Ode Amat

C’est drôle le blog, il y a des gens qui ne comprennent pas bien, qui lisent depuis peu et qui essaient de se raccrocher aux wagons, alors il me demandent : « mais c’est qui ce M. ? ». Il y a un an tout juste, je me préparais à partir seul en vacances pour faire une bonne fois pour toute le deuil de cette relation, et les lecteurs de l’époque savaient très bien qui était M. Ceux de l’année d’avant ont même pu le « connaître » à travers les quelques rares mentions de son initiale, et même lorsque j’ai enfin révélé son prénom. Et puis, ce blog a pris une ampleur toute particulière (doublement pur et simple du trafic) à partir du moment où nous nous sommes séparés, et où nous nous sommes enguirlandés dans de drôles de pugilats numériques (dont le fameux article « Sex and the city » et ses 90 commentaires).

J’ai rencontré M. virtuellement d’abord. Il m’a accosté comme un goujat sur Yarps (à l’époque), alors que ce service vivait ses derniers moments, et je l’avais renvoyé dans ses buts car j’avais été particulièrement choqué de son arrogance. Clairement son pseudo et son attitude montraient qu’il ne savait pas s’y prendre. Cela s’était soldé par quelques charmants échanges où je lui disais qu’il ne me plaisait pas, ensuite il m’invitait cordialement à me faire enculer, et puis je crois que je le sollicitais alors pour une auto-enculade bien profonde. Bref, ça commençait très mal. Et puis, sur les forums, il a compris qu’en effet, il y a une certaine manière de se comporter dans les communautés web. Il s’est calmé, il a lu, il s’est peu à peu intégré. Mais nous ne nous étions pas pour autant rabibochés, et nous avions un piètre image l’un de l’autre.

Un peu plus tard, Yarps a fermé, et nous avons en majorité migré vers Gayvox. Pour la désinternétisation de Yarps, nous avions décidé de rassembler la petite troupe des forums dans un resto du Marais. C’est là que je l’ai vu la première fois avec son ticheurte rose facheune, et son allure de bellâtre. Je crois que j’ai scotché direct. « Meeeeerde, pourquoi je l’ai envoyé chier, chuis trop coooooon !!!!! ».

Nous avons donc été beaucoup plus amènes lors de cette première rencontre, et quelques jours plus tard, je me retrouvais et célibataire (petite formalité), et à lui mettre un peu sauvagement ma langue dans sa bouche. Walalalalala, c’était une putain de superbe histoire d’amour. Des hauts et des bas certes, mais une relation qui m’a fait découvrir des tas de premières fois auxquelles j’avais du mal à croire. Ce mec m’a fait attendre avant de coucher (aaaaaaaaah !), il m’a appris qu’on pouvait s’engueuler sans penser tout de suite à rompre, il m’a fait comprendre qu’il m’aimait tellement qu’il ferait tout pour que ça marche, il m’a demandé si je voulais venir habiter avec lui parce que lui le désirait ardemment etc. Et tout cela d’un mec qui me paraissait si génial que je n’en croyais pas mes orilles et mon petit coeur qui faisait boum boum boum. Et puis, qu’est-ce qu’on se marrait… rolalalala, il me faisait mourir de rire.

Bon je ne vais pas non plus dire que c’était parfait, mais justement c’est aussi pour cela que c’était si beau. Et puis, il y a aussi eut toutes les merdes, tous les trucs affreux qu’il m’a fait subir, et toutes les turpitudes de notre vie à deux, tout ce qui nous a peu à peu séparé. Nous sommes très différents mais nous étions tous les deux amoureux de nos différences, et de ces trucs qui nous faisaient très bien nous accorder. Il avait aussi un ami aussi proche de lui, que Diego l’est de moi, et régulièrement nous nous ménagions du temps pour voir nos amis seuls et ne pas nous enfermer l’un avec l’autre.

Bref, c’est aujourd’hui fini et bien fini. Je sais que malgré les sentiments qui nous animent toujours (je suis un fervent partisan de l’amour éternel), c’est un truc qui pourrait fonctionner en théorie, mais qui manifestement foire en pratique. Nous avons mis plus d’un an à réellement nous séparer (et arrêter de baisouiller) avec des épisodes assez abracadabrantesques dont quelques traces subsistent dans les posts et commentaires. Donc ça ne sert à rien de s’évertuer, et puis les ruptures laissent toujours des séquelles et des stigmates qui changent la vision qu’on a de l’autre et d’un potentiel avenir à deux.

