Le Lac de Caresse

Il s’agit d’un tout petit bouquin de Renaud Camus. Un tout petit bouquin rempli d’une prose toute poétique, et surtout de l’écriture toujours aussi alerte, érudite et sensible de ce brillant auteur.

Le texte est vraiment magnifique, mais il n’a pas vraiment d’objectif. On sent bien que l’auteur était dans un émoi dingue suite à une rupture, et qu’il a du écrire ce qu’il ressentait, les divagations mélancoliques et romantiques qu’on ressent tous plus ou moins dans ces douloureuses situations. Et ces divagations, ces errances littéraires nous entraînent sur les rives d’un lac où l’on se laisse gagner par le flux et le reflux des mots.

Parfois, j’ai été perdu dans des digressions philosophiques qui devaient certainement me dépasser (ou dont l’intérêt me paraissait un peu lointain), mais il est régulièrement revenu me coller une baffe dingue avec une phrase qui m’a tout de suite remis les pieds sur Terre. Et j’ai beaucoup aimé certaines incursions poétiques dans la forme même du livre, avec des pages sur lesquelles on ne lit qu’un seul mot, ou bien des phrases décalées.

Une rêverie que l’auteur a partagée avec son lecteur.

Renaud Camus - Le Lac de Caresse

8 Commentaires

  1. Ah… Renaud Camus. Comment la même personne peut elle écrire ce livre (et d’autres) et écrire, dans le programme de son parti politique : « (le parti de l’in-nocence) observe que la souhaitable intégration des immigrés devient très difficile, voire impossible, dès lors que leur nombre est tel, en proportion, qu’il dépasse les capacités intégratrices de la population antérieurement sur place. » et autres gentillesses du même type où les Francais sont (judéo)chrétiens ou pas français…
    source : http://www.in-nocence.org/pages/parti/prog/prog2_Frameset.html

  2. Je n’ai jamais lu R. Camus (Je n’en connaîs que les polémiques satellites), mais quand une cloche sonne, sa voisine se met à vibrer : je pense à « Le lac » de Yasunari Kawabata (1955), le récit d’un garçon qui hante les bords d’un lac à l’affût de demoiselles à suivre, jusqu’à finalement remonter (suite à un incident) à l’une des sources de sa propre histoire… le lac (vous l’aurez compris) ayant joué son rôle de miroir psychanalytique !

  3. BC> Oui je suis dans une identique circonspection. J’ai tellement d’admiration pour son style et son talent littéraire, et en même temps une telle désillusion face à ses positions politiques/philosophiques…

  4. C’est courageux, Matoo, de dire publiquement un mot en faveur de Renaud Camus, un écrivain qui tout en se plaignant de n’avoir que peu de lecteurs, ne fait rien pour les encourager, c’est le moins que l’on puisse dire!

    Il y a ce petit texte d’Emmanuel Carrère, qui en son temps énerva puissamment Camus, et que celui-ci a finalement placé sur son site. Je le trouve très juste: http://perso.wanadoo.fr/renaud.camus/vaisseaux/2-2-3-1.html

    Pour répondre à BC, je crois qu’on a affaire à un cas de « Mister Jekill et Dr Hyde », que ça amuse Camus de dévoiler son côté noir, qu’il est réellement inquiet pour la langue et les paysages français, et que son inconscience concernant le danger (s’il est pris au sérieux par des haineux, ce qu’il n’est pas) de ses prises de position relève de la bêtise la plus profonde (ça m’énerve).

  5. Oui, même chose avec Louis-Ferdinand Céline d’ailleurs… Tiens, si vous êtes des lecteurs du Journal de Fabrice Neaud vous avez dû remarquer que dans son dernier tome paru, Fabrice Neaud prend la défense de Renaud Camus. Perso je n’ai lu que « voyage au bout de la nuit » de Céline, et encore rien de Camus.

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