Les Hérétiques

J’ai terminé ce matin un magazine dont je lis les dossiers thématiques mensuels assez régulièrement (selon le thème), il s’agit d’Historia. Le numéro de Mars/Avril traite de : « Les hérétiques – Comment on résisté les dissidents de l’Eglise ».

J’aime beaucoup ces dossiers parce qu’ils mettent en relief des travers de l’histoire qui ne font que se répéter. Les explications sont claires, les exposés didactiques et c’est pas supra intello-chiant non plus. A chaque fois, je suis consterné par les rapprochements que l’on peut faire entre le passé et le présent. L’Histoire devrait justement servir à cela, à ne pas refaire les mêmes erreurs. Il n’en est bien évidemment rien depuis toujours. On peut même constater à quel point les événements ne font que se répeter cycliquement. Ce n’est pas une raison pour être défaitiste, mais on en devient par contre assez fataliste (nuance nuance… je ne sais pas si j’ai raison d’utiliser ces termes alors je m’explique ; défaitiste c’est du pessimisme, tandis que fataliste pour moi c’est simplement que le déroulement historique échappe au libre-arbitre).

Ce mag rappelle donc tout d’abord que le christianisme n’est qu’une hérésie du judaïsme (ah ouai merde c’est vrai ça !!!) et puis raconte la manière dont l’Eglise a géré l’élaboration de ses doctrines à travers les siècles. D’un point de vue théologique, c’est drôle de constater à quel point le spirituel rejoint le bien concret, mais que c’est un élément essentiel pour s’ancrer dans la réalités tangibles des cultes. Evidemment, ce n’est qu’une succession de guerres et de persécutions pour qui ne croit pas, qui croit différemment… Et finalement, on constate que tous veulent assimiler leurs voisins, que la conversion ça n’a pas l’air si difficile (moi ça me parait dingue, de changer de religion mais bon…) même si c’est obligatoire, et que la foi devient un exercice philosophie et philologique bien complexe. Il est bien ardu de suivre ces gens qui sont en désaccord parce qu’ils refusent la Trinité ou bien la Transsubstantiation (le pain et le vin en corps et sang du Christ). Cela ressemble à du pinaillage même si je comprends les implications philosophiques qui en découlent et la manière dont cela peut affecter les rites.

Il y en a eu des sectes originales… les adamites par exemple font leur prières complètement nus (16e s.).

Ils ont pris leur nom d’Adam et, désireux de revenir au temps du jardin d’Eden, ils se mettent nus lors de leurs recontres, et ainsi lisent la Bible, prient, prêchent, font leurs saints exercices et même célèbrent la Cène aussi nus qu’au jour de leur naissance.

Et je ne peux pas m’empêcher de recopier ce passage de l’edito :

Lorsqu’en 1209, les croisés massacrent les cathares, soit quelques 20 000 hommes, femmes et enfants, y compris en les achevant dans les églises où ils croyaient se réfugier, le légat Amaury aurait eu cette injonction tristement célèbre : « Tuez les tous. Dieu y reconnaîtra les siens. » Sentence de mort. Mais certainement pas vérité d’historien : la justification divine ne trompe plus personne depuis longtemps.

En ces temps, où renaissent des discours faisant référence à l’axe du mal, il nous a paru judicieux de séparer le bon grain de l’ivraie. Comprenez les véritables raisons – politiques, économiques, religieuses – des prétextes avancés pour armer le bras des bourreaux.

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