CDAG

Hier matin quand je suis arrivé au boulot, j’ai comme eu une révélation. Et ma première phrase à mon boss, après les traditionnels voeux, fut : « Tiens au fait, demain je dois prendre ma journée ! ». Ah oui ce n’était pas possible autrement. Cette journée de reprise nous a en plus grillé un jour de beau temps hivernal tel que je les aime.

Et puis cela tombait bien puisque nous avions décidé d’aller nous faire dépister, X. et moi, ensemble ce matin. Aussi mon chéri a dormi chez moi la nuit dernière, et nous sommes allés au CDAG (Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit) de la rue de Valois en choeur. Je vais dans le même CDAG depuis que je suis sur Paris, et c’est drôle car lorsque j’en parle aux gens, je me rends compte que c’est la même chose pour tout le monde. « Ah ouai, il est comment celui de la rue machin ? Ah non, moi je suis un habitué de la rue bidule. ».

Ce n’est pas comme si j’y allais tous les quatre matins, mais par exemple après avoir rompu avec M., j’en ai fait un. Et à présent que je suis en couple, ça me paraît normal d’aller y refaire un tour en duo. Il reste toujours cette satanée question du préservatif ou pas dans le cadre du couple « fidèle ». Oui « fidèle » et pas fidèle, puisque cette notion est finalement toute relative. On ne peut jamais être sûr à 100% du comportement de l’autre, sachant que s’il y a tromperie c’est « évidemment » lors d’un rapport protégé. Encore une fois c’est « évidemment », et pas évidemment.

A priori, rien de neuf au CDAG. Ah si, à chaque fois je me débrouille pour sortir une énormité qui inquiète l’infirmière. Là par exemple, on discute un bout, et en évoquant l’hépatite C, elle subodore que je n’en connais pas le mode de contamination. Argh, je croyais que c’était exactement comme le HIV, par voies sanguines et sexuelles. Or pas du tout, c’est uniquement par le sang. Bon, j’aurais appris quelque chose. Et puis lorsqu’elle me demande si j’ai pris des risques, je réponds : « Potentiellement oui, si vous prenez en compte le fait que j’ai pratiqué la fellation sans protection. ». Ce à quoi elle me rétorque glaciale : « Oui c’est donc un risque réel. C’est bien de se faire tester ». Et je lui dis en rigolant : « Merci de me rassurer ! ». Et elle conclut avec un grand sourire narquois et rigolard : « Mais je vous en prie, c’est mon travail. ». Ah la bougresse ! Mais bon, elle a raison.

Et le conseil du médecin est toujours le même… garder le préservatif même lorsque vous êtes en couple. C’est un conseil que nous avions déjà eu avec M., mais que nous n’avions pas suivi. Je garde en tête le fait que les escapades si elles doivent avoir lieu doivent être protégées.

Mais les fellations ? Je sais que certains ne sucent et ne se font sucer qu’avec capotes, ce à quoi je n’ai pas encore pu me résoudre. Je ne sais pas jusqu’où j’ai tort. Cela me ferait chier de découvrir un jour, que j’ai eu tort jusque « là ».

24 Commentaires

  1. Ce qui est marrant, c’est qu’un ami s’est fait dépister, et que l’infirmière et le médecin lui ont dit que sucer sans capotes ça n’allait pas très loin, à moins d’avoir une énorme gingivitte ou rage de dents ! En même temps, j’ai rarement envie de sucer un keum quand je veux m’arracher la bouche à cause de la douleur…

  2. Il me semble qu’il demeure quand même une grande incertitude, vis-à-vis du HIV… Je veux dire pour « Monsieur tout le monde ». Et même si « Monsieur tout le monde » est pédé. Une incertitude qui fait « qu’on » ne sait pas vraiment comment se transmet le virus. On ne sait pas bien.

    En même temps, je parle pour moi… Mais après une brève enquête autour de moi, je m’étais rendu compte que cette incertitude était réelle et partagée (homos ou hétéros).

    Par exemple, si, moi, je fais une fellation à un mec, comment et par quoi puis-je l’attraper ? Par la salive, non (ça me fait penser à un truc qu’avait dit Le Pen dans une interview à la radio, je fais la parenthèse après). Mais alors, par le sang, donc ? C’est-à-dire si la personne a des micro-plaies sur son pénis et que j’ai aussi des plaies dans la bouche ? Ou est-ce par le sperme du mec s’il éjacule dans ma bouche et que j’ai des plaies ? Et si je l’avale, le sperme, est-ce qu’il y davantage de risques ?

