre société est variée, et qu’il y a aussi des homos qui en font partie. Un peu comme il me paraîtrait normal et sain que l’on explique à nos bambins que le racisme c’est mal, et qu’il faut se respecter les uns les autres, et que nous sommes dans un pays républicain, laïc et démocrate, eh bien aussi que l’on peut s’aimer entre hommes et femmes, que ça donne des bébés, mais que c’est aussi possible entre hommes et entre femmes (et ça donne des comédies musicales, des drames lyriques, des artistes capillaires, des fans de Madonna et de Mylène Farmer, des conductrices de poids-lourds, des championnes de tennis et des responsables de syndicats patronaux, et tant d’autres choses…).

C’est dommage que l’Etat ne puisse pas ainsi s’affirmer et professer que l’homosexualité est une orientation sexuelle comme une autre, et qu’il n’y a aucun jugement de valeur à ce propos, ce n’est ni mieux, ni moins bien, et que l’on reconnaît à chacun le droit de vivre sa sexualité tant qu’on est heureux et épanoui. On peut tomber amoureux d’un garçon ou d’une fille, c’est comme ça ! Et cela me paraît aussi évident à expliquer que de dire que l’antisémitisme, le racisme ou l’homophobie sont à proscrire.

J’avais été présenté aux neveux et nièces de M. avec sincérité, et les gamins prennent cela pour argent comptant. Même si cela peut les surprendre, on peut leur expliquer cela avec tellement de candeur et de bons sentiments, qu’il n’y a au final vraiment rien de gênant. Mon petit cousin quand il me voit me demande si A. va venir, car il sait que Matoo, il a un copain et pas une copine.

Mais pour cela, il faudrait aussi que les hétéros ne désirent pas tous secrètement que leurs enfants ne deviennent surtout pas homos. Comme si c’était un drame ou bien un échec, et souvent une honte. Et aussi qu’on ne mette pas en place aussi jeune tout notre arsenal de non-dit et notre incapacité à parler aux enfants de choses aussi basiques pourtant. Je suppose donc que le film et le conte sont une manière de faire passer la pilule avec notre hypocrisie bien connue… Pfff.

Donc ok pour l’idée sous-jacente de ce film, mais alors quant à la méthode, vraiment j’aurais vu un truc un peu plus franc du collier. Nan mais, on leur parle juste d’amoureux et d’amoureuse, et ça suffit… D’autant plus qu’à cet âge là (CM1 et CM2), ils risquent même d’en savoir déjà pas mal sur la question.

Matooyage Maladeuh, complètement maladeuuuuh !

Publié le Mardi 2 Février 2010 à 1:20
Catégorie: Matooyage

Parfois je me dis que les choses ont tout de même bien changé pour nous les pédés. Bah ouai, je vis avec mon chérichou depuis un an, nous allons sur nos trois ans de relation et chacun connaît les parents de l’autre (qui nous apprécient beaucoup, il ne manque plus qu’on les fasse se rencontrer !!). Je crois que presque tout le monde est au courant au boulot, alors que j’ai commencé ce job il y a trois semaines, et je ne fais aucun effort ni pour le cacher, ni pour le célébrer, c’est juste moi quoi.

Et puis, je lis ce genre d’histoire et je n’arrive pas à y croire. Comment un garçon qui va à une soirée chez une amie peut se retrouve en porte-à-faux ainsi avec des homophobes. D’autres garçons qui en viennent à l’insulter, le frapper et le séquestrer… Mein gott, c’est tout bonnement surréaliste. Mais ce n’est que le reflet d’une réalité bien prégnante et cela nous rappelle qu’à tout moment on peut faire une mauvaise rencontre.

Et puis, je reprends un peu mes propres arguments. On a tellement tendance à oublier les choses qui nous dérangent. Comme ma mère qui n’a jamais parlé de mon homosexualité à ses collègues de peur de paraître certainement une mauvaise mère, ou d’entendre cancaner à son sujet. Ou encore mon père qui joue à l’autruche depuis toutes ces années qu’il sait pour moi. Et ces libelles anti-folles qui m’horripilent, et contre lesquelles je lutte de toutes mes forces. J’aime mes parents et je les sais tolérants et cools, mais eux-mêmes ne sont pas exempts de cette attitude de non-dit sociétale et des pires préjugés (en me prenant évidemment comme étalon de bienséance et d’acceptabilité).

