Sanyu, l'écriture du corps

Le musée Guimet, en tant que musée national des Arts asiatiques, organise des expositions dont le thème est toujours connexe à l’art asiatique. Là, il s’agit d’une rétrospective assez complète (mais plutôt courte) de l’oeuvre d’un chinois né en 1901, Sanyu, qui a vécu en France de 1920 jusqu’à sa mort en 1966. Il n’a jamais été un peintre majeur de l’époque, il est mort dans l’indifférence quasi-générale, et il est redécouvert en ce moment, notamment de par ses accointances artistiques avec Matisse.

Comme souvent pour les peintres contemporains, on peut suivre facilement leur évolution par des phases artistiquement très « marquées ». Sanyu n’échappe pas à la règle, et on découvre salle après salle, les évolutions d’un peintre qui s’est interrogé sur sa peinture toute ta vie. On sent l’homme à l’étude dans toutes ses toiles, il explore de nouvelles voies graphiques par les couleurs, les formes et toute une gamme d’expressions nouvelles tout à fait conformes à l’avant-garde de son époque.

Le rapprochement avec Matisse est indéniable, et la spécificité de ce peintre est justement ce qu’il tire de sa différence majeure avec les peintres de son époque : le fait qu’il soit chinois. Et ce que j’ai beaucoup aimé dans ses oeuvres, c’est justement son trait si assuré et délicat, si maîtrisé et libre à la fois, une véritable oeuvre de calligraphe pour le coup. Ce syncrétisme, entre son éducation artistique chinoise traditionnelle et la « libération » de son talent et de ses envies au contact du milieu artistique parisien, donne à ses toiles les plus « graphiques » une force et une beauté incroyable. Alors que les peintures « expressionnistes » plus classiques ne m’ont pas vraiment plu, ses toiles les plus esquissées avec quelques traits noirs dont seule l’épaisseur varie, ou bien ses nues abstraits m’ont vraiment impressionné !

On sent que ce type a cherché sa voie d’expression picturale pendant toute sa vie à visiter ces salles avec des styles tellement différents. Je n’aime pas du tout l’utilisation du rose qu’il fait, on dirait parfois du papier peint de chambres de barbies. Et puis, comme il n’avait pas un succès fou avec son art, il a même passé une période de sa vie à promouvoir un sport qu’il avait inventé : le ping-tennis !

Il est vraiment mort trop tôt le pauvre… il avait encore certainement beaucoup à exprimer, et à nous apporter avec cette sensibilité de peintre contemporain parisien et ses racines chinoises traditionnelles.

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