    Inversons la situation : si je me fais sucer. Dans ce cas, est-ce que je cours aussi des risques si la personne a des plaies dans sa bouche ? Est-ce qu’il peut alors me transmettre le HIV si j’ai des micro-plaies sur mon pénis, ou est-ce que ça passe par le « p’tit trou » ?

    Quid ?

    Même chose pour la sodomie : qu’est-ce qui véhicule le HIV et comment ? Si je suis actif, et que le mec a le HIV, comment est-ce que je l’attrappe ? Même question si je suis passif : est-ce le sperme du mec qui me le transmet ou sa simple présence en moi ?

    Plus pratiquement, maintenant : est-ce qu’on a souvent des micro-plaies à son pénis ? Est-ce qu’on a toujours des micro-plaies à l’anus ?

    Tant de questions et d’incertitudes, finalement… On a certes des informations générales sur « Protégez-vous, mettez une capote pour tous les actes sexuels, ça se transmet par le sang et par le sperme », mais comment, concrètement ?

    Après avoir fait un détour par Google à plusieurs reprises, je n’ai toujours pas de réponse.

    Je sens qu’un jour, je vais appeler Sida Info Service et leur poser toutes les questions en détails, et je ferai une note sur mon blog.

    Ceci dit, mon Matoo, ton dépistage préventif pour partage me rappelle ce que j’ai fait avec mon petit-ami Arnaud, afin que nous puissions avoir des rapports non-protégés, qui accordent tout de même un sacré confort supplémentaire… Comme me le disait une copine : « Le plastique, c’est fantastique, mais ça va 5 minutes »… :langue: Et si le Pape a tort, il n’en demeure pas moins que la fidélité compréhensive est, me semble-t-il, une bonne façon d’assurer un confort dans le rapport sexuel. Je reprendrai alors les propos du Pape (ou ne les reprendrai pas, d’ailleurs…) en changeant « abstinence » par « fidélité »… voir « exclusivité ». C’est beaucoup mieux.

    Ah, pour finir, la petite anecdote vis-à-vis de Môssieur Le Pen. Un jour lointain, il était interviewé à la radio avec un autre homme politique (de gauche) qui m’échappe. Ca se passait aux « débuts » de l’identification des modes de transmission du HIV et où on expliquait que ni la poignée de main, ni la salive, ne permettaient la transmission du virus. Si je me souviens bien, Le Pen arguait alors qu’il s’agissait d’un mensonge et qu’on ne disait cela (pour la salive) que pour éviter d’isoler les malades et, a forciori, par généralisation, les homosexuels (qui demeurent une « sale race », pour Monsieur Le Pen, malgré ses dernières envolées populistes sur la question du mariage gay). Bref, le mec de gauche réagit avec véhémence et dit à Le Pen qu’il dit n’importe quoi. Le Pen réagit, toujours avec sa verve machiavélique, et dit alors au mec : « Eh bien, dans ce cas, je vous propose de prélever de la salive d’un sidaïque, et de vous l’injecter dans le sang avec une seringue. Vous êtes d’accord pour le faire médiatiquement ? ». Le mec de gauche avait, évidemment, balbutié qu’il était hors de question de faire cela, que c’était absurde, qu’il ne jouerait pas le petit jeu de Le Pen, etc. Mais Le Pen avait, du coup, par le refus du mec, remporté la joute verbale. C’est tellement con qu’il aurait suffi de répondre (mais encore eut-il fallu y penser) qu’injecter une seringue de salive de n’importe quel individu dans les veines de n’importe quel individu, était, de toute façon, très dangereux… Mais encore eut-il fallu ne pas être tétanisé devant l’aversion légitime et irrationnelle au virus, même si on sait que la salive ne transmet pas le HIV…

    Fin du commentaire, ouf ! :salut:

  3. Ah, j’oubliais… Faîtes gaffe si vous pensez être vacciné contre l’Hépatite B : ce n’est pas toujours évident et il est indispensable de faire contrôler son taux d’anticorps pour vérifier que le vaccin a pris. Car cette note de dépistage me rappelle une des premières notes que j’avais écrites, il y a un an, à propos d’un défaut d’information et d’une erreur de mon centre de dépistage gratuit :

    http://www.u-blog.net/urobore/note/9

    :hum:

