Juan Gris (1887-1927) au Musée Reina Sofía

C’est particulièrement intéressant d’avoir l’occasion de visiter une exposition temporaire dans un musée à l’étranger. Souvent on peut comme cela découvrir l’univers d’un artiste avec le point de vue particulier du pays organisateur (surtout quand il s’agit d’un artiste originaire du pays en question). Je connaissais déjà Juan Gris par des toiles à Beaubourg et quelques bouquins, et pas du tout le Musée Reina Sofía qui est le musée national d’art moderne madrilène.

Je pensais, avec mes préjugés franchouillards, que ce serait un petit musée qui ne payait pas trop de mine, or c’est tout le contraire. Ce musée est une petite merveille qui se tient dans un ancien hôpital (très beau bâtiment) reconverti en Centre Georges Pompidou à la sauce ibérique tout à fait réussi. La collection permanente est plutôt complète et les pièces présentées sont loin d’être mineures. Evidemment, la figure de proue de l’endroit est sans conteste « Guernica » qui est toujours regardé par une trentaine de visiteurs. Je suis resté un bon quart d’heure devant cette gigantesque toile à scruter les différentes scènes qui l’habitent, et toutes les histoires horribles qu’elle raconte avec une émotion inégalée. Je l’avais étudié (comme beaucoup) en cours d’espagnol et tous les symboles me revenaient alors… le cheval, la colombe, le taureau, la femme à l’enfant etc. Fabuleux et terrible à la fois !

Le rez-de-chaussée est consacré aux expositions temporaires, tandis que le premier étage rassemble l’art contemporain du début du 20e siècle, des balbutiements de l’art abstrait de la fin du 19e, en passant par les expressionnistes (que j’adore, et là j’ai trouvé intéressant de découvrir un tas d’artistes espagnols que je ne connaissais pas), cubistes etc. Le troisième étage était entièrement occupé par un peintre espagnol qui s’appelle Caneja, mais alors que je n’ai pas du tout aimé. Vraiment, rien de rien. Le quatrième est celui de l’art moderne le plus récent et le plus polymorphe… rien à envier aux trucs de oufs de Pompidou ou bien de la Tate.

Juan Gris donc… Cela m’a fait bizarre de visiter cette expo car l’artiste est finalement un bon liant entre Espagne et France : Né à Madrid, mort à Boulogne-Billancourt. D’ailleurs pas mal de toiles viennent du Centre Georges Pompidou et ont des sujets et des noms français. Il s’agit avant tout d’une assez énorme rétrospective avec plus de 250 tableaux et dessins de ce peintre cubiste.

Je regrette de n’avoir pas passé assez de temps, j’ai même terminé l’expo au pas de course. Mais je reproche un manque flagrant de contexte et d’explication. Aucune brochure fournie, aucune explication sur les murs… un pur étalage d’oeuvres dans l’ordre chronologique. Là, je les ai trouvé un peu gonflé et pas très finaud d’un point de vue pédagogique.

Par contre, les oeuvres sont superbes et sont très bien mises en valeur. J’ai retrouvé beaucoup de similitudes avec un autre cubiste : Albert Gleizes, qui n’est malheureusement pas très connu, et dont j’avais adoré la rétrospective au musée des Beaux-Arts de Lyon, il y a quelques années. Gris a produit une quantité incroyable de natures mortes cubistes à base de journaux, mandolines, vases de fleurs qui permettent d’apprécier son art du dessin et sa recherche et exploration continuelle dans le cubisme.

Autre chose très positive : 3 euros l’entrée en plein tarif pour TOUT cela !

Juan Gris au Musée de la Reina Sofía de Madrid

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