Maria, pleine de grâce

Ce film évoque un thème plutôt « classique » puisqu’il s’agit de drogue en Colombie, mais comme Oli le disait, l’intérêt est de s’être focalisé sur des protagonistes dont on a pas l’habitude, plutôt que de signer un énième film hollywoodien sur les cartels de la drogue. Il s’agit de l’épopée d’une jeune fille qui passe de la drogue de Bogotá à New York.

Elle est une « mule », c’est-à-dire une personne qui avale des capsules étanches de drogue afin de faire passer ces substances de Colombie aux USA. A la base, elle avait une vie assez réglée, qui ne lui convenait pas vraiment mais dont elle s’accommodait. Elle travaille dans une usine à fleurs, où elle ôte les épines des roses toute la journée à la chaîne, elle a un petit copain, elle sort avec ses amis et donne la majorité de son maigre pécule à sa famille dans le besoin. Et puis voilà qu’elle découvre qu’elle est enceinte de son petit-ami. Elle ne l’aime pas, et réciproquement, alors elle ne l’épouse pas comme cela aurait du se faire. Et puis elle quitte son job sur un coup de tête. Maria est une battante, mais aussi une fille-femme têtue et indépendante.

Une rencontre inopinée la met sur le chemin d’un petit malfrat qui lui propose de faire la « mule » pour une belle somme d’argent. Elle en a besoin, elle accepte.

S’ensuit alors toute cette procédure barbare et douloureuse qui consiste à ingérer à jeun près d’une centaine de ces capsules de poudre, et puis la peur de ce processus et la terreur qui monte à l’idée du danger que cela représente (la prison, la mort si une capsule s’ouvre, les menaces sur la famille). On suit avec autant de frayeur qu’elle ces étapes, et cette jeune actrice est excellente. Son angoisse monte en puissance en même temps que celle du spectateur. Et c’est bien une victime, une victime qui pourrait être arrêtée ou mourir, mais qui a bien conscience de commettre un crime. Ce que la pauvreté peut amener à faire faire aux gens… Elle n’a pas vraiment le choix, alors elle rassemble toutes ses forces, et elle avance, avec le coeur de son foetus qui bat en elle.

Comme Oli, je pense aussi qu’ils auraient pu en faire un film d’une ampleur bien plus importante, mais cela reste une petite oeuvre indépendante avec beaucoup de charme et de force.

Maria, pleine de grâce

4 Commentaires

  1. La première partie du film est enlevée, les personnages un peu creusés, on aime. Mais malheureusement la seconde s’enlise dans la facilité, et on reste sur sa faim. La chute est bien « américaine », avec tout ce côté consensuel.
    Mais ça reste un joli petit film :)

  2. Loin des clichés et du pathos propres à ce genre de « low-budget movie made for sundance » (le Festival). Et deux « pouces levés » pour l’actrice principale du film : Catalina Sandino Moreno !(espérons qu’elle ne sera pas condamnée à jouer les latinas de service, si Hollywood lui fait les yeux doux…)

  3. C’est un très bon film;je ne vois pas bien ce que la chute a de proprement « hollywoodien »,il faudra m’expliquer(elle reste vivre aux USA,bah vi,on la comprend un peu,vu la vie qu’elle se paye en Colombie.Aux USA,tout ne sera pas plus simple,c’est sur,mais au moins elle n’aura plus a se coltiner sa copine grosse lol).Je retiens surtout la tension terrible de la scène d’avion,et le visage illuminé de l’actrice principale.

  4. Ce qu’elle a d’holywoodien ? Et bien tout en fait ! L’héroïne, jeune et belle, est la représentante des bonnes valeurs (notamment quand elle risque sa peau en réclamant l’argent pour les funérailles de son amie). C’est bien sûr elle, la femme intelligente et pleine d’humanité, qui commence une nouvelle vie (avec le symbole ultra-classique de l’enfant qu’elle porte), alors que la copine grosse, moche et un peu bétasse retourne à sa vie de misère. Si ce n’est pas américain ça !:-)

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Petite opération antispam à résoudre : * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

:bye: 
:good: 
:negative:  
:scratch: 
:wacko:  
:yahoo: 
B-) 
:heart: 
:rose:   
:-) 
:whistle: 
:yes: 
:cry: 
:mail:   
:-(     
:unsure:  
;-)  
 
Partages