Cela fait longtemps que ça dure, et parfois les époques se suivent et se ressemblent. Il y a par exemple cette étonnante traduction d’une célèbre scène de « Dynastie » lors du coming-out du premier pédé de série TV. On a simplement traduit un « I’m gay. » par « Je suis malade. ». Et l’autre FAP qui lui lance sincèrement : « Tu es malade. » Rhoooo ça ne veut rien dire du tout !! Et à ce sujet, un ami me rappelait que : « Dans le même genre et il n’y a pas si longtemps, dans Buffy saison 3 (épisode 16, Doppelgangland) la version vampirique de Willow débarque d’une dimension parallèle, et elle est lesbienne. (1 an avant que le personnage ne fasse son coming out) Là où en VO la vraie Willow dit and I think I’m a lesbian, la VF est doublé en et j’ai des mœurs douteuses.

Aujourd’hui je lisais d’intéressantes conversations touiteures sur l’outing, avec des pour et des contre, mais aussi sur le fait d’assumer ou pas son homosexualité au boulot. J’ai rarement passé plus de quelques mois sans l’exprimer d’une manière ou d’une autre, mais c’est surtout parce que je ne peux pas faire autrement. Ma manière de parler, ma gestuelle et tout mon être exsude la pédésexualité. C’est comme ça, et c’est juste moi. Du coup, si on essaie de ne rien en dire, ou bien de se faire passer pour un hétéro, c’est bien pire que si on l’assume simplement. Je n’ai plus du tout hésité lorsque j’ai eu ces premiers retours, il y a plus de dix ans maintenant, de personnes qui m’ont dit avoir changé d’avis (si tant est qu’on puisse le dire ainsi…) sur les homos après m’avoir connu. Et tout cela sans forcément donner la « bonne image » que j’exècre tant. Non simplement en étant bien dans ses baskets, et en étant moi avec mes qualités et mes défauts. Et lorsque tout cela ne parle finalement que d’amour, de bien-être et d’acceptation de soi (après avoir passé l’épisode du gel et de qui fait la femme évidemment), votre interlocuteur peut difficilement vous trouver hors-norme.

Encore dans mon dernier job, mon boss m’a avoué que c’était la première fois qu’il bossait avec un homo, et qu’il trouvait que j’étais un homme avec beaucoup de qualités. Il bafouillait un peu en disant cela, et il réalisait en même temps que ça ne voulait pas dire grand-chose, et pourtant c’était un compliment qu’il me faisait. Il réalisait que c’était comme de bosser avec un hétéro (avec langage plus soutenu, de meilleures manières à table et un soupçon de culture), mais ne pouvait pas décemment me le dire comme cela. Hé hé hé.

Bien sûr dans le cas de notre Gaugau national, on comprend sa discrétion et la nécessité de ne pas faire savoir son orientation sexuelle. Mais cela me rappelle les fois trop fréquentes où je me refuse de tenir la main de A., ou simplement de montrer une once d’affection car… ça peut être dangereux. Alors imaginez pour un prof de ZEP…

On est vraiment dans une drôle de transition, on voit plutôt se dessiner comme une cassure de plus en plus énorme et dangereuse. On trouve d’un côté une société qui évolue, une jeunesse plus tolérante et gay-friendly, et de l’autre ces mêmes homophobes, peut-être même plus sectaires et radicaux qu’avant, mettant en proue leurs valeurs morales ou religieuses, ou plus simplement leur crasse bêtise.

