Bouffer les pissenlits par la racine ?

Comme l’expliquait très bien Mufasa à Simba, nous sommes tous liés dans le cycle de la vie puisque les lions chassent les antilopes, mais que lorsqu’ils meurent ils se transforment alors en herbe, et l’herbe est alors mangée par les antilopes (ouai bon je sais en 94, j’avais 18 ans mais bon…). Tout ça pour dire que concrètement nous nous transformons tous en engrais et que je trouve que c’est une fin plutôt digne pour notre enveloppe corporelle.

Nous avons en pratique des habitudes barbares qui consistent à nous enterrer dans des cimetières qui regorgent de tombes et autres mortuaires résidences. Nous polluons la terre à nous faire enfouir dans un lieu saturé en macchabées, avec des fringues, du métal et des produits chimiques (fluides d’embaumement toxiques) qui ne sont pas dégradés avant un temps très important. Le pire en terme écologique, c’est la crémation puisque, comme je viens de lire sur Technikart, cela peut dégager autant de vapeurs de mercure qu’il en faudrait pour empoisonner tous les poissons d’un lac de quatre hectares (pauv’ Némo ! Naaaaaaan ! C’est pô possib’).

Et bien justement sur Technikart, je vous conseille ce numéro « Collector Futur », on peut lire l’article qui évoque cette biologiste suédoise Susanne Wiigh-Masak. Elle a créé une méthode assez simple qui, en plongeant un corps congelé dans un bain d’azote (sur le magazine ils disent « nitrogène »… super traduction) liquide, désagrège un cadavre en une matière organique recyclable. Ainsi elle propose aux gens de devenir, après leur mort, le terreau de la plante de leur choix, dans un emplacement voulu et en toute écologie !

Ainsi les cimetières se changeraient en parcs, et nous irions alors visiter les arbres et les fleurs au lieu des sépulcres. Apparemment ça marche très bien dans les pays nordiques, beaucoup moins en France, et globalement chez les cathos. Et puis évidemment, les pompistes funèbres ne voient pas cela d’un oeil égrillard… business is business.

Moi je suis complètement pour cette méthode. Je me verrais bien en terreau pour un figuier… avec vue sur la méditerranée si possible.

Dans le même registre morbide, certains ont aussi eu une drôle d’idée, mais qui m’enchante beaucoup moins !

Mort en orbite - Technikart Collector Futur - p89

13 Commentaires

  1. Envoyer des corps dans l’espace, ou comment polluer le dernier univers libre déjà entamé par nos satellites et tous les débris de fusées qui doivent bien finir quelquepart quand elles les ont éjectés.
    L’idée du terreau écologiste est plaisante, mais un corps tout simplement posé dans la terre ne se dégrade-t’il pas complètement (enfin, modulo Lucy) et sainement?
    C’est pas que je sois Mylène, mais le concept de « terre pour les morts » encerclée et contenant tous ses fantômes me plait au moins autant que le figuier avec vue sur la mer.

  2. Tout à fait oki avec Jeff et K.I.T.T., l’espace est déjà assez menacé comme ça par nos satellites hors d’usage… Hum une petite pousse en faut d’une montagne des alpes (enfin pas trop haut, après il fait froid)… C’est assez bizare cette volonté qu’ont les gens de « rester », qu’un « monument les honorent » comme si ça changeait quelque chose à la réalité de la mort…

  3. Winky> Elle a une drôle de tronche ta plante ! Arf.

    TheOthers> Quand je disais que ça m’enchantait moins, je faisais aussi allusion à cette autre pollution que nous sommes en train d’organiser dans l’espace. Avec tous les bouts de satellites qui se baladent déjà à 36000 bornes !!

  4. Je suis d’accord avec toi, Matoo.
    Je trouve parfaitement hypocrite cette façon de prétendre nous souvenir de nos morts en les mettant dans un cimetière : si on veut se rappeler quelqu’un, c’est à travers ses actes et ses pensées qu’il faut le faire, grâce à ce qu’il laisse derrière lui, pas en méditant quelques pieds au-dessus d’un corps en putréfaction.
    Si mon corps, une fois qu’il ne me servira plus, peut être utile à d’autres (don d’organes, échantillon pour dissection, engrais ou même pâtée pour chats), c’est tant mieux. Mais c’est vrai que servir à faire pousser un arbre, c’est ce qu’il y a de plus poétique…

  5. Comment on fait pour laisser des choses derrières soi quand on est mort jeune? ou quand on n’a pas eu d’enfants? :)

    Je pense que l’utilisation des restes devrait être dictée non pas par les dernières volontés, mais choisie par ceux qui restent, savoir comment ils veulent vivre leur deuil, s’ils veulent suivre les dernières volontés ou pas.

    Clairement, si je meurs jeune, avant mes parents, je leur laisse pleine responsabilité pour faire ce qui leur semblera bon de mon corps pour qu’ils vivent le mieux possible ma perte. :o)

    c’est très gai non?

  6. Je suis totalement d’accord avec Jeff. Je suis revenu des idées originales sur que faire de mon corps après ma mort, parce que j’ai vu des parents, des enfants, décomposés, désemparés, par le choix de « leur » mort. Par exemple, cette vieille dame qui n’osait plus faire la poussière chez elle parce que son fils avait voulu que ses cendres soient répandues dans le bois au-dessus de la maison. Elle en devenait folle, elle n’y arrivait pas. Comme le dit Jeff, peut-être n’est-ce pas vraiment à nous, mais à ceux qui auront de la peine et voudront se recueillir, de choisir où aura lieu ce recueillement (et parfaitement libre à eux de répondre : dans cette plante verte, ce sera magnifique).

    Mais si j’avais un vœu, ce serait celui-ci : je voudrais être enterré comme dans Lucky Luke, comme dans Steinbeck, dans un drap et quatre (six?) planches de sapin, à même la terre.

    Il me semble que la législation française l’interdit?

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