Le dieu venu du Centaure

Je continue sur ma lancée, et viens de finir ce Philip K. Dick qui m’a encore beaucoup plu, mais surtout fait voyager. Si je dois une sensibilisation littéraire à mon pôpa, c’est bien celle qu’il m’a transmis de son amour de la SF, autant en bouquin qu’en ciné. Je comprends qu’on puisse le considérer comme un style mineur en terme de « littérature » avec un grand L, mais les émotions, les sensations et les notions scientifiques, sociologiques, psychologiques véhiculées n’ont pas de concurrence selon moi.

Avec K. Dick, comme pour la plupart des auteurs, du moins ceux que j’ai assidûment lu (Isaac Asimov et Clifford D. Simak notamment), on retrouve rapidement des obsessions et un univers communs. Ainsi, ce livre évoque l’usage des drogues et surtout la modification de perception que provoque une certaine drogue (le D-Liss) pour ses consommateurs. Or, une nouvelle drogue arrive sur le marché, elle vient d’un terrien de retour de Proxima du Centaure qui assure que « Dieu promet la vie éternelle, lui la dispense ». K. Dick nous plonge dans des mises en abîme (NDB* – expression utilisée à bon escient) successives de protagonistes dont on ne sait plus vraiment s’ils vivent la réalité ou un des nombreux niveaux de plongée virtuelle déclenchée par cette substance, le K-Priss.

L’usage majeur de la drogue pour les terriens est en fait pour les émigrants de la planète Mars (peuplée par un système de désignation obligatoire organisé par l’ONU) qui vivent dans des conditions très difficiles. Ils habitent dans des clapiers et le D-Liss est absorbé pour ses fonctions hallucinatoires qui leur donnent l’impression d’être dans un univers bien précis, comme une maison de poupée, et dans la peau de Barbie et Ken. C’est ainsi que cette drogue a fait la fortune de Léo Bulero, président l’entreprise chargée de la vente des accessoires (qui n’est pas prohibée du coup, un peu comme en France on vend du papier à rouler les clopes… arf). L’arrivée du K-Priss déclenche donc une levée de bouclier de Léo qui décide de lutter contre ce mystérieux importateur de Proxima, aidé d’un de ses meilleurs précognitifs, Barney.

Bien sur, le fin mot de l’histoire est absolument inattendu et remet en question toutes les preuves glanées au fil de la lecture. Philip K. Dick en profite surtout pour remettre en perspective la foi en Dieu et la notion de divinité. J’adore cette manière qu’il a de poser quelques touches de notre réalité dans ses romans. Ainsi, il nous raccroche au wagon et rend plus crédible son scénario, tout en narrant une histoire des plus fantastiques et décalées. Par exemple, il évoque le fait que les personnes en translation (c’est-à-dire ayant consommé du K-Priss) se crée un univers onirique propre, mais elles finissent par avoir une influence sur une réalité future sous forme de fantasme pour les gens. C’est ainsi qu’il décrit des gens shootés qui se retrouvent sous forme de fantôme dans une réalité future… Aaaaah ! Génial !

Le dieu venu du Centaure - Philip K. Dick

*NDB = Note du Blogueur ;)

1 Commentaire

  1. Je n’ai jamais compris ils ont traduit « les trois stigmates de Palmer Eldritch » en « le dieu venu du centaure », sauf bien sûr les trois stigmate jésus et centaure dont revient le fameux Palmer Eldritch, enfin, à ce qu’il dit.
    J’adore aussi PKD, dont c’est un des plus marquants romans !!!

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