Plus que jamais, il faut être militant, et à tous les niveaux. Il faut être visible, et dans toute notre pluralité. C’est ça la véritable avancée, et je pense que c’est ce mouvement infinitésimal de notre simple point de vue, de proche en proche, petit à petit, qui a finalement le plus d’ampleur. Ce n’est évidemment pas toujours possible, et il faut savoir à quel point ne pas se mettre en péril, ou en accepter clairement les risques. J’en ai pris pas mal, et je me suis déjà cassé la gueule, mais le bilan est largement positif.

Pectus est quod disertos facit. (C’est le cœur qui fait les éloquents.)

PS : Lady Gaga et Elton John qui se donnent en spectacle. Si c’est pas queer ça alors !!!

Matooyage Un vrai post pour changer

Publié le Mardi 19 Janvier 2010 à 23:31
Catégorie: Matooyage

Ouai parce que je ne suis pas dupe moi non plus, je sais bien que je n’ai rien posté de vraiment « moi » depuis Mathusalem. Ce n’est évidemment pas pour rien, c’est une conjonction de choses… Entre une actualité personnelle tellement brulante qu’elle ne pouvait souffrir l’étalage bloguesque, et des lecteurs trop proches de moi pour que je sois vraiment « moi » (Mein gott, c’est vraiment le comble du blogueur ça !), mais aussi une fin d’année sur les chapeaux de roue, sans vacances et avec beaucoup de stress, je me suis retrouvé n fois avec la page blanche.

Et pourtant je n’ai aucune difficulté à les déflorer les pages blanches, en quelques minutes de tapoti-tapota je couvre un ou deux A4 qui auraient fait quelques gorges chaudes dans la famille, les amis ou les collègues. Mais une fois soulagé par mon activité cathartique favorite (le cracher de valda), je prenais mon courage à deux mains, et je réalisais la même opération douloureuse mais nécessaire : effacer, effacer, effacer. Pour (me) donner le change, je rédige toujours mes quelques billets, vagues reflets de mes sorties… Mais c’est vraiment de la roupie de sansonnet en comparaison !! Hé hé hé.

Mais là j’en ai marre. Après tout j’ai réussi à pondre pendant bientôt sept ans, donc je dois trouver un moyen de m’immiscer sur mon propre territoire, entre les miradors, les barbelés, et les sentinelles, je dois pouvoir dégoter un nouveau souffle. Ou pas.

Je n’ai pas été au meilleur de ma forme ces dernières semaines, et le fait de changer de boulot, ou les fêtes de fin d’année, ou encore des conneries dans lesquelles je me suis empêtré bille en tête n’ont pas arrangé mes affaires ou mon état d’esprit. J’ai ainsi été passablement absent dans les fêtes (où j’étais pourtant physiquement présent) que ce soit entre amis ou en famille (Noël était une catastrophe), et j’ai été bloqué sur le blog, ou du moins j’ai beaucoup écrit et beaucoup effacé.

C’est vrai que les véritables échanges et discussion ont quitté le blog et se concentre sur twitter, facebook and co. Mais ça ne remplace pas ce précieux écrin qu’est « son blog » avec ses couleurs, son univers et surtout cette immense espace d’expression et de liberté. Ecrire un article, élaborer quelques réflexions et se livrer ainsi a toujours été un grand plaisir, à chaque fois renouvelé. Les réseaux sociaux expliquent bien la diminution des publications que je dénote un peu partout, mais on perdrait vraiment à se contenter de touites ou de status facebook, car le blogging c’est plus que cela.

Comme je ne suis pas un adepte des résolutions de nouvel an, je n’aime pas faire de promesse que je ne saurai tenir, et que ce n’est pas non plus la fin du monde (arf), je ne vais pas me mettre martel en tête. On verra bien ! Hu hu hu.

