Gay Pride pluvieuse, Gay Pride heureuse !

Je suis donc à Bruxelles depuis samedi après-midi, je suis arrivé plus exactement vers 17h et Diego m’attendait à la gare. Le temps de déposer les affaires dans son appartement, et quelques dizaines de secondes plus tard, nous étions au coeur de la Gay Pride. J’ai raté la marche, mais j’ai eu le temps d’apercevoir quelques chars. En tout cas, le centre-ville était blindé de monde, et malgré les averses, il y avait foule.

Habituellement, les pays du nord, c’est-à-dire au nord de Dunkerque, ont les Gay Pride les plus tardives, ce qui est compréhensible car il est plus simple d’avoir une marche ensoleillée en août à Amsterdam par exemple. Evidemment, en Belgique, c’est le 7 mai, comme ça on est à peu près certain de se geler les couilles et d’avoir de la flotte. :mrgreen: Eh bien, voilà. On s’est pris des cordes et on a eu froid.

Mais je trouve que Bruxelles est vraiment une ville avec beaucoup de charme, et ses autochtones tout autant. Ainsi, l’ambiance était très agréable et festive, les gens étaient au rendez-vous et on trouvait une population complètement bigarrée qui investissait les rues et les bars du centre-ville. J’ai l’impression qu’il y a beaucoup plus de gens hétéros qui se mêlent aux homos pour l’occasion, et que cela démontre encore une ouverture d’esprit que nous sommes loin d’avoir en France. Et puis, les pédés sont beaucoup moins hautains qu’à Paris, les gens se sourient naturellement et sont plus simples que les bécasses maraisiennes.

Nous avons rapidement retrouvé un couple d’amis de Diego, en fait des amis de Franck, un ex de Dieg, et nous sommes allés boire un verre puis manger un bout au Plattesteen. J’étais enchanté de faire la connaissance de ces deux mecs qui sont adorables et très marrants. Ils sont ensembles depuis dix ans, et ont même un fils qu’ils élèvent avec un couple de goudous. Cela encore n’est vraiment possible qu’ici où l’insémination avec donneur connu est autorisée. Ainsi, ces deux couples ont décidé de concevoir et d’élever un gamin ensemble. Evidemment, le petit bout de chou a un père et une mère, mais il a aussi un co-papa et une co-maman. Ils nous ont donc un peu raconté comment se passait leur vie de parents (leur fils a deux ans et demi), et pour le moment, tout se passe pour le mieux, autant dans l’éducation du môme que dans le voisinage. Ils font partie d’une association qui s’occupe d’homoparentalité, et ils expliquaient que la plupart des modèles familiaux étaient très différents du leur (je considère leur exemple un peu comme idéal). Cela m’a fait plaisir de les voir aussi épanouis et simples, et c’est aussi ce que j’aime dans la mentalité de ce pays.

Nous sommes ensuite allés faire un tour au Belgica où j’ai croisé le sémillant Terry qui vadrouillait dans la foule attroupé devant le bar. Et puis, le Boy’s Boudoir en face où nous ne sommes restés que quelques minutes. Le Belgica est un bar assez classique avec des types simples et cools. En face, c’est plus ambiance Open avec pétasses et paillettes. Il en faut pour tous les goûts ! ;-)

Le summum du kitsch c’est tout de même l’UK (Underground Kafé) à deux pas de chez Diego. Mein gott !! La troupe de follasses hideuses et hystériques qui hante cet endroit, c’est ouf de chez ouf. Mais l’atmosphère y est très drôle et joviale, les gens dansent beaucoup sur du Britney and co. et clairement ce n’est pas un lieu où on se la joue grande dame (ou alors si, justement, mais le résultat est vraiment hilarant).

Et puis plus tard dans la nuit, nous sommes passés à l’Homo Erectus, mais trop trop trop blindé. D’ailleurs tous les bars homos étaient quasi infréquentables tant il y avait de tapettes en goguette. Nous attendions un peu pour aller à l’Ancienne Belgique (un théâtre) où avait lieu la soirée officielle de la Gay Pride. Mais en nous y dirigeant vers 1h30, nous sommes tombés sur un ex de Diego (une bombe flamande au doux nom de Stijn, imprononçable !) qui nous a prévenu que l’endroit était tellement plein qu’ils remboursaient même les préventes.

Après avoir rééclusé les bars du marais bruxellois, nous sommes allés faire un tour au Duquesnoy… hé hé hé ! LE bordel bruxellois par excellence, que j’avais déjà visité la dernière fois.

On sonne à la porte… elle s’ouvre sur une pièce remplie à ras bord de mâles dans la pénombre, et un géant moustachu en harnais de cuir me regarde du haut de son mètre quatre-vingt dix. Il me demande ce que je veux boire avec sa voix de stentor et son air d’ogre du Petit Poucet. J’adooooooooooore. On s’habitue peu à peu à l’atmosphère sombre et qui sue la concupiscence. Les gens se frottent et se faufilent. La population est tellement variée, c’est hallucinant. Cuir, bears, jeunes minets, folles, straight-acting, keublas, fausses racailles… tout le monde se retrouve dans cet antre de luxure.

