J’en rêve

La Fondation Cartier est un endroit que j’apprécie particulièrement à la fois dans l’architecture de l’endroit et ses possibilités scénographiques, mais aussi dans leurs choix en termes d’expositions et d’artistes. Ils ont là fait très fort en organisant cette exposition où 58 artistes des cinq continents, filles et garçons de 19 à 29 ans, qui ont été parrainés par des artistes « établis », nous présentent leurs oeuvres. Ainsi on peut avoir une idée de ce qui motive de très jeunes artistes, à la fois dans les thèmes, les supports, les techniques, les délires et les inspirations les plus novatrices et décalées.

L’expo se parcourt ainsi un peu au hasard des pays ou des techniques employées, et l’on découvre avec beaucoup de surprise et de bonheur des oeuvres aussi diverses que riches dans le fond et dans la forme. J’ai personnellement beaucoup aimé certains travaux photographiques ainsi que des peintures, et aussi quelques installations vidéo (notamment une artiste qui filme des plans fixes presque « picturaux » et qui les accroche quasiment sous forme de tableaux… fixes mais mouvants, immobiles mais vivants).

Seulement, avec Oli, nous avons été terriblement frustrés et déçus (surtout moi) de ne pas avoir plus d’explication sur les oeuvres, les artistes et leurs parrains. Tout l’intérêt de l’expo pour moi était de découvrir ces bourgeons d’artistes, et pour cela, je pensais que quelques lignes situant la personne, son travail et l’oeuvre présentée étaient assez essentielles à la pédagogie de l’expo. Ce n’est pas comme si on allait dans une galerie, mais bien dans une exposition ouverte au public, et dans le but d’ouvrir l’esprit des gens à l’art contemporain ( ?). Le second intérêt, complètement lié à la Fondation Cartier, était le lien avec les parrains qui sont des « amis » de la Fondation, et donc quelques mots sur la relation artistique entre les deux protagonistes aurait aussi été d’un intérêt certain.

Eh bien : que dalle ! Les oeuvres étaient posées, nous avions seulement les noms des artistes et leurs parrains, ainsi que leurs dates de naissance et pays d’origine. Alors pour certains, les oeuvres parlaient d’elles-mêmes, et pour d’autres je suppose même que les artistes n’auraient pas voulu de « sous-titre », mais j’aurais préféré qu’on le précise plutôt que de se retrouver comme un idiot devant une oeuvre dont on ne saisit pas le sens, ni l’essence. Quel dommage ! Je ne suis pas un professionnel de l’art contemporain, et j’aurais adoré qu’on m’en dise juste quelques mots pour m’éclairer, ou me confirmer que c’est bien avec mon seul arbitre que je devais voir cela. Car, je suis bien persuadé d’être passé à côté de certains travaux qui auraient retenu beaucoup plus mon attention et mon admiration si j’avais été un peu plus au fait des intentions de l’artiste. Pour moi l’art contemporain est parfois indissociable d’un message clairement formulé de la part de son auteur, sinon certaines oeuvres me paraissent bidon et perdent parfois toute crédibilité artistique (pour moi).

On aurait pu se dire qu’en effet, les oeuvres ne devaient requérir que mon jugement instinctif et personnel, mais nous avons feuilleté le catalogue à la fin de l’expo. Ce catalogue est justement la réponse à toutes nos interrogations, en quelques lignes sont résumés les objectifs et motivations des jeunes artistes, les rencontres avec les parrains, et les différentes voies d’investigation artistique qui les ont mené à l’exposition. Exactement ce qui aurait du être inscrit à côté de chaque oeuvre, afin qu’on puisse après s’être fait une première idée, une première impression, lire et comprendre un peu mieux ce qui était présenté. Si c’était écrit dans le catalogue, c’est bien que ça a une certaine utilité et validité, donc je ne comprends pas pourquoi les visiteurs en sont ainsi privés, et je trouve que cela grève énormément l’intérêt global de l’exposition.

Malgré ces désagréments, il s’agit d’une très belle exposition, et qui donne une bonne idée du foisonnement d’idées et d’innovations qui animent la jeune création artistique contemporaine. J’ai vraiment bien accroché sur quelques artistes qui auront j’espère leurs propres expositions prochainement.

J\'en rêve - Fondation Cartier

21 Commentaires

  1. pas du tout d’accord avec vous les garçons, il faut savoir se laisser faire, se laisser aller à voir une exposition, et ensuite si vraiment on veut en savoir plus : le catalogue.
    Marre des expos où il y a plus à lire qu’à voir ! faites-vous confiance.