Linkage Récit d’Aolien

Publié le Samedi 16 Janvier 2010 à 17:24
Catégorie: Linkage

Hubiquist raconte son parcours avec son premier FAI (fournisseur d’accès à internet), AOL, et évoque des anecdotes liées à sa découverte du net. J’en ai des similaires, même si je n’ai jamais été aolien ! :-)

Exposage « De Byzance à Istanbul » au Grand Palais

Publié le Jeudi 7 Janvier 2010 à 23:08
Catégorie: Exposage

Voilà une bonne petite exposition bien traditionnelle et toute à fait idoine pour le Grand Palais. Rien de révolutionnaire, mais on y trouve une excellente et passionnante étude archéologique et chronologique de cette ville incroyable qui fut Byzance, Constantinople puis Istanbul. Ainsi de la Grêce à la Turquie en passant par Rome, avec toujours cette facette byzantine qui en fait un endroit unique, cette ville a été traversée par les plus grandes civilisations, et elle en garde de beaux restes !

Je parle d’exposition archéologique traditionnelle, car contrairement à la dernière expo dont je parlais et qui n’était pas trop documentée (car on ne sait pas tant de chose que cela sur Teotihuacan), il existe une kyrielle d’objets, d’écrits et de faits historiques qui permettent d’organiser une visite très pédagogique et tape-à-l’œil. En effet, les différentes civilisations antiques qui se sont succédées, et les cultures ainsi représentées, sont un ferment idéal pour stimuler l’imaginaire du visiteur. De Byzance à Istanbul, c’est un voyage exotique à la fois très proche de nous et de notre “histoire”, mais aussi une exploration de cette limite entre Asie et Europe, confluent de religions, d’artisanats et d’arts qui nous interpellent chacun à leur manière.

L’exposition se visite donc de la manière la plus attendue et classique : chronologiquement. Et au fil de la visite, les dynasties passent et trépassent, la ville change de main, se mute, se transforme, s’embellit ou s’enlaidit, découvre de nouvelles fois et aspirations, devient capitale d’empire ou ville de province, et construit peu à peu cette étrange identité protéiforme. On bénéficie au Grand Palais d’un écrin particulièrement immense et riche, avec une scénographie qui met bien en valeur les inestimables objets déposés ici, que ce soit des parures en or, des livres calligraphiés, des vêtements d’apparat, des peintures, des objets artisanaux ou bien des sculptures antiques. Et à chaque avancée, on suit un épisode de l’Histoire byzantine, avec cette ville qui change de nom et de maître, et qui s’enrichit d’un apport supplémentaire. On peut lire les truculentes péripéties politiques romaines, la percée fulgurante de la chrétienté, puis la conquête ottomane et tout ce qui fait le caractère unique et singulier de l’Istanbul d’aujourd’hui.

La luminosité est faible, et on déambule dans une atmosphère assez sombre avec des vitrines qui ainsi mettent bien en valeur leurs contenus. Les indications ne sont pas trop mal, mais j’avais téléchargé le podcast avant de m’y rendre, ce qui m’a beaucoup aidé à resituer les époques. J’ai vraiment aimé la profusion d’objets et de témoignages, ainsi que l’invitation au voyage que cela procure. On ressort de l’exposition avec une envie folle d’aller en Turquie et de goûter à l’atmosphère réelle de la ville d’aujourd’hui, dont on a pu découvrir des ancêtres aussi divers que marquants.

De Byzance à Istanbul au Grand Palais

ThéâtrOpérage « Platée » de Rameau à l’Opéra Garnier

Publié le Jeudi 31 Décembre 2009 à 11:58
Catégorie: ThéâtrOpérage

On m’avait déjà dit depuis longtemps que cet opéra était un must et que cette production de 1999 devait absolument être découverte. Laurent avait notamment beaucoup aimé en 2006, et j’avais manqué de peu cette même représentation. Je me souviens que Palpatine aussi l’avait vu, et apparemment il y est retourné il y a quinze jours avec grand plaisir.

Il faut dire qu’ils font très fort avec un chef d’orchestre réputé, Marc Minkowski, Laurent Pelly pour la mise en scène, Laura Scozzi pour les chorégraphies et Chantal Thomas pour les décors. Et la prouesse est de réussir à rassembler tout ce petit monde et d’excellents chanteurs et chanteuses baroques pour former un spectacle absolument merveilleux ! Car tout fonctionne et se répond parfaitement dans cet opéra, ou plutôt ce « ballet bouffon ». On y découvre une histoire très drôle (et pas trop longue), des personnages attachants et truculents, une musique (totalement baroque) superbe, des décors et costumes qui illustrent parfaitement les marécages et ses verdâtres habitants, et un rythme global tonitruant et diablement divertissant.