Le premier étage de cette baraque belge traditionnelle est le vestiaire. Hop, on passe rapidement, et on monte plus haut. Je connais déjà les WC et la baignoire de pisse du sous-sol, pas drôle… ;-) Il y a vraiment un monde fou et on a du mal à grimper les marches. Les mains sont baladeuses, et il ne faut pas jouer les prudes. Mais plus on monde, et plus on pénètre dans une ambiance tropicale. Une sorte de nuage d’humidité chaude et sardanapalesque se dégage de ce deuxième étage que l’on sent envahi par les sécrétions luxurieuses de vingtaines de belges en rut. L’odeur fétide de sperme, de sueur et de chaleur humaine me prend les narines, et c’est à peine supportable.

Je découvre alors le coeur de ce second étage. Il s’agit de glory holes d’un genre assez original. En effet, les mecs font sortir leurs bites d’un trou (classique) et d’autres les sucent de l’autre côté (classique). Mais les mecs pompés sont en hauteur et voient les pompeurs (qui peuvent aussi voir le visage du mec du coup). Donc il y a une sorte de double jeu entre l’anonymat, et au contraire, le choix délibéré des mecs. Le truc extrêmement drôle, ce sont les hystériques qui pompent. Elles sont auprès de leur trou, et elles sucent la bite qui sort avec une énergie qui dépasse l’entendement. Et surtout, elles font la garde et elles lancent des regards ténébreux aux concurrentes qui s’approchent pour leur voler leur chibre. Fantastique !

Nous avons aussi eu droit à deux mecs qui n’avaient pas le courage d’attendre une cabine, et qui baisaient devant tout le monde à même le sol. Un des deux mecs avait déjà trois doigts dans le cul de son compère, sur le dos les quatre fers en l’air, qui avait l’air de bien apprécier son manège. Le tout évidemment se déroule sous la surveillance accrue de l’assistance émoustillée par le spectacle. :langue:

L’étage du dessus était encore plus saturé. Il s’agit de cabine et de slings en tout genre. Même combat, même bacchanale, même débauche. Arf arf.

On a pas eu le courage de monter plus haut, et donc nous sommes rentrés à l’appartement. Et tranquillement, on a papoté comme deux vieilles copines jusqu’à 4h30.

Dimanche, on a voulu se rattraper en allant au You pour un gay tea dance assez courru à Bruxelles. En effet, on a passé un très bon moment dans une boite dont la déco m’a vachement plu. La musique et l’ambiance font très soirée Over Kitsch du Queen. Bon, par contre, le DJ est à chier, ses disques sont bons mais les enchaînements sont inexistants. Les mecs aussi sont les plus jolis garçons qu’il m’ait été donné de voir du week-end, mais évidemment on retrouve aussi l’ambiance parigote hautaine qui va avec. :hum:

Et dans les temps libres : boulot, boulot, boulot. Car demain matin, c’est tournage intensif ! Je vais jouer les metteur en scène, scripte, directeur de production. Oh yeah ! :mrgreen:

13 Commentaires

  1. eustazio> Tu comprends bien que c’est pour cela qu’ils m’ont choisi ! Je suis le seul (pédé) à pouvoir rendre la CAO glamouuuuuuur comme jamais ! :pompom:

  2. :doute:à chaque étage l’ambiance devient plus glauque ou chaude, au choix, si j’ai bien tout compris… Est-ce là ce que l’on appelle la montée progressive du plaisir ? le septième ciel même s’il ne s’arrête qu’au troisième étage ?
    C’est très conceptuel comme déscription du lieu moij’dis…:langue:

  3. J’y étais aussi, non pas au Duquesnoy (blouarg) à la gay pride mais dans le camp des filles, fort peu nombreuses d’ailleurs cette année..
    Dommage que je ne l’aie pas su avant, j’aurais pris plein de photos du Matoo :D Je connais le Duquesnoy pour ses beard et ses soirées un peu scato mais de toute façon je n’ai rien à mettre dans les glory Holes :mrgreen: Elle est belle la Belgique hein :pompom:
    :croa:

  4. Eh binh… Dire que j’ai jamais osé mettre un pied au Dépot… :redface: Tes nuits sont plus riches que mes jours. c’est le cas de le dire. Merci de partager çà avec nous Matoo. Comme ça je sais ce que je manque…

    Curieusement,
    Dragon.Jade ;-D

  5. Il va bientot y avoir une mega soirée au You a Bruxelles pour le 1er parfum Gay A2 parfum totalement génial, il est beau et il sent super bon,on le trouve un peu partout sur le net, que ce soit sur maxigay.fr, eBay ou adventice.com… J’ai hate de voir ca… Il parait que ca va etre la mega soiree Gay et parfumée ;-) de l’Annee.
    Bravo pour ta description du Duquesnoy.

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