Projection dominicale

Quant à ma décision pour dimanche, ce blogueur a tout dit pour moi. En quelques lignes, alors que j’en aurais encore tartiné des pages, il résume exactement ce que je pense, et prédit mon attitude de dans deux jours. Pour les mêmes raisons et avec la même (non) conviction.

11 Commentaires

  1. Je comprends cette attitude. Ce sera celle de beaucoup, dimanche, je pense. Mais moi, j’écouterai mon coeur. Liberté, Egalité, Fraternité, (pardon si ça fait grandiloquent) mais la France, avant d’être une nation, un état, un peuple, est une idée. Une belle idée qui, bon an mal an, a tout de même permis aux hommes et aux femmes de lutter pour un mieux être.
    Je cherche, dans ce traité de constitution Européenne où est la belle idée ?
    La garantie de la paix ? Rien n’est moins certain. Les nations se sont déchirées au XX° siècle, les continents pourraient bien se foutre sur la gueule au XXI°. Les tensions se font déjà sentir. Certains en rêvent ! L’Europe exige de ses adhérants qu’ils augmentent leur budjet militaire. C’est même une des priorités. Et pour le reste, que du marchant…
    Alors je préfère rester fidèle à ceux qui pensent que le Non aura valeur d’électrochoc et qu’il pourra enfin susciter un vrai débat quant au monde que nous voulons. C’est comme ça, je suis idéaliste ! :blah: J’arrête ! :o)

  2. « Alors que les Etats de l’Union européenne se préparent aux conséquences d’un éventuel rejet de la Constitution européenne par les électeurs français, on s’interroge sur l’état d’esprit de ce peuple si captif de son passé national, si revêche et bougon quand il s’agit de changer d’habitudes, de règles ou de projets pour l’avenir. La hargne antieuropéenne n’est pas étrangère aux autres pays européens, mais nulle part ailleurs qu’en France elle n’a pris une telle ampleur, ne s’est aussi largement répandue parmi les jeunes, n’a été aussi bien acceptée par les intellectuels qui comptent, n’a été aussi présente dans toutes les catégories socioprofessionnelles, toutes tendances politiques confondues. Le camp du oui, en France, est facilement perçu comme poussiéreux, comme démodé et ses arguments semblent tomber dans le vide. Toute expression de rationalité est contrée au nom de grandes passions volontaristes. Un volontarisme singulier, qui n’a qu’un lien ténu avec la réalité, mais qui n’est pas nouveau en France : Tocqueville écrivait déjà que la politique, dans ce pays, était essentiellement littéraire, dénuée de ce sens des affaires, de l’industrie et de l’économie qui s’est développé dans les autres démocraties bourgeoises.
    Le rapport que les Français entretiennent aujourd’hui avec l’Europe est lui aussi littéraire. Comme s’ils n’avaient pas devant eux l’Europe réelle mais une Bastille immense, un régime vide et en déconfiture, un pouvoir lointain et abusif, un roi qu’il faut ignorer ou chasser. Et il n’y a pas que les nationalistes de droite et de gauche – les souverainistes – qui voient l’Union de cette manière ; l’Europe est aujourd’hui perçue comme le règne de la nécessité, une fatalité ayant force de loi. En votant non, on refuse cette fatalité et l’on crée les conditions pour le passage du règne de la nécessité à celui de la liberté, où la politique retrouve du champ et – du moins, on l’espère – des alternatives et une dialectique.
    Les dirigeants français qui se sont succédé au pouvoir sont responsables de cette faille qui s’est creusée entre imagination et réalité : ils n’ont jamais remis en question le mythe de la souveraineté nationale absolue ni accepté le fait que le concept d’Etat-nation était sorti perdant de la dernière guerre, que de voir la France assise à la table des vainqueurs avait quelque chose d’artificiel. Ces dirigeants n’ont pas reconnu que Paris n’est plus, depuis la réunification allemande, le centre de l’Europe. Ils n’ont pas admis que l’opposition à la guerre en Irak et le mépris réservé aux pays d’Europe centrale et orientale candidats à l’adhésion avaient conduit à l’isolement de la France. Ils n’ont jamais expliqué à leurs concitoyens que l’élargissement à l’Est était une opportunité à saisir et non une humiliation pour la grandeur nationale.
    C’est pourtant cette même France qui a fondé le mythe qui s’est ensuite incarné dans l’unité européenne. L’idée de mettre fin à la guerre sur le continent en associant les industries françaises et allemandes de l’acier et du charbon nous est venue de Jean Monnet et de Robert Schumann. La méthode communautaire consistant à déléguer progressivement à l’Union des bribes de souveraineté était bien une idée française. L’Europe s’est faite parce que la France l’a voulu. Et si certains projets ont avorté, c’est parce que Paris n’en voulait pas. La France n’a jamais cessé d’être une puissance, mais cette puissance n’a été réelle et reconnue de tous que quand elle s’est appliquée à édifier l’Europe unie. Quand cette puissance s’est cantonnée à la rhétorique et aux déclarations, elle n’était plus qu’apparente et inefficace. Bref, littéraire.
    Ces jours-ci, c’est encore cette conception chimérique du pouvoir qui prévaut, et c’est l’Europe tout entière qui subit les conséquences de cette maladie française. L’effort d’unification ne se relâchera probablement pas pour autant et la crise pourrait d’ailleurs même se révéler providentielle. Il se peut qu’à la suite du non français les Européens les plus convaincus s’emploient à créer une Union ambitieuse, formée d’une avant-garde de quelques pays. Le contraire, en somme, d’une Union diluée et tendant à l’inertie, que veulent d’ailleurs éviter certains partisans de l’Europe qui voteront non. Mais cette maladie française dont souffre l’Europe, il faudra l’analyser, pour ensuite la soigner. »