M. faisait les choses les plus débiles qui étaient aussi les plus folles et les plus charmantes. Comment pouvais-je résister… Sur Gayvox un jour, un des plus prolixes contributeurs, Jean-Noël (ou Zap de son pseudo), avait pondu un texte très chouette sur les gémeaux, et puis aussi à mon propos (c’était en juin, donc pas très éloigné de mon anniversaire). Tout le monde avait été conquis par sa prose et son ton, et évidemment M. avait voulu mettre sa patte. Comme il le fait couramment dans le blog (en tant que SariMarien), quand il veut me titiller ou bien quand il veut révéler au monde ma véritable nature fourbe et nauséabonde (gnark gnark), il avait pondu son « Ode ». C’était si drôle, si inattendu, si dingue ! Ah là là, j’étais emballé par ce truc comme s’il m’avait écrit le plus romanesque, tendre et éloquent des sonnets. Et pourtant, ce n’était pas vraiment ça. Mais ce truc résonne encore en moi, et je me marre chaque fois que je le regarde, d’ailleurs je l’avais imprimé pour le conserver (les archives des forums de Gayvox sont dans les limbes apparemment). Cela reste un des trucs qui me rappelle le plus notre connivence et notre complicité, notre amour et notre relation aujourd’hui caduque.

Ode Amat

17 Commentaires

  1. N’empêche, Matoo, j’apprécie beaucoup ta sincérité, mais pour tous ceux qui connaissent (virtuellement) et qui aiment M., peut-être ne devrais-tu pas dire tout ça !

    Il faut, je crois, se poser les limites de ce qu’on peut dire ou non sur un blog. C’est peut-être un peu réac. comme point de vue, je ne sais pas. Mais je me mets à la place de M. Comme c’est cruel de se retrouver soudain à l’étal !

    D’accord, il manie bien l’acidité, mais avec un gros coeur. Enfin, en plus, « ça ne me regarde pas » !

    Je trouve juste que ça n’est pas très sympa. Ceux qu’on a aimé, même après, il faut les protéger.

    Bises. Marg.

  2. Oui, après l’avoir relu, c’est ce que j’ai constaté. N’empêche, même si c’est une déclaration d’amour, en vrai ! je n’aimarais pas être à la place de M.

    Marg. J’y peux rien, c’est mon côté vieille sauce ! :o)

  3. Mais pourquoi donc lire entre les lignes ?
    J’ai du coeur et j’ai lu tes lignes avec plaisir : ce que tu racontes (avec quel talent !) est drôle, subtil, intelligent et pertinent. Tu vois clair et parles juste, ce qui est rare lorsqu’on évoque une relation rompue (je voudrais faire gigoter la miss pompom, mais je ne sais pas, alors bravo !)
    Et puis j’adooooooooorhe « avec son ticheurte rose fascheune » : l’orthographe est une source d’inventions merveilleuses (Cher Queneau)…
    La liberté inventive, la finesse et la tenue de ton écriture sont à la mesure de tes perceptions.
    Cordialement.

  4. le « poem » est d’une fausse innocence remarquable, si enfantin, si coquin, si faussement candide qu’il en est adorable, même sans avoir vécu ce que vous avez pu broder autour, ensemble ou seuls. Alors on imagine facilement les boum boum boum de ton coeur, Matoo… Je crois même qu’ils raisonnent jusqu’à nous.
    Pour cette émotion qui déborde de tes messages, merci encore. :-)

  5. Matoo, ton post me fait énormément penser à ma première relation (en fait le premier gars que j’ai rencontré et avec qui j’ai été en relation pour plus d’un an). Le coup de foudre, l’amour impossible et passionné (oui, oui, les 3!) et une fois notre relation terminée, j’essaie de répondre à cette question toute simple en apparence: mais pourquoi avec ce gars-là?

    Je pense que pour décider d’entrer en relation il faut tout d’abord trouver l’autre personne extraordinaire et spéciale pour nous… et souvent ce n’est pas notre ‘mec idéal’ mais on fait le saut et on embarque dans le radeau. On ne sait pas trop ou ca va mener (et souvent on ne connait pas l’autre tant que ça et on le découvre au fil des jours!). Il y a des périodes orageuses, d’autres plus calmes, mais tant que les 2 sont prêts à continuer dans le même radeau, ça va…

    C’est quand le radeau a chaviré et qu’on est pas trop certain si c’est notre faute, celle de l’autre ou bien des deux que les choses se compliquent. Et bien souvent on n’aura jamais la réponse à savoir qui est responsable, mais simplement le souvenir de jours plus heureux et une mélancolie qui s’empare tout d’abord de nous mais qui s’estompe avec le temps; détrempé de la tête aux pieds avec l’air ébahi c’est alors qu’on se demdande ce qui a bien pu se passer pour que le radeau nous semble si vide à présent.

  6. Je suis d’accord, il faut se poser des limites à ce qu’on met dans un blog… Et c’est l’auteur qui les fixe. Ce post, il est nécessaire aux nouveaux, nécessaire à celui qui aime encore celui avec qui il ne sera plus.
    Ce qui me fait penser que j’ai un long post à faire sur C… dans lequel je recopierai mot pour mot un bon nout du post de Matoo…

  7. Merci matoo pour ce billet doux.
    Le respect réciproque qui nous anime
    Permettra j’en suis certain de conserver un précieux lien,
    A l’image des 3 hommes qui ont compté dans ma vie
    Tu es maintenant de ceux qui en font partie.

    Bisous Slurp.

    M

  8. Heu… et merci pour Jonas-NZ qui nous a fait un post totalement inconsistant et qui part dans tous les sens sans vouloir dire quoi que ce soit.

    :doute:

    >> Marge : tu sors !!! ;-)

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