Précaire versatilité

Depuis quelques temps, j’ai subrepticement remarqué qu’il y avait une majorité d’actifs sur les divers chats et sites sur lesquels je traîne mes guêtres. Est-ce un signe des temps présents ou une simple conjoncture ? Ce qui est drôle c’est que je me souviens bien des années 96-98 (mes débuts sur les chats et ma vingtaine balbutiante) où une pénurie d’actifs sévissait, tandis que la population de passifs paraissait largement dominante.

Est-ce que l’on peut suivre cette tendance ? Cette propension sexuelle suit-elle un cycle de Kondratieff, relativisé par ceux de Juglar, eux -mêmes influencés par ceux de Kitchin ? Ou bien pareillement à certaines grenouilles africaines, les homos changent-ils de préférence sexuelle quand la population change afin de rééquilibrer leur écosystème marécageux !?

Plus sérieusement, je connais quelques personnes qui pensent qu’être actif réduit les risques de contamination au HIV. Ou bien encore, je vois que certains archaïsmes perdurent tels que : « On est pas pédé quand on encule, c’est seulement quand on se fait enculer. ». Il y a peut-être aussi un changement de mentalité qui consiste à se réaffirmer à travers une identité « active » qui est plus respectable aux yeux des hétéros (bizarre car il faut bien un enculé dans l’histoire), alors que « se faire enculer » était un des slogans vraiment différentiateurs des militants de la première heure. Mais en même temps, je côtoie de plus en plus de potes hétéros qui affirment que quitte à être dèpe, autant se faire prendre les fesses, sinon ce n’est pas vraiment original. D’ailleurs c’est peut-être bien leur peur… comme si imaginer des homos avec une activité copulatoire proche de la leur les rendaient plus borderline.

Je sais que les hétéros se posent souvent la question du choix de l’orientation sexuelle, que je traduis plutôt par « acceptation de sa nature », mais vu que je suis un gros pédé, à présent je suis passé au stade suivant, et tout naturellement je me demande : comment choisit-on son rôle sexuel ? Est-ce qu’il évolue, pourquoi et comment ? On est passif quand on est jeune et inexpérimenté, puis on devient actif ensuite, à la mode grecque antique ? Enfin, il y en a aussi beaucoup qui ont simplement une préférence, dictée par son plaisir ou les manières diverses dont on accepte ses psychoses, ooups pardon ses choix je voulais dire !

Et du coup, où sont donc passés les autoreverse, les multiprises, les versatiles ? Je croyais pourtant que c’était la grande majorité des homos. Et surtout je vois cela comme une manière classique de concevoir le rapport homo : réciproque, mutuel, équilibré. Ensuite, il y a la question même de la pénétration anale, que je ne considère pas comme essentielle à l’épanouissement de la relation sexuelle. Et pourtant, on voit bien que des couples se fondent autant sur cette relation d’alter ego, que sur celle liant deux opposés, ou deux contrastes. Les hétéros qui croiraient donc que les relations homos sont simples, car entre deux personnes de même sexe, et à priori, avec les mêmes désirs et aspirations, se trompent !! Deux mecs ou deux nanas, ne s’entendront pas facilement s’ils ont des sexualités incompatibles (deux actifs ou deux passifs).

Bon ben peut-être bien que les homos ont une sexualité de grenouille arboricole alors…

21 Commentaires

  1. Les questions que tu poses, je me les suis longtemps posées.
    Je suis, comme tu le dis, autoreverse. Mais je ne « pratique » pas souvent. Disons une petite dizaine de fois dans l’année en tant qu’actif et quatre ou cinq en tant que passif. Et à chaque fois, c’est un plaisir important, parce que rare et toujours partagé. Depuis peu, mon copain essaye d’être actif, et y parviens, et ça change tout… quand il m’a vu pleurer de joie la première fois où il m’a pris, il a compris que c’était bien plus pour moi qu’une simple pénétration.
    Bref.
    Les autres points que tu rappelles sont des « idées » et surtout préjugés classiques. Le « c’est celui qui se fait mettre qu’est pédé » revient au même que l’idée de ces gars qui « punissent » les pédés en les violant ! C’est faux. Archifaux (sauf, à faire l’amalgame avec des milieu genre pénitencière, où cela reste le seul défoulement sexuel possible)
    Bref, encore.
    CE qui m’énerve le plus, c’est que les hétéros n’ont aucune idée de a nature des préjugés qu’ils colportent. Sexualité débridée, sodomie, voire SM… cela ne concerne, loin s’en faut, pas tout le monde. Je n’ai plus les chiffres en tête, mais de mémoire c’est la masturbation réciproque loin devant la fellation (év. réciproque) loin devant la sodomie au niveau stats ! Et puis, on a quand mêm la même nécessaire sensualité, le sens des caresses, baisers, etc. qui est commun à tout le monde, qu’on soit gay, lesbienne, hétéro, bi…
    On est un peu différent, mais pas tant que ça !
    Quand à l’idée de revendication, c’est vrai que psychiquement parlant, les hétéros purs jus craignent la pénétration anale qui les rabaisserait au niveau des femmes (ce que j’ai lu) => d’où une quesion : pourquoi rabaisser ?
    Bon, c’est pas tout ça, j’ai un mec à sauter, moi.
    :)

  2. « Ensuite, il y a la question même de la pénétration anale, que je ne considère pas comme essentielle à l’épanouissement de la relation sexuelle »

    MORT DE RIRE LOL
    quel faux-cul ce Mat !

