Les allemands dans le vent

Me voilà donc un peu plus au calme après un début de semaine bien chargé. Je suis finalement revenu au boulot aujourd’hui, et démarre le montage demain matin afin de mettre la vidéo en ligne dès lundi. J’ai passé deux jours vraiment marrants à courir partout, essayer de ne pas rater le moment intéressant et obtenir les bonnes interviews. J’aime bien cette ambiance où la diplomatie est de mise, où des partenaires avides côtoient des fournisseurs fébriles au milieu de clients enragés. Les gens sont plus ou moins affables, cela dépend du costume qu’on porte, du nom sur le badge, du nombre de personnes à qui vous serrez la paluche etc. Une convention pareille est aussi le lieu de tous les consensus, exercices de style où diplomatie et hypocrisie fusionnent en une même philosophie du paraître.

Je crois que c’est bien en France qu’on est pas mauvais en matière de jugement à l’emporte-pièce et autre taillage de costard instantané. C’est autant valable quant à la manière dont les diplômes sont considérés, ou bien l’aspect et le mode vestimentaire, ainsi qu’un tas de petits critères qui indiquent un système de castes bien précis. J’ai donc été surpris pendant ces deux jours chez Mickey, puisque j’ai noté la présence d’hurluberlus et autres olibrius étrangement attifés. J’exagère un peu car il s’agit vraiment de peu de personnes, mais leur point commun est dingue : il s’agissait d’allemands !! J’ai vraiment été interdit car je n’imaginais pas qu’ils seraient les plus authentiques ou fashion dans ce milieu habituellement tradi et classique. Je pensais plus à des anglais à cause de leur potentiel d’excentricité ou bien même des italiens pour le style vestimentaire un peu sophistiqué, mais il n’en fut rien. Ce sont nos amis teutons qui ont remporté tous les suffrages. L’un deux était un journaliste qui a défrayé la chronique car il portait un costume Burberry « complet »… le mec était incroyablement chic dans la coupe et le port, et aussi totalement excentrique dans le motif Burberry qui le couvrait de pied en cap. C’était désopilant de voir les regards abasourdis des gens qui le voyaient traverser un hall. Un autre, mais il s’agissait d’un client, avait un costard assorti en velours côtelé noir avec des shoes noires et blanches genre Campers ! Ensuite, j’ai interviewé des partenaires de développement et de distribution, et la majorité arborait des boucles d’oreille tout en étant excellemment bien habillé.

Et moi, je me baladais déguisé dans mon costume et sans piercing (j’en ai un dans le cartilage de l’oreille). Les gens sont tout aussi compétents avec ou sans « costume » mais on a vraiment le réflexe de greffer aux gens une personnalité sur leur apparence. Et là, manifestement quelques participants allemands avaient dépassé cela. Je me demande si c’est une généralité là-bas ou pas ? Je me souviens déjà qu’en Angleterre où j’ai un peu bossé, les gens étaient beaucoup moins à cheval sur les fringues et sur le look (et aussi sur le parcours scolaire justement). Alors qu’ici, j’ai vraiment toujours senti la nécessité de se conformer à un standard pour endosser un rôle assigné. Dans ma boite, si on est pas en costard pendant une réunion, on est clairement moins, voire pas du tout, écouté et pris en considération. Même si je considère normal que l’on ne soit pas exactement à l’identique entre le boulot et sa vie privée, je suis assez réticent à une telle métamorphose (heureusement je ne suis pas en costard tous les jours).

Dans un costume d’un autre genre, j’ai par contre toujours dit assez simplement et naturellement que j’étais pédé. D’ailleurs je le dis souvent comme ça : « je suis pédé ». Je n’aime pas dire que je suis « gay », c’est trop sociologique, et non plus « homosexuel » qui est trop pathologique à mon goût, « homo » n’est pas mal mais le « pédé » ajoute un peu plus de provocation plus conforme à ma nature. Mais je comprends vraiment ceux qui préfèrent rester anonyme, il est juste que l’on a pas à être défini au boulot par son orientation sexuelle, mais étant assez affectif au travail, je ne me vois pas rester coi ou simuler plutôt que de m’afficher avec sérénité et flegme.

