Ré(s/v)olution

Je suis rentré mardi matin au boulot. A chaque fois, c’est la même chose. Il suffit que je sois en congés pendant deux semaines pour complètement décrocher et déprimer à fond les ballons lors de la reprise. Quand je suis en vacances, je m’occupe avec ce que j’aime faire le plus, choses que je fais aussi après le boulot habituellement, je me consacre à mes amis, mes bouquins, mon ciné, mes écrits, mes pérégrinations dans les rues parisiennes etc. Et quand je reprends le travail, je me sens mal dans mes baskets, pas à ma place et je doute d’avoir bien choisi mon job. D’ailleurs choisit-on son job ?

Nos études, nos expériences et beaucoup de hasard ont fait que l’on ne se retrouve pas toujours dans l’endroit de labeur de nos rêves. Mais nos rêves ne sont parfois aussi que des fantasmes ou des chimères qu’il est bon de savoir dépister et arraisonner. J’ai la sensation, ou peut-être l’illusion, de réussir à scinder ma vie entre une vie professionnelle intéressante, même si peu trépidante, et une vie privée plus active et épanouissante. Certains font le contraire ou bien font de leur passion leur boulot, et conséquemment, ne créent pas cette bipolarité dans leur existence. Comme dit ma copine Evelyne : c’est leur choix.

Mais plutôt que de pavoiser, en général, je finis toujours pas me dire : « Bon, est-ce que j’ai envie de devenir ce que j’aime faire le plus en privé ? ». C’est-à-dire bosser dans un milieu culturel ou artistique, écrire, travailler dans une atmosphère gay, etc. Mouai… pas vraiment. Je suis assez circonspect pour savoir qu’on désire toujours ce qui est diamétralement opposé à soi. Et je me connais suffisamment pour subodorer que je serais très malheureux de ne plus travailler dans l’informatique, de ne plus faire de marketing produit et de ne plus gérer de projet de communication dans un milieu industriel et high-tech.

Heureusement, j’ai l’expérience de mes études où j’ai joyeusement alterné entre sciences et commerce, car dès que je me focalisais sur l’un, l’autre me manquait et je pensais que je passais à côté de ma vocation. Ainsi, j’ai commencé par étudier l’électronique, puis j’ai bifurqué sur le marketing, tout en cherchant une entreprise où je pourrais exercer les deux facettes de mon ambivalente personnalité (de gros con indécis tu veux dire ouai !). Et le calcul aujourd’hui est simple et rationnel : il est plus simple de correctement gagner sa vie en pratiquant le marketing dans une grosse boite d’informatique, et le soir de retrouver ses passions pseudo-littéraires et crypto-artistiques, plutôt que le contraire.

Enfin, l’espoir révolutionnaire n’est pas perdu si l’on considère que le pétage de plomb et la remise en question existentielle doit poindre à l’orée des 30 ans, âge canonique auquel je suis sensé vivre une seconde crise d’identité (ben ouai y’a eu aussi l’adolescence avant), et qui en a bouleversé plus d’un. Donc dans quelques 875 jours, attention je vais peut-être oublier toute raison et me révéler au monde. Pour le meilleur ou pour le pire, personne ne peut me le (pré)dire ! Retrouvez-moi sur « C’est mon choix » prochainement… :mrgreen:

13 Commentaires

  1. Je crois que la véritable crise chez le gay moyen se fait autour de 40-45 ans. À trente ans, on est dans la force de l’âge, à 40 ans, on commence à comprendre qu’on est rendu sur le haut de la crête. À cela, on ne diffère certainement pas des hétéros mâles à une différence près. Comme pour les femmes, les gays sont habitués à agir en fonction de la séduction. Pour certains, l’âge est un véritable calvaire. Mais, les hommes sont vraiment beaux à 40 ans (et plus). Les femmes le savent.

  2. 30 ans, j’ai bien pété les plombs, mais avec une aide extérieur : la dépression.
    Non, franchement, ça va aller ; la phase « j’mennuie au boulot » (tiens, au fait, qu’est-ce qu’il devient, lui ?) on est tous passé par là au moins une fois l’an passé !
    C’est normal et même plutôt sain de se remettre en question de temps à autre, non ?

  3. Si t’as pas vraiment peter les plombs avant trente, y a peu de risque que tu les petes a 30. Perso moa je pete un cable chaque année pour moins étonner mon entourage. Bien plus pratique.

  4. Tu sais quoi Matoo, après un bac S (ancien bac E ou S/tech), je suis partie en Fac de lettre moderne, pour repartir faire un bts. Les anciens de mon lycée me croyaient folle.
    Maintenant je fais comme toi, j’ai un boulot « technique » et des loisirs « culturels ».
    bon c’était le commentaire inutile dans lequel je raconte ma petite vie.

  5. Bah moi, c’est à 25 ans que je fais ma remise en question…. Et vous croyez que c’est pour sa remise en question, que mon chéri qui a 40 ans est avec moi ??? (?doute?)

  6. Bah, 13, 25, 30 ou 40 ans, l’important c’est que ça arrive un jour….
    Sortir de la forêt pour partir dans le désert, ne veut pas dire que l’on va se noyer dans l’océan. (c’est creux mais ça sonne bien…)
    Thésée, Ariane et son fil, l’ont bien compris: il suffit de garder une attache avec le passé et dérouler la bobine dans le labyrinthe. Même attaché à ses malheurs, il est facile de revenir en arrière et reprendre son chemin.

    Et puis Versailles est une ville très agréable à habiter si on ne s’étonne plus des moeurs de certains spécimens… En tous cas, la réputation prout prout de Versailles est démontrée, mais invalide à plus de 150km de là, alors bon….
    j’ai l’air énervé ? Bin non, mais j’y suis né, et j’y habite (même si pendant 25 ans j’étais ailleurs…) alors je n’ai pas envie d’être associé à tort à une caste minoritaire dont le fameux fil se déroule depuis cinq générations depuis la même bobine (bientot vide par ailleurs)
    Oh lala, je m’emballe !!!
    A+

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