Kyoto de un à dix

Nous avions une après-midi et une journée pour découvrir Kyoto. Prenant en compte ces contraintes, notre collègue Mikiko nous avait proposé un petit itinéraire que Marc et moi avons scrupuleusement suivi. Ainsi, en ces dix étapes, je vous invite à suivre mon itinéraire dans Kyoto avec ces quelques clichés et impressions. Evidemment, je ne dis pas que c’est la meilleure des solutions pour visiter la ville, je n’ai vraiment étudié aucun guide et seulement pris les conseils, que j’espère éclairés, de cette collègue japonaise. En tout cas, cela nous a permis de couvrir en ce jour et demi l’ouest, puis l’est de Kyoto qui regorge de temples et de lieux sacrés typiques.

Nous voulions visiter les Pavillon d’Or et d’Argent et marcher le plus possible pour voir un peu la ville, et c’est exactement ce que nous a permis ce petit périple. Je ne peux même pas vraiment évoquer les valeurs historiques des monuments vu que je ne les connais pas, ou disons que mon incurie en la matière n’a pas aidé non plus. Il est vrai qu’en repères historiques sur le Japon, je suis une vraie bille. Donc les commentaires très avisés qui nous informaient d’un style Edo pour le toit, puis Meiji pour la charpente et Mescouilles pour les paravents ne m’a malheureusement pas beaucoup aidé à jouer le touriste intelligent et cultivé. Mais après tout, je n’avais pas l’intention d’autre chose, et ce week-end était une parenthèse de loisir sur un voyage de business, donc je ne me suis pas pris la tête.

Je suis donc resté dans la simple observation et dans l’attitude ostentatoire la plus béate. Et il y avait de quoi faire avec des temples et des jardins magnifiques dont la beauté suffisait à mon plaisir. J’avoue que maintenant j’y retournerais bien avec un guide qui pourrait me compter par le menu les différences entre chaque style et l’histoire liée à ces endroits.

Nous avons commencé par l’ouest car nous avions seulement une après-midi, et en comparant les deux parties de la ville, il était raisonnable de commencer par ces trois étapes. Nous nous sommes donc rendus en métro à « Kuramaguchi Station » histoire de marcher un peu dans la ville, et voir à quoi cela ressemble, en nous dirigeant vers l’ouest vers le Temple Kinkakuji aussi appelé le Pavillon d’Or (N°1 sur le plan).

Plan de l

En marchant dans cette ville, j’ai eu la même surprise que j’ai pu avoir à Tokyo, c’est-à-dire que c’est plutôt moche et d’un urbanisme assez terrible. Et ces putains de fils électriques dont j’ai déjà parlé ! Donc Kyoto est assez déroutant par le contraste farouche qui oppose des temples et des lieux sacrés à la beauté d’une incroyable transcendance et comme suspendus dans le temps, avec des morceaux de ville affreux et à l’architecture erratique. Je sais que je suis un peu catégorique, mais c’est vraiment ce que j’ai ressenti. Un peu ce que doit ressentir je suppose un japonais qui pense que Paris est totalement conforme aux images d’Épinal formées par le Louvre, le pont des Arts et les immeubles Haussmanniens, et qui se retrouve aux abords du périph. Mais Paris me parait un peu mieux achalandé en beaux quartiers.

Nous arrivons donc au Kinkakuji, et voilà la merveille :

Kinkakuji - Pavillon d Kinkakuji - Pavillon d

Je pensais que l’or ferait un peu kitsch mais c’est tellement bluffant que ça passe très bien. Et puis l’écrin de verdure et de quiétude qui embrasse le tout aide à rendre toute son humilité au clinquant bâtiment.

Une petite vue d’un jardin qui entoure le Temple donc le lieu en lui-même est beaucoup plus vaste (comme on peut voir sur le plan avec la surface verte).