  4. Quand j’y suis allé la semaine dernière (moi j’ai changé, au fait, j’allais à la Salepêtrière, parce que c’était proche de mon boulot d’avant… maintenant je vais à l’institut machin rue saint-jacques, c’est sur le chemin de mon nouveau boulot :p), le médecin qui me sort un « vous ne pratiquez ***jamais*** la fellation avec préservatif ? » ce à quoi je réponds « ben, non ». Et que me dit-elle ? Ben vous savez, le monsieur avant vous, dont j’avais bien vu la gueule défaite, c’est par là qu’il s’est fait contaminer »… merci le sercret médical (d’une) et sympa pour moi (de l’autre)…
    Quand à « fidélité » ou pas, j’imagine que tu connais ma positiion (hum…), et le « évidemment » avec capote, aussi… l’ennui c’est que… ben il y a les accidents de capotes (et pas que celui qui m’est arrivé récemment).
    Ceci dit, je suis aussi pour la capote en couple… pour une raison évidente (vu mes « écart ») mais je sais très bien la différence entre « avec » ou « sans », vu que j’ai déjà été suffisamment fidèle et sain pour le faire :)
    Vous avez vu, à ce sujet la nouvelle campagne (vu au Bears’den, forcément) sur le couple « ouvert » et la dicussion suite à une prise de risque de l’un des deux ?
    Enfin quoi qu’il en soit, comme à chaque fois, je crois e les doigts, pour vous comme pour moi…

  5. Et pis, Urobore, moi, c’est surtout la perte de mes prises de sang qui m’a superbement énervé. C’est la troisième ou quatrième fois qu’on me fait le coup (les autres fois c’était négatif… cette fois, j’attends les résultats pour vendredi… putain j’ai les boules)

  6. Je suis content du commentaire de Urobore… J’suis rassuré !!! Si j’ai bien compris, il suffit que je regarde avec une loupe ma teub avant d’aller au dépot ??? Si pas de coupure, pas de capote !!!!
    Youpi
    :doute:

  7. Plusieurs points :
    – La fellation sans capote est un vrai risque, même passive. C’est d’ailleurs le seul que je prenais, avant d’être contaminé. J’en ai rencontré d’autres, d’ailleurs, depuis.
    – Quand on parle de micro-plaies, elles ne sont pas visibles à l’oeil nu. iI ne suffit pas de regarder sa bite pour savoir que tout va bien. C’est pas si chiant de mettre une capote, franchement. Et de toute façon, c’est la seule manière de protéger ses partenaires et de se protéger.
    – L’hépatite C peut aussi se transmettre par voie sexuelle. Le risque existe, en particulier en cas de pratiques hard (fist). Il semblerait qu’une syphillis puisse favoriser la transmission de manière sexuelle. Plus d’info dans le dernier têtu… ;)

  8. Bon mais du coup, qu’avez vous tiré comme conclusion toi et X ? En cas de papillonnage ? Vous suceriez avec capote ? Vous etes allez au bout de ton raisonnement en parlant clairement de cela ou vous vous etes arreté en chemin ? Dire si on se trompe on se protege reste vague par rapport a ce point ? Etes vous finalement resté dans le vague (on se protege si on va ailleurs, sans préciser si c’est uniquement pour la pénétration ou également pour la fellation) ou avez vous clairement établit qu’en cas de tromperie vous vous engagez a mettre une capote en cas de fellation également ? J’ai l’impression que vous etes pas allé jusqu’au bout du raisonnement a moins que ?

  9. C’est malheureux, mais pour vivre il faut prendre des risques, sinon tu vis plus !
    Ceux qui se jettent en parachute pour s’envoyer en l’air depuis un avion, ils se demandent pas si c’est une pratique à risque ou pas. Ils aiment ca, ils sont conscients des risques, ils s’en remettent à celui qu’a fabriqué le parachute.
    Ce qui est important, c’est de savoir si toi t’es un risque pour l’autre.

    En même temps, jdis ca, je suis pas hiv positif.

  10. Contrairement à ce que je lis un peu plus haut (urobore je crois), le mode de contamination est parfaitement connu: pour qu’il y ait transmission possible du virus, il faut un agent contaminant au niveau d’une porte d’entrée.

