Carnets de voyage

Je ne connais pas grand chose à l’histoire du Che (Ernesto) Guevara, et encore moins cette incroyable aventure qu’il a vécu alors qu’il finissait ses études de médecine, et qu’à 23 ans, avec son pote Alberto Granado, ils ont parcouru l’Amérique Latine en moto et à pied. Ce film décrit cette expérience qui part d’une idée fantasque très adolescente pour deux petit bourgeois de la société argentine. Un étudiant en médecine et un biochimiste qui partent avec presque rien et une motocyclette brinquebalante et vont parcourir plus de douze mille kilomètres simplement parce qu’ils veulent voyager. Cet itinéraire initiatique va les amener à rencontrer des gens, un peuple finalement, l’unique peuple du continent sud-américain, telle qu’Ernesto le pense.

Ce film est une réussite complète, les décors naturels sont hallucinants et on part avec les deux protagonistes dans un voyage de couleurs, de sensations, de vécu que seul le cinéma peut rendre aussi intense. Mais dans le fond aussi, il met en exergue la manière dont la vie des sud-américains, et en particulier les paysans et les indiens, faite de précarité, d’humiliations et d’injustice va jouer sur l’état d’esprit de ces deux hommes qui sont en train de se construire dans leurs vies et aspirations d’adultes. Les visages des gens qui émaillent le film sont incroyablement bien filmés, et laissent pantois d’une telle dignité qui transparaît d’une misère souvent extrême. Aussi, on comprend rapidement l’esprit révolutionnaire qui va naître de cette rencontre avec une réalité qui tranche crûment avec les idéaux du Che. L’épisode de la Léproserie est aussi troublant, les deux médecins y vont pour s’occuper bénévolement des malades (au Pérou), et découvrent ainsi des gens dont l’espoir est bien mince.

J’ai vraiment adoré ce film qui est d’une sensibilité incroyable, avec une musique, une mise en scène, des acteurs fabuleux. Gael Garcia Bernal est évidemment toujours aussi talentueux et beau, ce qui ne gâche rien. Il faut vraiment aller le voir et se laisser porter par cette narration si sud-américaine avec ce parlé argentin irrésistible, et un récit qui transcende la simple question politique.

Carnets de voyage

3 Commentaires

  1. j’avou, gael garcia bernal est un super bon et beau acteur ( vs l’avez vu dans la mauvaise éducation d’almodovar?)!! ce que g aimé dans ce film ce qu’il n’a pas surfé sur la mode du che qui sévit en produit dérivé en ce moment… il a montré au contraire un che humain, par encore che d’ailleurs, a des kilomètres de sa signification révolutionnaire.. c tt simplement un voyage entre pote et une prise de conscience fantastique pour les deux.. la scène ou ils sont dans la léproserie est touchante mais un peu trop appuyée pour moi ( voulait on nous émouvoir??)… mais comment tu fé matoo pour voir autant de films et aussi disparate?? lol bisoutche:pompom:

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