La fois où j’ai été le plus étonné, dans cette conjonction entre pédésexualité et travail, c’est en entretien d’embauche il y a quelques années (c’était en 1999). Nous avions rendez-vous dans un café à Bastille (déjà, cela m’avait un peu consterné), et l’entretien était plutôt sympa. J’était en face d’un homme vraiment attentif et certainement humaniste. Nous avons parlé business, puis plutôt perso… et voulant savoir si j’étais avec quelqu’un, il m’a demande naturellement si j’avais une compagne OU un compagnon !!!! Evidemment, on peut se dire qu’il m’avait grave grillé et que je ne suis qu’une petite tapiole. Arf. Mais quand j’ai répondu, qu’en effet, puisqu’il en évoquait l’éventualité, oui j’avais un compagnon. Il a laissé tombé le stylet de son Palm dans son café. On a donc éclaté de rire, et la conversation a repris. Il m’a demandé s’il pouvait en avertir l’opérationnel afin d’être sûr que cela ne le trouble pas. Malgré cette demande plutôt ahurissante et choquante, il m’a paru tout naturel de répondre par l’affirmative (en effet, à y réfléchir je préfère éviter de tomber sur un homophobe !). Et j’ai été pris dans cette boite le lendemain.

Enfin ce n’était pas la panacée… Ce courtois et obséquieux chef d’entreprise s’est révélé être le plus grand enculé que j’ai connu de mon expérience professionnelle. Il m’en a vraiment fait voir des vertes et des pas mûres, et a abusé au maximum. Arf arf. Comme quoi, ça ne veut rien dire, il fréquentait pas mal de pédés car sa femme dirige une galerie, mais ça ne le rendait pas pour autant « meilleur » envers autrui.

12 Commentaires

  1. Au moins, en te balladant chez Mickey en costard t’as peut-être compris ce que ceux qui sont dans d’autres types de costard vivent… Je te vois bien en Mickey, d’ailleurs, voire en Dingo… euh, sorry, il se fait tard.
    Quant à parler de sexualité au boulot, c’est un choix, mais les hétéros font ça tellement implicitement en général, qu’ils ne se sont pas rendu compte que je n’accordait jamais « ami » au féminin…

  2. pour les allemands je te rejoinds, même si j’ai quelques longueurs d’avance (13 albums de modern talking a mon passif lol leurs premières vidéos sont un hymne à la tolérance vestimentaire)

  3. dans mon job c’est très smart de se dire pédé, par contre les cathos rasent les murs et sont obligés d’avouer des expériences contre-nature pour ne pas être la risée de tous

    en fait, j’en ai un peu marre que ça soit un « sujet », en bien ou en mal. vivement l’indifférence

  4. Oui vivement l’indifférence, même si finalement j’aime bien avoir ce petit truc en plus qui dérange, attire, effraie, indiffère, choque, séduit, ensorcelle, alarme, inquiète, émeut, offusque, froisse, scandalise ou est égal… mais qui est, en tout cas, un truc :censure:

  5. Taka faire des annonces pour baiser sans capote et demander uniquement des sur-contaminés, du genre urne a jus, c’est très branché chez les pds en fin de route en ce moment. Tu mixes Eric Remes avec le site BBK dans une grande seringue pleine de jus et tu plombes à tout va.

    PUTAIN CA DEVIENT GLAUQUE LE DROIT A LA DIFFERENCE CHEZ LES PDS

  6. le dernier truc en vogue, sur le site de remes, c’est une pauvresse qui demande à tous les séronegs de baiser sans capotes. Son argument : si on est tous séropos, on aura plus de poids pour faire pression sur les labos.

    PUTAIN LE DROIT A LA DIFFERENCE IL SE LA GARDE !

    koa je m’enerve.

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