Kinkakuji - Pavillon d

Ensuite, nous nous sommes dirigés vers le Temple Ryoanji (N°2 sur la carte) avec son fameux jardin zen et ses 15 rocs. Le parcours jusqu’au temple est assez joli, et même si nous étions encore trop tôt dans la saison pour profiter des arbres en fleurs, nous avons eu droit à quelques chouettes bourgeons en éclosion. Et un bouddha dont la posture et le visage m’a énormément plu et impressionné :

Temple Ryoanji - Kyoto Temple Ryoanji - Kyoto

Le Temple n’est pas extraordinaire, mais il est doté d’un jardin zen intérieur dont la notoriété est grande. La pancarte qui parle du jardin prévient les visiteurs qu’il ne s’agit que de 15 rochers et d’un sol caillouteux, mais qu’il faut se laisser porter par la beauté formelle de l’endroit, et laisser vagabonder son imagination. Ainsi, on a vraiment l’impression de lire un écriteau d’une oeuvre de Beaubourg. Je suis très impressionné par la capacité des japonais à avoir intégré extrêmement tôt les notions d’abstraction, de dépouillement et de pureté dans leurs jardins, temples, et exemple suprême dans ce genre de jardin zen. Alors à première vue, ça ne casse pas des briques, mais c’est vrai que c’est très très fort…

Temple Ryoanji - Kyoto

Derrière, il y a une série de jardins de styles différents dont j’ai gardé quelques images, vous pourrez voir le niveau de floraison du moment…

Temple Ryoanji - Kyoto Temple Ryoanji - Kyoto

On est ensuite allé plein est vers le Palais Impérial (N°3 sur le plan), mais on est arrive un peu tard puisque tout était fermé. Donc je ne peux pas dire grand-chose, sinon que ça a l’air assez impressionnant de l’extérieur.

Le lendemain, nous avons donc attaqué l’est de la ville, en nous rendant à Gojozaka en taxi, puis en marchant du sud vers le nord.

Plan de l

D’abord, le Temple Kiyomizu (N°4 sur le plan) qui ressemble beaucoup à ce que j’imaginais des temples nippons (ou peut-être chinois… je ne sais pas trop) avec à l’entrée de la zone cette couleur orange et ces grands portiques. C’est un grand espace avec pas mal de bâtiments sacrés et de chemins pour les lier les uns aux autres.

Temple Kiyomizu - Kyoto Temple Kiyomizu - Kyoto Temple Kiyomizu - Kyoto

Temple Kiyomizu - Kyoto Temple Kiyomizu - Kyoto

C’est un bel endroit, surtout grâce aux hauteurs sur lesquels il est perché, on a ainsi une belle vue de la ville, et des temples perdus dans les collines.

Ensuite, nous avons marché dans une rue « typique » de Sannezaka à Ninenzaka (N°5 sur le plan). En effet, c’est une rue pavée d’échoppes en bois en tout genre avec plein de souvenirs et d’objets d’artisanat local pas trop toc apparemment. Nous y avons fait la rencontre un peu plus bas d’une geisha :

Geisha entre Sannezaka et Ninenzaka - Kyoto

En marchant dans le lieu sacré de Yasaka (N°6 sur le plan), nous sommes tombés sur cette image qui m’a bien fait sourire. Un plan d’eau bien japonais dans mon esprit (couleurs, verdure, pierres…) mais surtout agrémenté d’une fable de La Fontaine vivante : un héron et une tortue sur un roc qui affleure en plein milieu.

En allant vers Yasaka - Kyoto

Au début, je me suis même demandé s’ils étaient vivants, et puis chacun des deux animaux a bougé. Le héron avec sa posture rigide et orthogonale, son port altier et le bec dans l’alignement, et la tortue à ses pied, maladroitement juchée sur le rocher, immobile en train de se dorer la carapace.

Le Héron et la Tortue - Kyoto

Après Yasaka, nous avons pas mal marché pour atteindre : Nanzenji (N°7 sur le plan). Mikiko nous avait surtout conseillé de monter sur le Sanmon, c’est-à-dire le toit du temple, où nous pouvions avoir une vue sympa de Kyoto (sauf que la vue n’est pas sympa, arf).

Nanzenji - Sanmon - Kyoto

Nous avons surtout visité un petit pavillon dans le fond qui nous a beaucoup plu. Il formait avec son jardin un ensemble homogène et un équilibre assez redoutable. C’était un concentré de beauté, de calme et de solennité, baigné d’une lumière blanche printanière. Très cool !

Nanzenji - Kyoto Nanzenji - Kyoto

Nous avons repris notre marche jusqu’à Heian (N°8 sur le plan). L’ensemble de bâtiments est très impressionnant par sa taille mais aussi du fait de ses tuiles vernissées vertes qui donne au tout un aspect très majestueux et sacré.