Platée est une nymphe très moche et qui se croit plutôt pas mal. Or Jupiter a très envie de faire comprendre à Junon qu’elle est trop jalouse et que ça ne sert à rien. Sur une idée de Mercure (de Cithéron en fait), il décide de faire croire à Junon qu’il va épouser Platée. Et Mercure va dire à Platée que Jupiter en pince carrément pour elle, ce qui la rend folle de joie et ne la surprend pas une seconde. Ce petit jeu doit aller jusqu’à l’union, et Junon comprendra d’elle-même en voyant la dégaine de Platée, que ce n’était qu’une plaisanterie et que son petit mari l’aime d’Amour !

Apparemment, cet opéra avait fait beaucoup de bruit à son époque, car il contrevenait de manière bien audacieuse à tous les canons français du moment. Ainsi Rameau produisait un opéra marrant et décalé, avec ses rimes en “coi” pour mieux imiter la grenouille ou la présence de la Folie, personnage haut en couleur qui représente la Musique. Platée est un protagoniste aussi surprenant puisque joué par un homme et ridicule du début à la fin, avec une humiliation finale des plus burlesques (et pas gentille du tout pour elle !). Les scènes de danse sont nombreuses et très plaisantes, elles donnent encore plus de légèreté et de pimpant à cette comédie.

Mon seul bémol reviendrait aux différences de puissances vocales qu’on peut remarquer chez les chanteurs. Certains couvrent à peine la musique, tandis que d’autres (Jupiter, Thespis, La Folie, Momus) font montre de prouesses beaucoup plus notables. On est de toute façon dans un registre très différent des opéras que je vois (et écoute) habituellement, et là clairement ce n’est pas du bel canto italien à la Verdi, mais vraiment un discours chanté. La musique aussi possède cet accent baroque singulier que j’aime beaucoup et qui évoque (trop peut-être) pour moi le 17ème siècle et la musique ancienne, les ballets renforcent encore cet effet (un peu comme pour ces pièces de Molière et Lully que j’avais vues à la Comédie Française).

Le spectacle est complet et réussi sur tant de points et de facettes que c’est un petit bonheur ! La musique, la danse, le chant, les décors, avec ces pointes d’humour qui font mouche, sont autant de moments de plaisir. Et des apparitions, comme celle de la Folie, dont la beauté des airs, de son texte et de son impétuosité marquent durablement, donnent à cette œuvre une originalité et une vigueur au final très modernes.

L’avis des copines : Laurent, Palpatine, Kozlika.

« Platée » de Rameau à l’Opéra Garnier

Outside Microsoft Exelmans 2010

Publié le Mercredi 30 Décembre 2009 à 15:38
Catégorie: Outside

Je vais au resto avec des collègues, et je monte en voiture avec l’un d’eux. On passe rue du Général Exelmans à Vélizy. Et il s’ensuit la conversation ubuesque suivante :

Lui : Oh là là, y’en a partout des Exellemanne* ici. C’est quoi ?

Moi : Oh tu sais c’est un général Napoléonien**, comme beaucoup sur Paris, avec tous les boulevards et les grandes avenues qui portent des noms comme ça.

Lui : Un quoi ?

Moi : Un général de Napoléon. C’est lui qui a inventé Excel. (Et je pouffe parce que c’était une bonne blague qui rebondissait sur sa prononciation du début.)

Lui : Ah ouai ? Ah bah ouai, ExcelMan, c’est normal.

Moi : Nan mais sans déc quoi, Napoléon… juste après la révolution française… Les 18ème et 19ème siècles… C’est pas vraiment les mêmes époques.

Lui : Ah ok. Ah bah oui t’as raison, sinon y’aurait un c à Excel !! Chuis pas réveillé.

:croa:

*Il le dit avec cette prononciation là !
** A vrai dire je n’en savais pas plus sur Exelmans, mais apparemment il n’a pas fait que ça !!

