Garçon stupide

Il est toujours un peu délicat d’évoquer des films tellement étiquetés gay. On peut se retrouver à y voir des choses bien uniquement parce que l’homosexualité y est présente. Or, la pédésexualité n’est pas la pierre philosophale du cinéma. La plupart du temps je considère que si un même film transposé dans un univers hétéro est nul, alors ce n’est pas en en faisant un film pédé qu’on le transmute en chef d’oeuvre. Dans ce cas précis, on est dans un film où le personnage central est bien un homo, mais dont son orientation sexuelle n’est qu’un trait supplémentaire à un caractère singulier et à une histoire plus globale.

Je n’ai pas trouvé que le film était une réussite complète, mais il commence plutôt mal, et s’améliore petit à petit en découvrant quelques pépites qui méritent qu’on s’y attarde. On peut rapidement passer sur les scènes qui justifient que ce soit un film « homo », c’est-à-dire les scènes de plan cul un peu trashy, le joli corps et la belle gueule du héros, les séances de tchat’ sur les réseaux, les rencontres impromptues etc. Alors, on évolue dans l’univers de Loïc qui est un jeune garçon paumé, qui bosse dans une usine de chocolat, et donc les loisirs tournent autour de ses plans cul, et de son amie Marie avec qui il entretient une relation ambiguë. Le héros porte bien le titre du film puisqu’il justifie à plusieurs reprises quelques faiblesses culturelles qui ont bien fait rire la majorité de la salle (il ne sait pas qui est Hitler ou ce qu’est l’Impressionnisme).

Il ne sait vraiment pas quoi faire de sa vie. Il prend des photos avec son mobile, et c’est à peu près la seule activité intellectuelle ou artistique qu’il développe. Avec son amie, il est vraiment space. Il lui raconte ses plans avec moult détails pour la choquer ou la dégoûter, en même temps qu’il lui voue un amour étrange, avec beaucoup de jalousie et de possessivité.

Dans le film, l’intrigue se nourrit de trois événements majeurs. Il rencontre un type et démarre une sorte de relation amicale étrange. On ne voit le mec qu’en caméra subjective qui regarde Loïc et qui discute avec, presque sous la forme d’un documentaire. Le mec cherche à s’intéresser à Loïc, ce qui trouble énormément ce dernier, puisque cela ne fait pas du tout partie du processus de rencontre habituelle (de la baise chirurgicale et anonyme), et remet en question ses credo en la matière. Ensuite, il se prend d’une passion singulière et obsessionnelle pour un joueur de foot, une « star » locale du ballon rond qui s’appelle Rui Pedro Alves qu’il suit et photographie. Loïc fantasme simplement sur ce mec, son job, son statut, sa popularité, sa famille, son physique… Enfin, un truc un peu plus étrange (et maladroit en terme de narration) est le suicide de Marie qui bouleverse complètement Loïc.

Donc le film prend un peu plus de substance à mesure que le personnage évolue et se découvre. Mais ça ne va pas bien loin, et ce n’est pas non plus superbement joué.

Garçon Stupide

12 Commentaires

  1. Je suis plutôt d’accord avec toi, même si je trouve que sa relation avec Rui est complètement tirée par les cheveux. Par contre j’aime bien ton critère sur les films « homos », je le réemploierai :langue:

  2. Freaky> Rhooo merde t’as raison je crois !!! :gene: J’ai honte. Mais alors c’est vraiment ridicule… le faux sentiment de culpabilité lié à ça en plus… Pfiouu :roll:

  3. sauf erreur de ma part, marie a une corde autour du cou lorsqu’il la retrouve sur le sol de la salle de bain, le sang au bord des lèvres… et puis elle est pas du tout en tenue pour faire des exercices à la barre.

  4. Je ne comprends pas ton critère pour déterminer si un film « gay » est réussi ou non… est-ce que ça veut dire que l’univers hétéro dont tu parles reste et restera toujours l’élément de comparaison, la « norme » en fonction de laquelle un jugement sera émis ? Et que penser alors lorsque cette transposition est impossible ?

  5. Vincent> En fait, je me suis relu justement et je trouve qu’en effet c’est très con ce que j’ai dit. :mrgreen:
    Certains films ne peuvent traiter que de l’homosexualité et être excellents comme « Beautiful Thing », et clairemnet la version hétéro ne donnerait rien. Tandis que d’autres films peuvent avoir un personnage homo ou bien une problématique homo qui les rendent plus intéressants comme « My beautiful launderette » par exemple. Et sinon, je n’imagine pas trop de version hétéro de « Priscilla » non plus… :-)

    Donc tu as raison (et merci), les films sont à juger aussi en contexte, et un film peut être bidon ou pas sans considération de sa « tonalité » sexuelle.

    moi = :boulet:

  6. Je ne suis pas sûr que le début du film puisse aisément être transposé au monde hétéro, même si le sexe sans visage est uassi de plus en plus transposé dans ce monde là (on y perd ainsi une de nos singularités… mais je m’égare).

    Il se trouve que j’ai bien aimé ce film, parce que le côté « doc » – qui fait que oui, les acteurs non professionnels, ne savent pas jouer ; et que le côté naPif du personnage, point essentiel du récit, est plus important ainsi.

    A chacun d’y voir ce qu’il veut ; j’ai bien aimé, je n’ai pas trouvé ça génial non plus, mais il m’apparaissait intéressant de voir un personnage complètement en dehors de tout un monde que je connais (disons avec un mimimum culturel) pouvait malgré tout évoluer !

    Quant au suicide, l’idée est al suivante : elle tente de se suicide, y parviens, mais pas comme elle le pensait puisqu’elle se fracasse le crâne contre le carelage pluot que de réussir à se pendre…

    Sinon, globalement, ce n’est pas un navet, ce n’est pas un futur film culte, j’ai bien aimé, c’est tout ; et je pense que ce qui me l’a fait aimer repose justement sur la naïveté essentielle. Et sur les dernières images du film entre les deux mecs dans la grande roue (mais c’est trop ..; fleur bleue peut-être)

  7. Le garcon étrange avec lequel il sympathise est Lionel, c’est lui qu’on voit à la fin (ce rôle est joué par Lionel Baier, le réalisateur du film).
    Comme précisé ci-avant, les acteurs sont non-professionels, ceci expliquant certaines maladresses. J’ai bien aimé.

  8. et c’est un film suisse :ok:!! dont certaines scènes ont été tournées à Lausanne… rhaaa là là j’aime trop cette ville. Faudra que j’aille voir ce film tiens. A+

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