Heian - Kyoto

J’avoue qu’après avoir vu tous ces temples, j’étais à la fois lassé et fasciné. Lassé parce que je commençais à en avoir plein les pattes, et que je ne saisissais pas bien l’ampleur de ce que je « visitais », mais fasciné aussi par le fait qu’aucun des temples visités ne ressemblait à un autre. Kiyomizu, Yasaka, Nanzenji et Heian sont des endroits complètement différents, mais malheureusement je n’en connais pas les caractéristiques…

Par contre, l’intérêt majeur de Heian réside irrémédiablement dans les jardins que l’on visite à part. Sur plusieurs hectares, quatre jardins de quatre styles se succèdent et c’est d’une beauté époustouflante. C’est vraiment ce que j’ai vu de plus remarquable en terme d’horticulture, et surtout ce qui correspondait le plus à mon idée du jardin à la japonaise.

Heian - Kyoto Heian - Kyoto Heian - Kyoto

Heian - Kyoto Heian - Kyoto

Pour aller au Pavillon d’Argent, nous avons ensuite emprunter le chemin de la Philosophie (N°9 sur le plan). On s’attendait à quelque chose d’un peu plus bucolique, mais ça ne manque pas de charme non plus. C’est un chemin gravillonné au bord d’un petit canal, qui est piéton quasiment tout le long, et qui borde des gargotes marrantes ou des habitations un peu plus tradis.

Path of Philosophy - Kyoto

Il mène tranquillement à l’issu de notre voyage et à notre dixième étape : le Temple Ginkakuji aussi appelé le Pavillon d’Argent (N°10 sur le plan). C’est avec le Pavillon d’Or, un des endroit qu’on m’avait vraiment conseillé lorsqu’on visite Kyoto. Le site est autant valable pour le pavillon que pour le jardin dans lequel il est plongé. Encore plus que pour le Pavillon d’Or, l’ensemble est d’un rare éclat. En effet, on y trouve un petit jardin zen (avec une sorte de cône sectionné en minuscules graviers qui doit faire un mètre cinquante de haut et deux mètres de diamètre à la base) à proximité du Pavillon, mais aussi un plus grand parcours qui offre de belles perspectives.

 Ginkakuji - Pavillon d Ginkakuji - Pavillon d Ginkakuji - Pavillon d

Ginkakuji - Pavillon d Ginkakuji - Pavillon d

15 Commentaires

  1. Je pense que c’est une grue cendrée.
    Et je ne comprends pas pourquoi tu parles de ton incurie, vu que tu as passé du temps à essayer de voir et comprendre. Mais merci pour la ballade. C’est elle qui m’a impressionné.

  2. Rhooo… il va mal le prendre le matou qu’on mette en doute ses connaissances ornithologiques :-D
    Après une petite recherche: au Japon, héron et tortue sont les 2 symboles de la longévité. Ta photo va te porter bonheur :-)

    (et moi je vais réviser mes cours sur les échassiers… :book: )

  3. Hi, hi, hi ! Nan ça va aller, je te rassure. Mais j’aurais bien aimé savoir ce que c’est que cette bestiole ! C’est vrai qu’elle avait peut-être le bec plus fin c’t espèce de grue ! :mrgreen:

  4. « Mescouilles »…:pompom: C’est véridique ??? Pour de vrai ??? :rigole:

    Excellent post, en tout cas. J’ai un très gros faible pour la merveille du Kinkakuji. C’est absolument splendide !!!
    Les jardins sont également magnifiques.
    Vraiment, ce pays mérite d’être visité et ton post m’y a d’autant plus incité (mais j’attends d’avoir un peu plus de sous ^^)

  5. à Matoo : Merci bo gosse !
    à Pitchoune : Oui, c’est bien reconnu, le style « Mescouilles » a bel et bien succédé au courant « Tabite ». On repère le style « Mescouilles » par l’apparition constante d’une effigie matooesque sur les bas-reliefs !:mrgreen:

  6. Pitchoune> Dès que je ne connais pas un truc je dis « mescouilles » c’est un sale tic que j’ai piqué à un collègue de boulot… ;-) Donc je confirme qu’il ne s’agit pas d’une « ère » japonaise ! :mrgreen:

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