Linkage Caricature et réalité…

Publié le Mercredi 30 Décembre 2009 à 15:14
Catégorie: Linkage

Muriel a publié et illustré son livre pour enfants qui évoque l’homoparentalité. Dans ce cadre, elle a prudemment réfléchi à la manière de figurer le couple lesbien, et son rapport à l’enfant. Deux nanas féminines ? Une butch ? Qui porte l’enfant ? Que fait l’autre ? Elle se pose plein de (bonnes) questions et hésite à mon avis, entre cliché ou caricature, mais qui sont bien basés sur des faits ou des statistiques plus ou moins personnelles, et peinture “positive” du couple lesbien. Rien qu’en écrivant ces phrases, je me rends compte que j’aimerais mettre des tonnes de guillemets à tous les mots, tant on entre dans un domaine des plus casse-gueules. Entre politiquement correct et assomption (dans son acception la moins virginale siouplé) simple et lucide, ce n’est pas facile de choisir. En fait, ça dépend tout bêtement de l’audience, de sa compréhension et de ses valeurs, et il est impossible de satisfaire tout le monde…

Cinéphage Avatar

Publié le Lundi 28 Décembre 2009 à 23:14
Catégorie: Cinéphage

On nous l’a tellement annoncé comme un film événement celui-là qu’il devait vraiment ne pas décevoir. Or, il plait énormément à ce que j’en lis à droite et à gauche, mais à moi moyen-moyen-bof en fait. Et pourtant dieu sait que j’ai adoré Cameron en son temps, avec ses Terminators, Alien 2 ou Abyss (qui est un chef d’œuvre pour moi). C’était pour moi le faiseur de blockbuster vraiment doué pour pondre des films à la fois divertissants, dotés de bons effets spéciaux et pas trop cons. Là il arrive avec ses gros sabots, et non seulement on en attend beaucoup de lui, mais en outre il nous avait fait mijoter avec des idées de « révolution numérique 3D » et de film qui décoifferait sérieusement.

Le résultat n’est pas mauvais, mais certainement médiocre en comparaison de ce qui est vendu, et qui pouvait être escompté d’un type pareil. Le premier aspect positif du film c’est en tout cas le divertissement qui fonctionne bien. C’est un bel univers, avec de bons comédiens, une production qui tient la route, et des moyens gigantesques. Le film est onirique à souhait dans ses décors, propose une morale toute proprette, et n’est vraiment pas compliqué à comprendre. Les fans de Cameron retrouveront aussi avec plaisir certains de ses gimmicks, comme ses vaisseaux spatiaux, ses capsules d’hibernation, ses exosquelettes etc. Et puis, on a Sigourney Weaver qui est, il faut avouer, toujours impeccable (I love you Sigourney !!!).

La 3D en termes d’image de synthèse est époustouflante (j’essaie de mettre le paquet là parce que je suis moins dithyrambique par la suite) et Cameron n’a pas lésiné sur les moyens. En revanche, le cinéma relief ne me convient pas personnellement. Je trouve la fatigue visuelle vraiment importante, et je retire les lunettes une minute toutes les vingt ou trente minutes. A ce moment, là je réalise comme l’effet 3D rend l’image sombre, et que j’adorerais voir le film en 2D pour mieux profiter de la qualité du rendu. J’aime aussi regarder les détails de décor dans ce genre de film et pas toujours les personnages centraux. Or j’ai l’impression que la 3D focalise le regard sur les personnages, et ne rend pas hommage à la qualité intrinsèque des images. Bref, la technologie même ne me convainc pas. Évidemment pour les quelques scènes où l’on se retrouve dans la peau d’un autochtones sur son dragon volant, c’est vrai que ça fait un effet bœuf…

