La fin de l’éternité

J’aime beaucoup Isaac Asimov, et surtout ses bouquins sur les robots… ah le cerveau positronique et les lois de la robotiques, c’est vraiment génial. J’avais aussi à l’époque été très impressionné par l’idée de base de sa saga « Fondation ». Il créait ainsi une science, la psychohistoire, qui a l’aide d’ordinateurs très puissants et de lois statistiques basées sur des études sociologiques, permettaient de prévoir l’évolution des sociétés selon des probabilités connues. Cette connaissance presque divinatoire avait alors permis à l’humanité de contrôler un peu mieux sa destinée, et ainsi éviter le chaos. Dans ce bouquin, Asimov a écrit finalement le prologue de Fondation. Il s’agit d’un roman basé sur une nouvelle que j’ai lu, il y a quelques années, et qui m’avait beaucoup plu. La structure du roman en fait un ouvrage beaucoup plus conséquent mais surtout doté d’une intrigue plus riche et alambiquée (mais incroyablement plaisante à lire).

L’histoire repose sur le fait que l’homme dès le 27ème siècle a découvert le moyen de voyager dans le temps, au moyen de champs temporels qui lui permettent de se soustraire aux époques et de créer des couloirs qui relient les périodes historiques aux autres. Cette zone de communication entre les âges, c’est l’Eternité. Dès lors, les hommes ont utilisé ce moyen pour faire du commerce entre les époques. Faire venir des denrées, des minerais, des technologies etc. L’Eternité est dirigée par les éternels qui sont des hommes soustraits de toutes les époques et formés à une fonction dédiée. L’Eternité en étudiant le fonctionnement du temps a commencé à agir en étudiant les probabilités et en remarquant que les changements effectués en amont avaient des répercussions sur le futur, et qu’ainsi la réalité était altérée. De ce fait, les éternels ont commencé à changer la réalité pour apporter un bonheur optimum à l’humanité. Statistiquement une modification à l’instant t a un effet qui s’estompe avec le temps, comme si la réalité tendait à revenir à son état initial. Les éternels agissent donc parfois de manières complètement infimes (changer un objet de place) mais dont les conséquences (une personne ne retrouve pas un objet ou bien trop tard par rapport à ce qui aurait du arriver) changent le devenir du monde et évite une période de chaos.

Voilà la trame de fond, et ensuite le bouquin expose une intrigue géniale où il est question de l’origine de la trouvaille des mécanismes de l’Eternité, d’un technicien (celui qui va dans le temps pour changer des choses précises) et d’une galerie de personnages très bien sentie. Asimov a ce talent à la fois, pour décrire les situations sociales, mais aussi pour ne pas se perdre dans des conjectures scientifiques ineptes. L’intrigue amoureuse est aussi bien traitée et écrite que les explications scientifiques et l’aventure en elle-même. En outre, je lui trouve un style excellent, très SF américaine des années 50/60 (donc je me délecte particulièrement). Je me suis régalé en lisant ce bouquin qui nous emporte dans une histoire fantastique mais dont les racines sont contemporaines. Asimov utilise souvent ce genre de ficelles qui permet de donner plus d’authenticité à ses récits. Le tout est une version vraiment complète et aboutie de la nouvelle, c’est brillamment écrit et surtout, le voyage onirique est assuré !

La fin de l'eternite - Isaac Asimov

4 Commentaires

  1. *La Fin de l’Éternité* est une de mes histoires préférées d’Asimov. Ce qui est génial c’est que pendant presque tout le roman on se demande « mais où veut-il donc en venir ? », et à la fin tout colle parfaitement. Même si j’ai quelques objections au principe même de l’Éternité (ça ne tient vraiment pas debout, je trouve, en fait), l’intrigue est incroyablement brillante.
    Je ne savais pas que c’était basé sur une nouvelle : tu en connais le titre ? (Pourtant, j’ai lu presque toutes les nouvelles d’Asimov, il me semble.)

  2. Moui. J’ai aimé presque tout Asimov, mais figure toi que la fin de l’éternité ne m’a VRAIMENT pas intéressé.

    Mes meilleurs souvenirs (hors grands cycles) sont associés à ses histoires de détectives, que ce soient ses nouvelles sur le club des Veufs Noirs, dans un contexte contemporain, une fois n’est pas coutume, ou bien les enquêtes du xénologue qui n’a jamais voyagé…

    Mais, oui, Asimov sait ne pas vieillir. Et c’est bien.

  3. Par ordre de préférence: « Fondation », « la fin de l’éternité », « Cailloux dans le ciel » (un vrai scénario, avec le thème de la télépathie entre autres!)
    Je préfère « Les cavernes d’acier » à « I, Robot », sans aucun doute.
    Par contre, j’ai trouvé « Les courants de l’espace » un peu faible (le rebondissement final m’a fort déplu).
    Pour moi, les meilleurs Asimov sont les premiers, ceux des années 50 et 60. A partir de 1970, on sent qu’il est payé à la page: c’est plus volumineux mais c’est moins intéressant ; il n’y a qu’à lire les 3ème et 4ème volets de Fondation pour s’en persuader, même si je le déconseille.
    En ce moment je suis dans « espace vital », ça dépote! (tiens donc, ça date des années 50…)
    Entre deux Asimov, j’alterne un petit K. Dick ‘ »en attendant l’année dernière », « substance mort »)ou un petit Lovecraft (« la couleur tombée du ciel »), histoire d’apprécier encore plus…
    Continuez à lire et à aimer!

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