    * les agents contaminents: le sperme, le sang, les sécrétions sexuelles (mais pas la salive)
    * les portes d’entrées: les muqueuses (bouche, gland, anus), ou bien une plaie (ou bien évidemment les veines dans le cas des toxicomanes)

    La fellation est donc un risque pour celui qui suce; pour celui qui se fait sucer, c’est moins évident, à moins de plaies dans la bouche (pas forcément visibles il est vrai), d’autant que la salive aurait de vagues vertus anti-hiv (j’imagine que dans ce sens-là le risque est infime mais non nul)

    d’après ce qu’on dit, il faut absolument éviter d’avoir du sperme dans la bouche, par contre les sécrétions qui précédent l’éjaculation contiennent le virus en une quantité très inférieure, donc le risque est moindre; après, chacun mais son critère d’admissibilité où il veut bien entendu.

  11. Hop, hop, attention, ne me faîtes pas dire ce que je n’ai pas dit : je n’ai pas dit que la science médicale n’était pas informée ; j’ai dit que « Monsieur tout le monde » ne sait pas, m’incluant dans cette catégorie.

    Mon commentaire était un commentaire de questions et non d’affirmations (je n’ai d’ailleurs pas compris pourquoi « paumé » l’a relevé de cette façon ?).

    Et je suis très heureux de tes explications, nycboy, cela répond bien à mes questions. Merci ! :salut:

  12. La question qui me tracasse (et que je n’ose poser de peur de passer pour une gourde) est la suivante: quelle est la fiabilité d’un test fait, mettons 24h, après un rapport à risque? N’y a-t-il pas un temps minimum d’incubation?
    En d’autres termes, un test négatif signifie-t-il qu’on était négatif un mois avant le test, trois jours avant, au moment de la prise de sang?

  13. Pire que cela… les tests qu’on fait dans les CDAG ne sont valables (sûrs) que pour une infection qui date de 3 mois. Le processus c’est donc de le faire une première fois, puis trois mois après une seconde, et ensuite seulement envisager un « décapotage ». ;-)

  14. Euh pour etre plus précis que mon cher et tendre ex qui ballade son nouveau dans les parcs (niourf), la réalité en termes de test est autre maintenant (dis donc, t’es sur que t’es allé rue de Vallois toi ?) :

    Maintenant, il y a deux types de test que tu peux passer en simultané (normalement on te le propose spontanément) :

    Si tu prends un risque un jour J (genre t’as pris du chrystal, tu te fais baiser pendant 15 heures et au bout de 725 préservatifs, tu en aspires une par mégarde) et bien trois semaines apres, tu peux faire un test (m’enfin a ce stade mieux vaut faire un traitement post exposition des le lendemain mais bon c’est pour l’exemple) ce test te dis a 80% si tu as chopé un truc dans le mois précédent l=ce test (ca ne recherche pas les anti corps mais le virus en tant que tel).

    le deuxième test (classique) te dit si 3 mois avant (à 99%) tu a chopé un truc.

    C’est clair ? hum.
    Bref…la fidélité peut finalement paraitre plus simple.
    Ou tu peux finir par des argumentations scabreuses du type « si je te trompe je me ferai sodomiser car sucer c’est trop risquer ». Arf Gn. Pas tres romantique toussa ;-)

  15. C’est pénible ces tests… Moi je recule sans arrêt le moment où j’irai… Sans doute lors de mon prochain retour en France… En fait, j’suis pas pressé de connaitre les résultats… En attendant, je tâche de protéger mes quelques rares partenaires et moi, au cas où… Mais c’est un sujet qui me tracasse… En tout cas, c’est bien de l’avoir fait.

    Bisou

  16. ça aurait pu faire un joli titre de film ça non ? « Il suce, l’autre pas ».
    Blague à part, dès qu’on se met à y réfléchir deux minutes, on en mène pas large quand même…:mur:

  17. question taille parles pour toi ;-)
    mais t’as raison, c complexe. d’ou l’importance d’en parler pour essayer d’etre le plus clair possible avec soi meme et avec l’autre.

  18. :joker: Slt à tous. Petite info et de taille. Je n’ai jamais été;
    pour des raisons strictement perso, un adepte de la sodomie. J’ai
    donc pratiqué la fellation; souvent et rarement avec protection. Et
    bien, pour repondre aux gens qui s’interrogent encore ou qui laissent
    planer le doute. Je suis S+ depuis maintenant presque 9 mois. Je vous
    laisse en tirer des conclusions.

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