Berlin, lève toi et marche !

On prend un taxi pour l’hôtel, et quel hôtel !! Diego m’a invité au Swissôtel à Kurfürstendamm, donc en plein centre de Berlin (Ouest) pour quatre jours à se vautrer dans le stupre et le luxe. J’aime. Un hôtel hyper moderne avec des oeuvres contemporaines dans chaque recoin, beaucoup de jeux de lumière, des ascenseurs transparents en verre et métal, salle de sport, sauna, hammam, produits de beauté dans tous les coins, peignoirs…

Ah oui, une chose que j’ai trouvé assez délicate (y’a que moi pour retenir ces trucs là). Lorsque nous sommes arrivés à la réception et avons confirmé notre réservation, la réceptionniste nous a demandé si nous voulions un lit double ou s’il fallait bien deux lits jumeaux. J’ai aimé qu’elle nous pose la question avec un tel naturel. Evidemment, elle avait du repéré les tapioles en week-end à trois kilomètres ! :mrgreen:

On nous a proposé dès notre arrivée de payer une somme « modique » supplémentaire pour obtenir une meilleure chambre et quelques avantages. Arf. Nous avons alors cédé aux charmes de l’Executive Lounge. Une chambre au neuvième étage et l’accès à un « private lounge » avec boissons et bouffe gratos toute la journée. Du coup, on a joué les parasites, et on a pris nos p’tits-déjs et dîners là-bas tous les jours gratos. Fabuleux ! Mouarf.

Nous avons pendant ces quatre jours arpenté la ville de long en large, mais c’est tellement énorme, que je n’ai pas finalement vu grand-chose. En même temps, on se rend rapidement compte que les bombardements de la seconde guerre mondiale ont tellement ravagé la ville que d’un point de vue monument historique, je n’ai pas du rater grand-chose. Et du coup, je me suis pris une grande claque d’urbanisme et de modernité architecturale.

La rupture entre l’est et l’ouest n’est pas si énorme que cela. Je pense que c’est pas mal du au fait que cela fait maintenant 15 ans que le mur est tombé. Et puis, nous avons eu un temps relativement clément, ce qui rend les constructions staliniennes un peu moins austères, et met surtout en exergue un cachet vraiment exceptionnel de certains quartiers de Berlin-Est, tandis que l’ouest se retrouve affadi par une succession de secteurs modernes dont on se lasse.

Nous sommes arrivés sur Zoologischer Garten et Diego m’a rappelé ce bouquin que tout le monde a lu : « Wir Kinder Von Bahnhof Zoo », plus connu (pour moi) sous le nom de « Moi Christiane F. 13 ans, droguée, prostituée… ». On voit alors les lieux de prostitution du bouquin et du film éponyme. Ca m’a fait tout zarbi… Vestige des bombardements, cette église à moitié détruite fait une drôle d’impression au milieu de ce quartier qui rappelle plutôt les Champs Elysée avec sa classique ronde de grands magasins.

Ce premier soir, nous avons marché et marché pour s’approprier un peu la ville et passer à pied de l’ouest à l’est. Du coup, cela nous a mené de Kurfürstendamm, Zoologischer Garten, Großer Sterne (La Bastille si vous préférez… lol), jusqu’à Brandenburger Tor (la porte de Brandebourg) et le Reichstag. Cette immense straße du 17 juin, et ces monuments qui rappellent un peu trop les défilés hitlériens des années 30 des vieilles images noir et blanc à foutre des frissons dans le dos. Nous avons donc traversé la porte qui marquait l’ancienne limite du mur de Berlin, et avons rejoint la célèbre Alexanderplatz en passant par des quartiers complètement rénovés. Alors on est au pied de la tour de télévision de 365m de haut que l’on voit de toute la ville, et sur une place gigantesque. Ce coin est l’archétype même de ce qu’on imagine de la RDA, de grands immeubles en bétons gris, certainement autant fonctionnels que moches. Mais aujourd’hui, cette place a presque un certain charme désuet, comme le vestige d’un autre temps qui est tellement empreint d’historicité qu’il ne peut laisser indifférent (mais je préfère maintenant tout de même).

Mais bon il y a une chose qui nous a vraiment surpris avec Dieg, c’est le fait que Berlin soit vide. Il n’y a personne dans les rues, personne dans les transports, pas d’embouteillage… On a pris le métro à 20h un samedi soir en plein centre-ville, et nous étions seuls ! Evidemment tout cela est perçu en comparaison à Paris, qui n’est pas non plus la plus « busy » des capitales, mais vraiment il est manifeste que la densité de population n’est pas du tout la même. Dès qu’on marche un peu tard le soir, ou bien dans un quartier un peu excentré, alors il n’était pas rare de ne pas apercevoir un chat à l’horizon. Un chauffeur de taxi nous a d’ailleurs confirmé le phénomène. Et c’est vrai que j’ai regardé toute à l’heure… Paris fait 100km2 pour 2.1 millions d’habitants et Berlin en fait 880, pour 3.8 millions de teutons ! Donc 8 fois plus de surface pour moins de deux fois plus d’habitant. CQFD.

Et je ne sais pas si c’est un phénomène de cause à effet, mais jamais nous n’avons ressenti la moindre agressivité dans la rue, pas une caillera, ou de sentiment d’insécurité même seuls sur Alexanderplatz à 2h du mat à chercher une boite gay. :langue:

10 Commentaires

  1. C’est marrant que le quartier de l’église du souvenir (la grande tour qui jouxte « cette église à moitié détruite ») t’ait fait pensé aux champs-élysées, moi ça m’avait plutôt fait penser à la rue de Rivoli, trois H&M (prononcer Ahhhh ound èMe) d’affilés oblige :mrgreen:. Quant aux boîtes gay fallait me demander avant de partir, mes souvenirs de l’été dernier sont encore tous frais ;-) mais peut-être que ton prochain post nous en dira plus là-dessus :langue: !

  2. Effectivement, la plupart des grandes villes allemandes montrent une densité de population moindre qu’en France – sans doute parce qu’ils n’ont pas hésité, après la guerre et avec la reconstruction, à tout rebâtir en grand suivant le modèle américain.
    Il n’y a plus que dans les villes qui ont conservé leur Altstadt (Vieille ville) qui peuvent se targuer d’avoir un « centre » urbain assez populeux même tard le soir.
    (ayant vécu quelques années à Düsseldorf, et n’ayant visité que quelques autres grandes villes allemande et pas la totalité, j’ai peut-être une vision limitée…)

  3. Arf, tu me donnes envie d’y retourner.
    avez vous fait ton ami et toi l’île aux musées ? le musée check point Charly ?
    Sinon quand j’y suis allé, il y’a de cela quatre ans, j’avais eu la meme sensation que toi en ce qui concerne le calme de la ville et l’absence de foule.
    Ca me rappelle de bons souvenirs tout ça. Merci.

  4. :mur: Moi aussi, ça me rappelle de bons souvenirs… Et Le Château de Sans Souci aussi.. et le quartier hollandais de Postdam… et la descente du Wannsee en bateau…

  5. :petard::petard::petard::petard::petard::petard::petard::petard::petard::petard::petard::petard::petard::petard::petard::petard::petard::petard::petard::petard::petard::petard::petard::petard::petard::petard::petard::petard::petard::petard:

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