Le chemin de l’espace (Robert Silverberg)

Je viens de finir pour la dix ou douzième fois ce bouquin de Robert Silverberg (grand nom de la SF s’il en est). C’est un putain de bon bouquin de Science-Fiction. Dans ce domaine, je suis vraiment bloqué sur les romans qui ont été écrit des années 50 à la fin des années 70. Celui-ci est paru aux US en 1967. Je crois que ce que j’aime dans la SF de cette période c’est un certain décalage avec ce qu’on peut imaginer du futur aujourd’hui. Or en 67, on n’imagine pas des mondes peuplés d’informatique ou de réseaux alors qu’aujourd’hui ce serait une hérésie d’en faire l’impasse. On trouve bien quelques robots et gros calculateurs, mais ces auteurs mettent surtout l’accent sur des situations et des intrigues dans des contextes sociologiques et psychologiques fascinants. C’est pourquoi je suis fan d’Asimov, Simak, Herbert ou K. Dick, des auteurs qui avant tout pensent le futur en terme de rapports humains, de structures de sociétés, de rapports de l’homme à la science ou bien comme de simples prétextes pour dénoncer les vilenies de leurs époques.

Ce livre en particulier traite du rapport à la religion dans des temps relativement proches (mais les dates en SF, on s’en fout un peu je trouve, enfin là c’est dans les années 2065). En effet, on est dans un monde un peu paumé dont les anciennes valeurs sont déliquescentes, jusqu’à l’apparition d’une religion basée sur des principes bien terre-à-terre, une religion fondée sur la science et surtout sur la médecine qui doit apporter l’immortalité à l’homme. Cette religion est assez surprenante d’un point de vue contemporain, puisque c’est une approche complètement syncrétique de la science et de la spiritualité qui est totalement inimaginable aujourd’hui. Or ce mouvement est dans le bouquin un succès incroyable, et dont le culte repose sur une lueur fantomatique bleue produite par un mini-réacteur nucléaire dans chaque chapelle. En effet, des particules ayant une vitesse supérieure à celle de la lumière sont localement produites qui génèrent une lumière bleue appelée lumière de Cerenkov. Finalement l’intrigue réside dans la manière dont ce culte va s’imposer et notamment l’influence de son fondateur Noël Vorst, doté de curieux pouvoirs précognitifs et dont les plans sont aussi tortueux que décisifs pour l’avenir de l’humanité.

J’adore ce genre de trucs dans les bouquins de SF, là c’est le « Notre Père » du futur. Une litanie tout particulièrement adaptée aux sciences mais qui ne jure pas, je trouve, en comparaison des psaumes actuels…

Litanie Electromagnétique – Stations du spectre

Et voici la lumière, autour de nous et par-delà notre vision.
Louée soit-elle.
Et voici la chaleur, devant laquelle nous sommes humbles.
Et voici l’énergie, par laquelle nous sommes bénis.
Béni soit Palmer, qui nous donna les longueurs d’ondes.
Béni soit Bohr, qui nous donna la compréhension.
Béni soit Lyman, qui put voir au-delà du regard.

Récitons maintenant les stations du spectre

Bénies soient les ondes radio et loué soit Hertz.
Bénies soient les ondes courtes, lien de l’humanité.
Bénies soient les ondes ultra-courtes.
Bénies soit l’infrarouge, porteur de la chaleur nourrissante.
Bénie soit la lumière visible, aux magnifiques angströms.

Pour les fêtes seulement : béni soit le rouge, sacré par Doppler. Béni soit l’orange. Béni soit le jaune, révélé par Faunhofer. Béni soit le vert. Béni soit le bleu pour la raie de l’hydrogène. Béni soit l’indigo. Béni soit le violet, riche d’énergie.

Bénis soient l’ultraviolet et la richesse du soleil.
Bénis soient les rayons X, sacrés par Roentgen.
Bénis soient rayonnement gamma et sa puissance.

Béni soit la plus haute des fréquences.

Loué soit Planck.

Loué soit Einstein.

Loué entre tous soit Maxwell.

Par la puissance du spectre, du quantum et du Saint Angström

PAIX

Le chemin de lespace - Robert Silverberg

2 Commentaires

  1. Tu n’as pas le sentiment que la « technologie » est devenue comme une communion pour un grand nombre de personnes? A ce propos le psaume est franchement d’actualité!

    Et voici la chaleur, devant laquelle nous sommes humbles.
    Et voici l’énergie, par laquelle nous sommes bénis.
    Béni soit Palmer, qui nous donna les longueurs d’ondes.

    C’est plus fort que moi, un petit :shock: pour la route :mrgreen:

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