Miyazaki – Moebius

Encore une expo vue en nocturne, et je le conseille à tout le monde, il n’y a vraiment pas grand monde, c’est super agréable de visiter dans ces conditions. Au début, j’ai eu un peu peur car j’ai presque cru qu’il n’y avait qu’une seule salle avec un documentaire, mais finalement l’exposition est très bien achalandée et intéressante.

Je suis assez fan de Miyazaki dont je connais la plupart des réalisations, quant à Moebius, je connaissais bien ses dessins par quelques bédés lues ado, et puis je savais qu’il avait participé à pas mal de films pour inventer des univers et des personnages de SF. Au départ, la juxtaposition de ces deux auteurs peut paraître incongru, et d’ailleurs jusqu’au bout on voit bien qu’un effet a été créé pour essayer de raconter ce qui les unit ou les différencie mais sans essayer d’en faire tout un pataquès. On a donc un magnifique défilé de dessins dont la beauté, le graphisme et le sens artistique sont époustouflants.

Les auteurs sont à chaque fois présentés ensemble, mais encore plus que côte à côté, l’expo présente les oeuvres de manière encore plus originale : en recto-verso. Peut-être parce qu’on est au musée de la monnaie, on trouve dans chaque salle des sortes de kiosques transparents avec les parois couvertes des dessins des deux auteurs. Un auteur « pile » et un auteur « face ». La salle la plus impressionnant et vraiment celle dont l’effet est particulièrement réussie est la manière dont ils ont agencé la salle principale. Il s’agit d’un double couloir en Yin et Yang, blanc et noir, Miyazaki et Moebius qui s’enroule autour d’un coeur commun, et dont le parcours est à la fois séquentiel, linéaire et sans fin, comme un ruban de Möbius.

Ce modus operandi concourt à restituer le monde onirique des deux dessinateurs, et à véhiculer l’essence même de leur passion (commune). Le plongeon dans ces atmosphères est très agréable, et on découvre en passant que Moebius a contribué au Cinquième Eléments, à Abyss, à Tron etc. tout en s’émerveillant d’avance devant les images du dernier Miyazaki.

Et puis moi, il suffit qu’on me montre Totoro et le Chat-bus pour que je sois émerveillé et scotché comme un môme. D’ailleurs, je n’ai pas résisté à acheter une pièce éditée spécialement pour l’occasion (2 euros la pièce avec Yubaba).

Yubaba - Le voyage de Chihiro - MiyazakiYubaba - Le voyage de Chihiro - Miyazaki

Miyazaki-Moebius - Musée de la monnaie

14 Commentaires

  1. NOOOOOOOOOOOOON NOOOOOOOOOOOOOOOOOOon NOOOOOOOOOOoooonnnnnn…
    tu y es allé aussi…
    :mur:
    Combien de déceptions de ce genre il me faudra avant d’habiter Paris… retournes-y, et prend des photos cette fois.

  2. Mais enfin, Il n’y a pas de quoi en faire un drame: à moins d’habiter vraiment loin, ce n’est pas difficile de passer une journée à Paris pour voir une expo. Au pire, tu trouveras bien quelqu’un pour t’héberger un soir et passer le week-end ;-)
    (Tant de gens font ça pour le boulot que je ne vois pas pourquoi on ne le ferait pas pour le plaisir)

  3. Parce qu’on n’a peut-être pas forcément ni les sous, ni le temps, de partir à Paris, hmmm ?

    Bref, en attendant, cher et doux Matoo… C’est bien beau de nous allécher comme des malades avec du Totoro et du Kiki’s Delivery Service, ou de nous faire pleurer nos mères en nous faisant nous demander où est passé ce satané tome de L’Incal que je sais plus où je l’ai mis, et je l’ai oublié à Nice, et je peux même pas regarder les dessins du dernier tome mystico-psychédélique et c’est pas juste je suis pas content et u-blog qui marche pas et que je veux poster une putain de note de sa race qui déchire tout et que je peux même pas et que … …

    :croa:

    Bref : et si tu donnais plus de détails sur le lieu de l’expo, hein ? Musée de la Monnaie, certes, mais quoi de plus ? Des dates ? Un site ? Des horaires d’ouverture ? Un numéro de téléphone ? (ah, le tiens ? mon mail est là pour ça, mon Matoo :roll: – non, de l’expo, par exemple, pfffff…) Et puis, tant qu’à faire, une ligne de métro, hein ?

    :salut:

  4. Sans les sous on peut faire, y a le stop (j’ai testé, je sais de quoi je parle.) C’est our ça que je disais que le problème était plutôt la distance, le temps, effectivement.
    Mais bon, je me suis peut-être emportée, excusez-moi. Abz paraissait SI désespérée, je voulais lui proposer une solution (j’ai fait des micro-fugues, avant et après mon bac, pour des expos, justement. Personne ne l’a jamais su, j’habitais à une heure et demi de train de Paris (ce qui représente combien en paquets de clopes? Aucune idée))
    Aujourd’hui je ne peux pas passer gare du Nord sans me dire que je pourrais passer la journée à Amsterdam sans que personne ne le sache…
    Enfin bon :boulet:

  5. J’ai hâte d’aller à cette expo: j’adore Miyazaki et j’aime ce que dessine Moebius.
    J’aimerais acheter des bouquins qui réunissent leurs dessins et croquis…C’est possible d’en acheter là-bas ?