Outre cela, faire tout un film en images de synthèse (ce qui est quasiment le cas pour Avatar) nécessite d’immenses moyens, mais aussi certainement quelques recherches d’économies… Du coup, les bestioles en 3D glossy, shiny et tout le toutim sont évidemment plus « faciles » à modéliser et rendre que des bêtes à poils ou à plumes. De même, les scènes nocturnes à grands renforts d’effets fluorescents et très « Rencontre du Troisième Type » ont aussi permis à mon avis quelques coupes budgétaires (et du coup un aspect assez facile pour un film avec cette ambition). Il était évidemment très difficile d’être au top à chaque plan, et certains films récents font beaucoup mieux en intégrant des scènes 3D dans des prises réelles. Globalement la vision de cet Eden de la planète Pandora m’a troublé dans sa ressemblance, et dans la faune et dans la flore, avec les paysages et décors imaginés pour Nausicaä et d’autres films de Miyazaki. C’est certes très beau, mais rien de vraiment supra-original, et plus fanstasy que SF ce qui ne me plait pas de la part de Cameron (mais c’est un avis très personnel, j’en conviens).

Pandora est donc cette mystérieuse planète qui est convoité par les (méchants) hommes qui veulent en soutirer un métal précieux. La planète est habitée par les (gentils et proches de la nature) Na’vis qui refusent de quitter leur habitat, alors qu’ils ont le cul posé sur un gigantesque gisement (les nuls). Pour les arnaquer bien profond, on crée des avatars : des hybrides homme/na’vis qui sont animés à distance par l’esprit des hommes et femmes qui ont servi de base aux avatars. Manque de pot l’un des avatars devait être conduit par le frère de Jake Scully (le supra bandant Sam Worthington, qui jouait déjà dans Terminator 4), un marine en fauteuil roulant, meurt et on demande donc à son frère jumeau de prendre sa place (ce qui est génétiquement compatible). Mais voilà que lors d’une vadrouille dans son corps de na’vi, Jake se retrouve aux prises avec une tribu indigène. Finalement, les na’vis acceptent de se lier avec les humains en adoptant Jake et en lui enseignant leurs coutumes, mais ce dernier n’est là que pour les trahir…

Bon le scénario ce n’est pas compliqué, et c’est bien le problème, il se résume en une ligne : « Pocahontas » rencontre « Danse avec les loups ». Voilà c’est tout. Jake rencontre la Pocahontas locale, elle lui montre le secret des fleurs et des graines locales, elle parle à l’oreille des iguanes volants, et lui explique comme c’est beau Pandora vu du ciel. Et lui il danse avec les na’vis, et il aime ça, et il aime bien sa copine Poca. Bon bah ça Cameron : c’est de la meeeeerde !! DE LA MERDE !!! Quand est-ce que les scénaristes et auteurs de tout poil se décideront à affronter l’anthropomorphisme (et à prendre son contre-pied) qui est la tentation de base pour expliquer l’inexplicable, ou pour trouver un sens là où nous ne pouvons en trouver facilement.

Le truc vraiment dommage c’est qu’il y a un potentiel de fou !! De fou je vous dis !!! Notamment sur un des aspects du scénario qui n’est pas trop creusé alors qu’il me paraît fondamental, et la véritable originalité du film. En effet, il y a tout un pataquès sur le fait que les na’vis et tous les êtres vivants de Pandora sont connectés les uns aux autres, ils partagent une mémoire commune, mais possèdent aussi concrètement des périphériques de communication. Ce truc de connexion par les nattes des na’vis est assez ridicule, mais l’idée (encore une fois très anthropomorphique) même de ces arbres en réseau, et de toute la planète interconnectée m’a touchée (bon ok, c’est mon côté cyberaddict qui parle). Je pense qu’il y avait des éléments intéressants à tirer de cette partie du scénario (SF à souhait), mais qui a été étouffée dans l’œuf à peine ébauchée par Sigourney.

Bon bah voilà hein ! Donc les images sont belles, mais les rendus, animations et modélisations 3D ne sont pas si extraordinaires que cela, l’histoire est cacaboudin, la réalisation se tient ainsi que les comédiens et comédiennes, et selon moi ce n’est pas une révolution cinématographique, juste un chouette divertissement bon teint et bon pied bon œil, tout à fait dans le politiquement correct actuel.

