La première fois que j’ai eu 20 ans

Un premier film alors forcément pas mal de petits défauts, mais qui sont aisément pardonnés avec des comédiens fantastiques, et en figure de proue Catherine Jacob et Marilou Berry. D’une part, on a l’impression que la direction d’acteur est un peu juste, ou bien c’est un peu joué à la va-vite, ou même parfois surjoué et l’interprétation, du coup, un peu lourdaude. Mais d’autre part, comme on est dans les années 60, ces petites maladresses donnent au film ce côté suranné de l’époque Yéyé.

De la même manière, le scénario est parfois un peu limite neuneu, mais l’idée de base est charmante. Hannah est une jeune fille complexée par son physique qui a une vraie passion pour le jazz, et veut intégrer le jazz band du lycée en tant que contrebassiste. Jusque là, jamais une fille n’avait intégré le groupe, et les musiciens mâles voient d’un très mauvais oeil cette incursion féminine.

J’ai beaucoup aimé la famille feuje qu’ils ont caricaturée dans ce film avec beaucoup de tendresse et d’humour. On y voit le côté hystéro et protecteur à outrance de la mère, mais aussi l’amour immense et inexorable qui lie les membres de la famille. Le film met aussi en exergue l’ostracisme avec une subtile mise en abîme des minorités, puisque les musiciens se disent d’abord qu’elle ne sera jamais choisie puisqu’elle est une fille, puis, en plus, car elle est juive. Et l’oncle d’Hannah est interprété par Pierre Arditi qui la console un moment en lui expliquant qu’il est lui en plus homosexuel, et qu’il faut d’abord vivre pour soi. Catherine Jacob interprète une mère juive extrêmement crédible avec ses mimiques et ses bougonneries désopilantes, tandis que Marilou Berry joue les frustrées révoltées avec beaucoup de talent. Malgré des textes un rien trop travaillés et qui cherchent le « bon mot », on obtient un film qui a beaucoup de charme, de candeur et de punch.

Evidemment, le rôle de Marilou Berry est encore un peu trop cantonné, mais j’espère qu’on la retrouvera bientôt dans d’autres personnages un peu plus nuancés. Elle a une prestance et un charisme cinématographique qui m’impressionnent énormément.

La première fois que j'ai eu 20 ans

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