Working girl

Hier midi, je suis allé à la Défense pour déjeuner avec Cécilia et son amie Marina. Marina est ingénieur et bosse pour une grosse boite d’ingénierie. Elle s’occupe en fait de l’équipement électrique de centrales, et elle travaille principalement avec le moyen-orient.

On discutait un peu d’actualité et de fil en aiguille, je lui ai demandé comment se passait le business pour une femme comme elle (très jolie de surcroît) dans des pays tels que la Syrie ou l’Iran. Elle a sur le coup fait disparaître pas mal d’idées préconçues sur ces pays dans lesquels les femmes, pourtant, ne sont pas du tout à égalité avec les hommes.

Elle évoquait des pays comme la Syrie ou le Liban, ou bien le Maghreb ou l’instruction est égale pour les hommes ou les femmes, et où elle rencontre couramment des femmes à des postes similaires au sien. Et par conséquent, elle n’a jamais constaté de réactions néfastes à son propre exercice. Je subodorais qu’il devait en être autrement en Iran, où je sais que toutes les femmes, étrangères ou non, doivent se voiler. Elle nous a alors expliqué qu’elle avait du en effet porter un voile, mais aussi une sur-robe pour mettre au-dessus de ses propres vêtements. Mais sinon, rien de spécial au niveau du boulot, cela se passe comme ailleurs. Elle nous a aussi confié que les femmes là-bas sont malgré tout très maquillées, ont les cheveux qui dépassent du voile, et que leur sur-robe qui doit servir à cacher leurs formes est souvent comprimées par une ceinture qui a un effet bien inverse. Evidemment, ce n’est pas un pays où on sent une égalité de fait, mais peut-être pas aussi catastrophique que ce qu’on peut en penser (les femmes constituent 35% de la population universitaire et 45% d’entre elles sont en médecine).

Les femmes de ces pays sont par contre en danger, car le mouvement politique global de ces pays s’oriente vers une islamisation croissante de l’état qui contraint de plus en plus les femmes, et dont la morale religieuse est foncièrement misogyne. Et cela aussi, Marina le ressent, on a plus l’impression de résister sur des acquis, que de constater que c’est un mouvement progressiste qui fait des émules.

Nous avons fini par parler de l’Irak, où elle se rendait il n’y a pas si longtemps. Elle nous a décrit ce pays dévasté, anéanti et laminé par les années de disette et de misère extrême dues à l’embargo depuis 1991. Marina a été hyper véhémente sur le sujet, et Cici et moi la sentions bien énervée. Elle n’a pas révolutionné nos positions en la matière, car elle a seulement exprimé ce qu’on sait depuis le début, que les USA ne sont intervenus que pour leurs intérêts économiques, que cela n’a servi à rien et que le dénouement pour les irakiens sera peut-être pire que ce que leur ancien dictateur leur faisait vivre. Elle a nourri une diatribe acrimonieuse contre cette philosophie de lutte contre les dictatures, alors que l’Irak possédait un taux d’alphabétisation record, un taux de mortalité infantile extrêmement bas, et surtout un état laïc qui donnait notamment aux femmes une certaine autonomie. Et on sait bien qu’on réserve à l’Irak un futur gouvernement du genre Talibans ou Iran… Et Marina de conclure en nous assurant que les marocains et les tunisiens sont murés dans un régime totalitaire qui n’a rien à envier à l’Irak à certains égards, mais que cela gênait beaucoup moins vu leurs accointances politiques mondiales.

Je sais qu’elle a été un peu extrême et emportée dans son discours, mais j’ai été marqué par cela. Je ne suis pas certain de tout ce qu’elle a dit sur les pays susmentionnés, mais ce n’est vraiment pas une idiote, et surtout elle y était, et elle travaille quotidiennement avec ces pays. Mais en l’occurrence, je sais que le combat des femmes n’est pas terminé, et dans certains pays, même pas commencé.

6 Commentaires

  1. Oh oui, allez Matoo, un débat sur le porno chic, mais avec plein d’illustrations…

    Hum… bon, plus sobre peut-être, voici une petite BD vraiment émouvante et qui donne une vision fort intéressante de l’Iran:
    Persepolis, de Marjane Satrapi (Ed. L’Association)
    http://www.bdselection.com/php/chronique.php?rub=pagesbd&id_bd=916

    Le Chah, la Révolution Islamique, la place des femmes dans une société entre modernité et intégrisme… et tout ça raconté au travers d’un récit autobiographique plein de détails captivants sur la vie quotidienne des Iraniens.
    (Vous le saviez qu’on faisait du ski en Iran, vous?)

    M.

  2. 45 % des étudiantes iraniennes en médecine : ben tu m’étonnes, elles ont pas le droit d’être auscultées par des hommes (les ‘spices di counasses)
    :ben:

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