Confessions d'un automate mangeur d'opium

J’ai acheté ce bouquin d’abord pour son titre abracadabrant, et puis parce que j’adore vraiment cette collection. Il s’agit de la collection Motifs du Serpent à Plumes, elle propose des auteurs qui sortent de l’ordinaire, souvent de pays étrangers dont on connaît peu la littérature (auteurs grecs ou Balkans…), des romans aux intrigues iconoclastes et toujours singulières, en outre les bouquins en eux-mêmes sont de bonne facture pour des poches et avec des couvertures qu’on reconnaît facilement (avec des motifs justement).

Celui-ci est écrit à quatre mains par Mathieu Gaborit et Fabrice Colin. Ce n’est pas un bouquin qui brille tant par son écriture, mais surtout pour son contexte historique. En effet, l’histoire de situe en 1899, dans le Paris de l’Exposition Universelle et de la rutilante Tour Eiffel. Mais là où le lecteur s’étonne c’est que la description est fantastique. Ce Paris de 1899 est pourtant familier, mais il est agrémenté de détails manifestement futuristes et néanmoins pas anachroniques puisque certains objets n’existent toujours pas aujourd’hui, ou d’autres notions sont purement illusoires. Ainsi, dans ce Paris là, Sarah Bernhardt et le docteur Charcot se déplacent en aérocabs et toutes sortes de machines volantes, tandis que le monde moderne découvre les bienfaits d’une énergie, l’éther. On ne parle pas de robots bien sur mais plus simplement d’automates, automates assez perfectionnés pour servir de thé. L’éther est une énergie dont on ne maîtrise pas encore le pouvoir et dont la dangerosité n’est pas du tout connue. L’ouvrage est truffé d’inventions de ce type (le téléchromo qui est un système de télévidéo) qui contribuent à placer le lecteur dans une curieuse atmosphère à la fois surannée et moderne.

L’intrigue du livre prend la forme d’un thriller dans cette ambiance fantasque, où un frère et une soeur enquête sur le décès étrange d’une amie de la jeune fille. Le frangin est aliéniste à Sainte-Anne et spécialiste des affections psychiatriques liées à l’éther, tandis qu’elle est une célèbre comédienne ex-amante de Sarah Bernhardt (oui, oui une goudou !). C’est un récit très dynamique et dotée d’une histoire policière captivante où on suit l’investigation fraternelle (un peu incestueuse…) avec une sombre histoire de poète shooté à l’éther et à l’opium, d’automate doué de pensée, de politique internationale et de relations diplomatiques franco-anglaises…

Ce bouquin n’est pas un chef d’oeuvre mais il est blindé de charmes. Son un style est enlevé et assez fleuri pour faire 19ème, et ce mélange admirablement dosé entre récit fantastique, contexte (pseudo)historique et thriller est original et vraiment plaisant à lire.

Confessions d'un Automate mangeur d'opium - Mathieu Gaborit et Fabrice Colin

3 Commentaires

  1. Si tu aimes la collection Motifs du Serpent à Plumes, je ne peux que te recommander « Dusang sur les blés » de Yotam Reuveny.
    Six nouvelles pour découvrir une nouvelle image d’Israël.

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