    Barbara Spinelli, La Stampa

  3. Totalement d’accord. J’aime assez peu la façon dont se construit l’Europe, mais je veux qu’elle se construise. J’ai eu la tentation, arrêtée en décision deux semaines durant, de voter blanc. Mais c’était encore là décision d’idéaliste – littéraire, dit le très pertinent article cité par le bleu du Ciel – déçu de ne pouvoir _trancher_. J’ai fini par me décider pour un oui maussade et motivé, plutôt que pour un blanc où je m’en tirerais avec ma conscience rationnelle.

    A mon sens, s’il y a quelque chose à fair après l’émection, c’est insister auprès de nos homme politiques sur l’importance d’une pédagogie de l’Europe, trop souvent argument rhétorique pour faire passer ou refuiser telle ou telle politique intérieure. Nous sommes, en tant que peuple, insuffisamment européens.

  4. Je constate que pour le :blah:, je suis largement dépassé ! Il est facile de citer des articles de journaliste. Lesquels, durant cette campagne ont effectivement fait preuve, comme d’hab. , de beaucoup de lucidité. Surtout qu’ils ne prèchent pas pour leur paroisse de privilégiés ! :oD
    Soyons clairs : Ce traité de constitution est anti-démocratique.
    1) Comme le faisait remarquer l’autre jour le pourtant Ouiouiste Daniel Cohn Bendit, le minimum eut été d’appeler l’ensemble des peuples européens au référendun !
    2) Les pouvoirs exécutifs et législatifs sont réunis entre les mêmes mains. Un président fantoche, élu pour 2 ans et 1/2 (!) et une Commission dite européenne. Le parlement, c’est oui da ! Derrière la Banque Centrale règle la balance ! ! !
    En bref, nous voilà revenu au directoire !
    Quel progrès !

  5. Eh bien ce matin de très bonne heure, mon esprit m’a poussé à me diriger vers le bureau de vote. C’est la première fois que j’en ressens l’importance avec tant d’intensité (en 2002 je n’étais pas en France, sinon, j’y serais allé je pense). Et sur le chemin j’ai frôlé tous les panneaux sur lesquels les OUI avaient été arrachés, alors que les NON étaient intacts… Belle démocratie d’une éblouissante tolérance, et ce à un jet de pierre dur parlement Européen de Strasbourg!!! :redface: Comme me dis un de mes amis ‘j’ai HHHonte!’ (il prononce les ‘H’ à l’allemande (!) et dans ce cas-ci ça tombe bien, cela renforce l’expression de la violence du sentiment qui m’envahit). Je n’ose imaginer les dégâts si le NON triomphe, plus de 40 ans de difficile construction réduits à un Espoir dévasté… L’hymne Européen pourra alors être remplacé par le Requiem de Cherubini aussi grave que les voix d’hommes pour lesquelles il a été écrit et qui a servi de BO au bouleversant film ‘Tumultes’, dont le thème est … le suicide… tout se reboucle.:croa:

    Nobu

  6. Ce genre de délire, Nobu, me fait penser à ceux qui, en 1981, voyaient déjà les chars soviétiques à nos portes si Mitterand l’emportait ! Les Rouges allaient tous nous foutre au Goulag ! ! ! Arrêtez donc de vous faire des films. Star Wars n’est qu’un divertissement ! :mrgreen:

  7. Désolé Marg, :joker: mais en 95 moi j’ai entendu les bottes claquer!!! et en 81, j’étais a la Bastille…:rigole: Comme toujours, on va se remettre au travail et déblayer les débris. Sans rancune.
    Nobu.:boulet:

  8. PS: en 95 ceux qui descendaient le poing levé en criant victoire le boulevard St Michel a Paris avaient 18 ans et des pommes pour idéal…:gne:

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Petite opération antispam à résoudre : * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

:bye: 
:good: 
:negative:  
:scratch: 
:wacko:  
:yahoo: 
B-) 
:heart: 
:rose:   
:-) 
:whistle: 
:yes: 
:cry: 
:mail:   
:-(     
:unsure:  
;-)  
 
Partages