  6. Comme je l’ai déjà signalé (je crois), j’ai demandé à mon homme d’inclure la chanson de « Chihiro » dans la liturgie du culte lors de mon inhumation. Miyazaki et moebius (ah!, la série de « L’Incal »…) ont en commun cette étrange légèreté atmosphérique et picturale qui intimement nous rappelle que l’esprit des contes (& légendes) en savent indiciblement toujours plus que la lourde artillerie de certaines oeuvres narratives et palabreuses soucieuses à l’accès de l’effet « ronde – bosse » de leur univers…(dis-je en écoutant le « Traveling Riverside Blues » de Robert Johnson). Les expos (celles à valeur de doublon de l’oeuvre), à l’instar de la plupart des CD « live », ont tendance à m’emmerder passablement. Comme si l’on voulait redresser, empaqueter de rubans baroques (c’est la saison!), ce que nous avions traduit en une langue plus personnelle, sentiment qui ne se produit pas lors d’une expo frontale où nous circulons tels des mômes nus (dis-je en écoutant « Gypsy Woman » de Muddy Waters).
    Quant à ta manie numismatique, Matoo, ça réveille mes vieux songes d’orfèvre : je possède un médaillon sur le thème du « Petit Prince » (le renard s’y frotte à sa jambe tel un chat) que tu risquerais de m’envier…
    PS : 1) Pas trouvé « implémentation » dans mon Robert (terme technique?) 2) Impossible de me remémorer le nom du dessin animé « long métrage » de Moebius, cette histoire de gosse perdu sur une planète habitée d’anges sans visage (dis-je en écoutant « Lay My Burden Down » jaillie de la B.O. de « Feel like going blues »…) 3) Possible d’ajouter un correcteur d’orthographe dans l’encadré des commentaires?)

  7. j’avais remarqué que le matoo cherchait toujours à inclure des beaux mots de la belle langue de notre beau pays, mais je savais pas qu’il allait aussi en piquer chez nos voisins anglais. malgré parfois l’utilisation de mots qui le dépassent:blah:(mais j’adore ton style grrr..), l’utilisation d' »implementation » constitue cette fois une autre paire de manches:langue::mrgreen:

    PS: désolé pour la familiarité mon « matoo », mais c’est dur de t’appeler de manière plus formelle après avoir lu tous ces posts assez intimes.. j’me sens voyeur:redface:

  8. Jonas de Dieppe > Le long-métrage dont tu parles s’appelle Les Maitres du Temps, c’est une adaptation de l’Orphelin de Perdide de Stefan Wul, réalisée par René Laloux, et Moebius s’est chargé de la création des décors et personnages.

    Mon dieu… Je ne connaissais que la « Gypsy Woman » de Crystal Waters, j’ai hooOOoonte :boulet:

  9. Rololololo, vous avez raison, en fait j’utilise « imeuplémènetécheune » tellement souvent au boulot, que j’ai transposé ça comme un sagouin. Voilà… « modus operandi » c’est tellement plus chic ma fille… ;-)

    D’ailleurs, je n’utilise plus non plus « j’ai réalisé » pour dire « je me suis rendu compte » (merci Oli).

  10. Bah, tu peux utiliser « j’ai réalisé » dans son sens anglais: ce n’est pas d’un français bien pur, mais c’est cautionné par Baudelaire… :cool:

  11. Le verbe a aussi d’autres sens, lorsqu’il s’accroche à son cousin,
    le « réalisateur », pendant du metteur en scène de théâtre, mais au
    cinéma. L’emploi « réaliser » un film n’est donc pas contesté, par
    contre la polémique a fait rage à propos du sens « se rendre compte ».

    Il s’agit d’un emprunt au mot anglais « to realize ». L’un des
    premiers emprunteurs semble être Baudelaire, dans sa merveilleuse
    traduction des « Histoires Extraordinaires ». Pas question d’y voir
    un mimétisme inconscient, ou un laisser-aller imitatif : c’est un
    geste intentionnel.

    L’emploi s’est rapidement répandu, malgré de vives oppositions.
    Aujourd’hui, il est toujours contesté, mais très courant, aussi
    bien dans la langue parlée que dans la langue écrite.

    Sans déc, Baudelaire est d’accord alors ?!! Cool ! :cool:

  12. Alice, j’habite en Lorraine-quasi Luxembourg, et je suis pas majeure… en train, Paris fait bien plus de 3 heures, et ça ne se décompte pas en clopes mais en cigares, à ce rythme là. Mais bon, il faut rester stoïque et garder la contenance d’une Rimbaud 2004.

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