Le fantôme de Saint Sabin

Hier soir, j’étais invité à dîner chez Oli, soirée où j’ai notamment eu l’occasion de rencontrer nycboy de visu (rhaaaa lovely ce garçon). Je suis arrivé un peu en avance et je n’ai pas résisté à l’envie de faire un petit tour dans le quartier.

Ce mini-quartier, en gros entre les boulevards Richard Lenoir et Beaumarchais au niveau du métro Bréguet-Sabin, est mon ancien territoire. L’ancien chez-moi d’avant M. (avant le déluge… arf), mon premier chez-moi après avoir quitté mes parents. J’ai toujours été énormément attaché aux endroits et aux souvenirs que l’on sème dans les habitations et les lieux où l’on a vécu. J’ai passé pas mal de temps dans le coin puisque j’ai occupé deux studios dans le même immeuble entre 1998 et 2003.

Revenir là, c’est jeter des coups d’oeil à un Paris que je connais comme ma poche. Les perspectives des rues, les arbres, les façades, les petites rues sont des images vivantes qui ressurgissent immédiatement en moi. Je suis donc arrivé à Bastille, et j’ai pris la rue de la Roquette, puis la rue Saint Sabin, j’ai traversé Richard Lenoir, et j’ai tranquillement erré dans le voisinage. C’est drôle d’avoir des souvenirs « photographiques » tellement prégnants que lorsque je redécouvre ces mêmes apparitions, cela me procure des émotions très fortes.

Arrivé dans ma rue, soit directement Saint Sabin, soit par l’Allée Verte avec une vue sur la fenêtre de mon ancien appartement. J’ai repensé à mes années d’études, de découverte de Paris, de découverte aussi de moi-même, des plans à deux balles, des soirées improvisées et des amitiés naissantes, consolidées, déliquescentes… Bien sûr, tout change, et j’ai revu de nouveaux bâtiments, nouveaux magasins et restaurants, mais l’âme du quartier est toujours là. Et mon âme à moi reste irrémédiablement attachée à cet endroit.

Ce qui me plait dans le nouveau lieu que j’occupe, c’est aussi ce potentiel de charme et d’appropriation qui fait que j’enregistre de nouvelles sensations, et surtout de nouvelles associations d’idées. J’espère que j’y resterais plusieurs années et que j’y nourrirais un même attachement. Je suis de plus en plus content d’habiter aux confluences des rues Saint-Maur, Faubourg du Temple, Oberkampf, avenue Parmentier etc.

Et cette nuit, comme je n’arrivais pas vraiment à me mettre au lit, je suis sorti en pleine nuit. Dans une quiétude nocturne rassurante et enveloppante, dans un désert urbain, j’ai chaussé mes écouteurs, et j’ai marché dans les rues aux hasards de mes envies piétonnes. J’ai alors repensé à ce qui a changé depuis ces années Saint Sabin, le meilleur, le moins bon, ou simplement le différent. Classique quoi… Je suis rentré une heure plus tard, bien rasséréné et content de cette escapade nocturne (non Freaky, je n’en ai pas profité pour aller aux Docks même si j’habite à 50 mètres :mrgreen:). Je continue mon chemin.

I’ve got the blues, but I don’t mind
All I have to do is get to you,
And then I feel just fine !

9 Commentaires

  1. Emouvant et surprenant, Mattoo, ton dernier post au moment où je m’apprête, de mon côté, à parler de mon arrivée à Paris, il y a tout juste 10 ans… rue St Sabin, justement!

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