  3. Nabil > mais y a pas de pb, moi ça ne me gêne jamais :-)
    Par contre, les stats sur les rapports sexuels homo, je peux les fournir si ça intéresse quelqu’un, mais ça provient d’un rapport repris dans un bouquin que j’ai lu il y a deux mois : j’ai pas la réf sur mo (au boulot…)

  4. je c pas pourquoi mais la façon de raconter méthodiquement sa vie anale à moi-cossaw-je me débecte
    en plus prêt à nous déverser des statistiques réalisées par des individus pathétiques à destination d’individus pathétiques
    BOERK

  5. Je lui réponds ou je ne lui réponds pas ?
    Non, j’ai d’autres chats à fouetter, donc je vais être courtois.
    Le terme « individu pathétique », le second, est très intéresant. Il s’agit en l’occurence de psychologues, etc. confrontés à des « patients » homosexuels et donc pathétiques, si je comprends bien, et commetn faire en sorte de prendre cet aspect en considération dans leur thérapie…
    Ce dont je parle, j’en parle sans dégoût parce que j’assume qui je suis. Le sujet initial du post de Matoo était centré sur un aspect sexuel tourné en dérision actuellement ; mon « témoignage » n’engageant que moi, n’est pas « crade » à ce que je sache, et j’esprime même le fait que cette sexualité ne se limite justement pas qu’à une activité purement sexuelle.
    Et puis zut, il fait chier.

  6. Très intéressant, il ne manque que ton témoignage personnel dans l’histoire Matoo ;)

    Faut quand même savoir que BEAUCOUP d’hétéros pratiquent la sodo. Je pense pas qu’un rapport homo diffère tant d’un rapport hétéro.

    « On est passif quand on est jeune et inexpérimenté, puis on devient actif ensuite, à la mode grecque antique ? « 
    –> Ce serait pas l’inverse ? On est actif quand on est jeune puis passif quand on est bien dilaté ? :p

  7. Nabil est né dans une fleure et c’est un genre d’ange vierge de la planète Bzorka donc bon il a des réactions bizar parfois mé cé pas grave, on l’aime bien quand même dans le fond. Faut juste pas oublié de creuser c tout ! :langue:

  8. Mais tu vas sur quels chats matoo? non paske moi j’en écume pas mal et les saunas avec…et je peux t’assurer que des mecs vraiment actifs yena pas des masses…par contre des gars qui roulent des mécaniques avec un engin de mort entre les jambes et qui à l’arrivée sont au bord de l’apoplexie dés que tu leur titilles la rondelle au point où ils te supplient presque de les pénétrer et de suite !! alors des gars comme ça oui yena des caisses…
    Comme disait Titoff…bander c’est un vrai métier lol

  9. super, le témoignage de Cassaw. Moi aussi, si je me fais prendre par un mec que j’aime, (c’est pas tous les jours, hélas…) ça me fait un tel effet que j’ai envie de pleurer de bonheur !

  10. Excusez-moi, j’arrive un an et demi après ce post, je suis nouveau faut dire, un puceau de ce blog koi pour faire d’jeun. Et comme j’ai décidé de lire tous les articles de Matoo (gay et maso, oui, je sais ce que je suis), je tiens à ajouter ma contribution personnelle dont tout le monde se fout comme de sa première capote (ou de l’absence de celle-ci pour certains). J’ai 35 ans, j’ai eu une vie satisfaisante, épanouie et assumée dans ma cambrousse lorraine et j’ai toujours été actif. Je pensais aimer, mais bon. Depuis trois ans je vis une histoire d’amour avec celui que je considère comme ma moitié, mon amour (bref mon mari, Marocain musulman – pour vous dire que c’est pas simple tout les jours, sauf pour nous deux – mais c’est tellement con d’écrire ça) que je suis devenu passif. Lui est actif. Avant, il était passif. Et malgré notre bonheur intense sexuellement, nous essayons de nouveau d’inverser. Même moi, je ne me comprends pas !) Bref, je crois que c’est la rencontre et l’amour qui font qu’un gay ne peut se définir par actif, passif, auto reverse ou démonte-pneu (en Lorraine, y en a !!!) définitivement. Pas de règle, pas de loi, pas de théorie, pas de masturbation marketing quoi. Voilà, désolé de faire chier le monde… Finalement je devrais boire un verre de whisky… :gne:

  11. Moa c’est les gens plus petit que moi, leur petite taille me donne envie de les enculer tres fort.
    C’est grave docteur Bitos ?:boulet:

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