New York et l'art moderne. Alfred Stieglitz et son cercle (1905-1930).

Cette exposition du musée d’Orsay est plutôt originale puisqu’elle a pour sujet cet homme, Alfred Stieglitz, qui est avant-tout un galeriste new-yorkais très au fait de l’avant-garde de l’art contemporain, en plus d’être un talentueux photographe. L’expo présente alors son travail et son exploration artistique dans le domaine de la photo, mais aussi résume son activité de galeriste en évoquant les différentes expositions qu’il a lui même organisé. On peut donc voir les différents artistes et mouvements dont il a fait la promotion aux USA à travers l’exposition des oeuvres (ou des oeuvres approchantes, d’une même veine) qui ont fait la réputation de la « galerie 291 » pendant toute la première moitié du 20ème siècle.

Le début et la fin de l’expo se focalise plus sur les photos de Stieglitz, et le reste est plus consacré aux oeuvres de ses expos, on y voit alors du Rodin, Picasso, Cézanne, Matisse Braque, Kandinsky (avec quelques magnifiques peintures exposées, mais je ne suis pas objectif) ou Brancusi, et plus tard des artistes abstraits et modernes américains qu’il a contribué à lancer (dont sa compagne Georgia O’Keeffe). On comprend donc rapidement qu’il était un homme extrêmement précurseur et assoiffé d’art moderne. On trouve en effet dans ses expositions tout ce qui se fait dans le genre, tout ce qui est le moins conventionnel en peinture, et parfois scandaleux selon les normes de l’époque (il expose même la « Fontaine » de Duchamp).

J’ai beaucoup aimé certaines de ses photos, notamment parce qu’il explore toutes les techniques possibles de tirage et leurs effets singuliers. J’ai retenu surtout le tirage au charbon qui rend les noirs avec une profondeur dingue et donne beaucoup de solennité et d’ambiance aux photographies (en permettant de profiter au maximum des jeux d’ombres), et celui à la gomme bichromatée qui donne là des tonalités de vert vraiment impressionnantes et très belles. J’ai retenu ces deux termes, et voici donc leurs explications techniques.

Le tirage au charbon
(1860)
C’est un procédé pigmentaire.
Un papier est recouvert d’une mixtion comprenant de la gélatine, du sucre, du savon, de la glycérine et un pigment qui peut être du noir de fumée, de la terre de sienne, etc… et qui donnera la couleur finale de l’image.
Ce papier est sensibilisé au bichromate de potassium et exposé derrière un négatif.
Mis en contact avec un autre papier (appelé papier transfert) les pigments vont être transférés sur cet autre papier pour former l’image définitive.
La matière d’une photographie au charbon est très belle et inaltérable.

Le tirage à la gomme bichromatée
(Procédé pigmentaire – 1858 – J. POUNCY.)
Sur une feuille de papier dessin on applique une émulsion composée de gomme arabique et de bichromate de potassium additionnée de pigments, de gouache ou d’aquarelle (produits naturels se dissolvant dans l’eau).
Exposé sous un négatif au soleil ou sous une lampe U.V., le papier est ensuite dépouillé dans de l’eau.
Les pigments non exposés à la lumière tombés au fond de la cuvette, laissant l’image apparaître toute seule dans le cas d’une bonne exposition.
C’est aussi un procédé à image apparente et on peut contrôler l’exposition de l’image au fur et à mesure du temps.

Alfred Stieglitz a créé le mouvement Photo-Sécession pour se regrouper avec d’autres photographes de la même veine. J’aime beaucoup ses portraits ou ses démarches plus originales comme celle qui consiste à photographier des parties du corps de Georgia O’Keeffe. Je suis beaucoup moins sensible à des photos « inertes » de paysages par exemple qui vraiment ne m’évoquent pas grand chose.

C’est une exposition assez fournie et plutôt bien faite, qui permet de rentrer dans l’univers de cet homme, qui devait être un sacré bonhomme, drôlement en avance sur son temps. Je n’avais jamais entendu parlé de lui, mais j’ai lu, et je le crois maintenant, qu’il fut un des pionniers de l’art moderne aux Etats-Unis et un formidable catalyseur des courants avant-gardistes dans son pays.

New York et l'art moderne. Alfred Stieglitz et son cercle (1905-1930).

Oli fait genre elle n’était pas poilue Georgia O’Keeffe… je suis désolé mais quand même :

Georgia O'Keeffe nue par Alfred Stieglitz

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