L’avis des copines : Maxime, Lâm, Nicolinux, Jarod_, Tambour Major, Pouxi, Zefrog, [elle].

Avatar

Cinéphage In the loop

Publié le Dimanche 27 Décembre 2009 à 23:44
Catégorie: Cinéphage

Le cinéma anglais nous réserve régulièrement des surprises, et en particulier dans le registre des comédies où il faut avouer leur capacité à pondre des œuvres souvent bien déjantées. C’est largement le cas dans ce film qui porte haut leur excellence dans l’irrévérence et l’absurde, tout en étant en fait un libelle politique diablement efficace. Il s’agit en fait d’un film plus ou moins tiré d’une série, même si la thématique en est là complètement différente, qui s’appelle : The Thick of It. Cette satire du monde politique britannique est saignante à souhait, et dans le film on se penche particulièrement sur la prise de décision des USA, soutenu par les anglais, de l’invasion del’Irak.

Le film présente des ministres et politiques anglais vu de l’intérieur même du système administratif. Tout démarre par une saillie deSimon Foster, Secrétaire d’Etat britannique au développement international, qui déclare que la guerre est impossible à prédire, mettant ainsi le feu aux poudres. Mais c’est plus compliqué que cela, puisque nous voyons rapidement les américains tout aussi mal organisés et embrouillés dans d’effroyables cabales internes, etl’ONU où des kyrielles de commissions et d’assistants en tout genre viennent encore complexifier les choses. Bref, c’est un énorme imbrogliopolitico-politique et diplomatico-démago-langue-de-bois ! Cela se termine bien évidemment par une intervention américaine, mais qui correspond alors à un extraordinaire foutage de gueule !!

Le film est vraiment drôle et propose une caricature qui ne laisse pas insensible. Ainsi les personnages sont parfaitement campés, on en reconnaît même certains, et frisent un ridicule qui paraît finalement crédible (c’est tellement énorme qu’on peut se dire que ça a pu se passer ainsi).Évidemment la politique et les systèmes administratifs ultra-complexes tels ceux qui régissent les organisations internationales en prennent pour leur grade. En outre, la manière de tourner est très réalise et le côté “pris sur le vif” ajoute encore à une mise en scène des plus énergique et rythmée. Du coup, on ne s’embête pas une seconde avec une succession de saynètes, et une intrigue qui part dans tous les sens.

En revanche, l’aspect négatif de ce que je viens d’évoquer, c’est qu’il manque justement une vraie ligne directrice, et qu’on est vite fatigué par cette accumulation de scènes qui ne mènent pas à grand-chose. Disons qu’on se doute assez rapidement de la fin, et qu’elle vient à arriver, c’est tout quoi… Le film ressemble du coup un peu à des gags qui se répondent plus ou moins, mais qui nuisent à un propos un peu plus posé et réfléchi. Mais l’aspect politicard et enfumage est ainsi plus flagrant et bien démontré !

In the loop

Linkage I feel the earth move…

Publié le Dimanche 27 Décembre 2009 à 2:10
Catégorie: Linkage

Ah mon cher Philip Glass voit là son Einstein on the beach, qui est un opéra assez incroyable, superbement animé par Zviane (qui tient un excellent blog by the way…). Je vous conseille le coup d’œil, c’est remarquablement visuellement traduit. [Via un partage GReader de David M.]

Linkage Encore aujourd’hui…

Publié le Dimanche 27 Décembre 2009 à 1:58
Catégorie: Linkage

On peut lire ce genre d’article dans les journaux [via Media-G]. Donc plus que jamais il faut avoir conscience de ce genre d’histoire, finalement assez courante. :-(

Linkage Les conseils de Tata Mr 3

Publié le Mardi 22 Décembre 2009 à 11:47
Catégorie: Linkage

Mr 3 a reçu une de ces requêtes Google que nous aimons tant, mais celle-ci possède un arrière-goût un peu amer : « je ne veut pa etre pd ». Heureusement, il lui répond avec un de ses précieux conseils. ;-)