Du virtuel au réel

Depuis les années que je « suis sur le web » comme on dit, ce qui déjà préfigure une notion d’appartenance assez étrange pour certains, je remarque que selon le degré d’intégration et de contribution à ce média, les gens y ont plus ou moins une personnalité fluctuante. Je ne crois pas que ce soit vraiment le web qui rend les gens schizophrène mais c’est vrai que cela leur en donne la liberté. Je vois plus cela comme lorsque l’on est au boulot ou entre amis. On est alors pas foncièrement le même, on ne développe pas forcément la même personnalité, car on fréquente des gens différents, dans un contexte autre et dans un environnement où l’on peut désirer endosser un rôle distinct. Je pense qu’il n’y a pas beaucoup de gens qui sont Dr Jeckyll et Mr Hyde entre le taf et la vie privée (mais je sais que cela existe).

De la même façon, sur le web, on a l’occasion de (dé)montrer une autre partie de soi, d’utiliser les qualités de cet outil de communication pour mettre en exergue un talent qui serait moins utile dans les rencontres de tous les jours. Par exemple, dans un cadre romanesque, j’ai vu beaucoup de belles relations qui sont nées par le web, notamment par le fait que les gens ne se basent pas uniquement sur le physique, contrairement à la bonne vieille réalité.

Si l’écrit est un élément qui change beaucoup la manière de communiquer (et un facteur essentiel du net), l’humour est une donnée très importante sur Internet, comme elle l’est aussi en dehors. Mais on n’est pas forcément drôle ou sagace sur le web si on l’est en live, et réciproquement. Qui n’a pas rencontré une personne hyper bavarde et perspicace, par chat ou mail, qui se révèle complètement prostrée en réalité ? Ou bien un individu à la plume irrévérencieuse et pétante de rire qui se tient coi en face de vous ?

C’est pareil avec les blogueurs, parfois en plus impressionnant, puisqu’on a la sensation de bien les connaître et les cerner. Quelle douce hérésie ! Il faut évidemment se rendre à l’évidence que le blogueur ne raconte que ce qu’il veut, que ce qu’il narre passe la censure de son esprit d’Homo Sapiens Sapiens, et que l’écrit peut révéler chez les plus timides, une propension ahurissante au narcissisme et à l’ego dilaté. Ce n’est d’ailleurs pas l’apanage des grandes gueules, mais stupidement on croit le timide modeste et humble.

Lundi soir, j’ai fait la connaissance de Mr Peer (mein gott ! un hétéro !) dont je lis le blogue depuis quelques mois. Je dois confesser ma surprise, déjà au téléphone et ensuite de visu, en effet, je m’attendais à un jeune drille à l’assurance bien établie et la volubilité épanouie. En fait, c’était tout autre. Bien sûr, je ne suis pas non plus tombé sur l’opposé mais simplement un garçon un peu plus nuancé que je l’aurais imaginé (je suis tellement bécasse quand je veux moi alors !). On ne peut pas dire qu’il soit timide, mais plutôt réservé et pas un type qui ne parle pour ne rien dire, simplement pour se donner une consistance (moâââââââ ?? Naaaaaan !). Il n’a que 20 ans, et est assurément beaucoup plus mature en réalité (surtout au vue de son parcours). J’ai beaucoup aimé ce petit regard moqueur et espiègle à mon égard, et finalement on a bien tchatché. Je me dis qu’il a certainement été autant surpris de moi, que moi de lui. Du coup, il fallait tout de même que je lui file la téhon en partant, alors je lui ai claqué la bise comme à un homme. Arf ! :langue:

24 Commentaires

  1. « j’ai vu beaucoup de belles relations qui sont nées par le web » : tu ne serais pas concerné, toi, dis donc ? :-p
    Sinon, c’est vrai que j’ai pour l’instant toujours été agréablement surpris de rencontrer d’autres personnes utilisant le net (plus récemment les blogs) parce que j’avais « vu » plus de leur personnalité que ce qu’ils distillaient « en vrai » !

  2. nan mais j’ai pas eu la téhon quand tu m’as fait la bise (puisque ça m’arrive de faire la bise à mes potes), mais j’avoue avoir été surpris parce que c’est pas courant (ou peut etre que je connais pas assez de gay) qu’un mec te fasse la bise quand il te connait depuis moins de quelques heures…

  3. Mouais, je ne cache pas mon plaisir à la lecture de ce billet… (j’ai enfin des ragots salaces à diffuser sur M. Peer).
    Matto, c’est fini de draguer les ptits jeunes héteros ? M’enfin…

  4. note pour monsieur « soulé »… secte des cons qui connaissent le français… Déblatairage doit sans doute être dans votre esprit un dérivé de « déblatérer ». Je propose donc pour ce néologisme une orthographe en concordance avec le verbe, soit « déblatérage ». Ne me remerciez pas ! je suis content d’avoir contribué à votre culture ! ;) :langue:

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