  2. La mode actuelle est de dire qu’il faut considérer les objets d’art pour leur seule valeur esthétique, en dehors de tout contexte socio-culturel. Cela est particulièrement vrai dans les expositions d’art premier où les panneaux d’explication sont minimalistes et presque dissimulés. Je partage ta frustration quant à cette expo. J’ai bien aimé la video où le jeune Allemand se raconte et ce n’est qu’après que j’ai compris que cette video n’était pas juste l’explication mais une oeuvre en elle même:petard:

  3. Peut-être qu’à la fondation Cartier, ils ont une approche un peu moins scolaire de l’art contemporain… Peut-être qu’ils essayent avec un peu d’intelligence de faire économiser leur neurones aux visiteurs, et de ne pas les obliger à lire des choses se rapportant à des tableaux qui ne les intéresseraient pas. Peut-être que contrairement à ce que certains pensent, ils ont compris que l’art contemporain n’a pas besoin d’être expliqué dans un premier temps, et que la démarche de chercher à savoir ne peut être qu’une initiative personnelle choisie et non pas imposée. Peut-être qu’ils font ça pour décourager les petits garçons bien-pensant qui aiment voir des messages pseudoaltermondialisteanticonsommationcryptopenséeuniquepédéblogueur partout? Je disais juste ça comme ça hein? Parce que, personnellement, l’art contemporain je m’en tape, sauf quand quelque chose m’attire au hasard d’une ballade, et qu’en plus je déteste la fondation Cartier (rien que le nom me fait penser au mauvais goût d’un bijoutier place Vendôme). C’est un des endroit les plus snobs de la capitale, que tout le monde adore, au milieu de ce boulevard déprimant et sans intérêt. Bon, j’arrête parce que de toute façon je n’ai pas la niaque aujourd’hui. Je repense à ce post magnifique du Matoo post coïtal, et je me dis qu’il ferait mieux de baiser avec un garçon qui lui plaît plutôt que d’aller voir des expos. bizzzzssss

  4. Bon quitte à faire mon Poujade de base, et bien qu’un débat sur l’art comteporain (ajouter les guillemets selon besoin) dépasse un tant soit peu le cadre d’un comm, d’une note, ou même d’un blog… j’aurais nette tendance à être d’accord avec Lamachine.

    Si l’art doit s’expliquer… en est-ce? Ou est-ce juste une thèse? Je suis allé récemment à l’expo « pas de jour sans une ligne » au Zentrum Paul Klee. Bon à part l’oeuvre et le titre d’icelle, rien. Et? Et ce fut parfait. Miraculeux. Extraordinaire.

    C’est ce qui fait la différence entre Klee et d’autres qui ont besoin de tout un fatras teknikartien pour être perçus comme artiste. Perso, quand je voudrai voir des démarches, ben j’irai à une expo de démarches. En attendant, quand je vais à une expo d’art, j’aimerais bien voir de l’art. :boulet:

  5. Faut-il avoir des clés pour apprécier .. Moi je ne veux rien savoir des oeuvres ou des artistes… « ils ont fait leur boulot  » …. qu’ils( elles ) laissent faire le mien …. recevoir ce qu’ils ont à offrir ….
    Regardez-vous scrupuleusement les ingrédients du nutella pour savoir comment c’est bon ! C’est bon !! ( c’est tout ) … sourires
    J’aime l’art contemporain pour ouvrir ma curiosité , mettre en éveil mes sens … titiller l’inutile, (donc peut-être l’essentiel ) …. aiguiser mes colères …
    c’est interessant de creuser notre rapport à l’art … Bonne pioche cher Msieur ! en tout cas , cela me donne envie de découvrir cette exposition …

  6. Moi quand j’entends des gens dirent qu’un artiste « A voulu montrer que » ou « A voulu dire que… » je me dis que l’artiste s’est planté. Que si on veut dire quelque chose, la meilleure façon que les autres l’entendent, ben, c’est de le dire. Que si on veut faire de l’art, on fait de l’art, et que si on veut parler, on parle. Mais que l’art ne parle pas.
    C’est pour ça, sans doute, que je ne suis pas super réceptif à l’art moderne qui pour moi est souvent révélateur d’une incapacité technique, en se cachant derrière des intentions.
    Tout ça pour dire que les oeuvres d’art n’ont pas besoin d’être accompagnées de mots pour parler, en théorie. Maintenant, si après avoir vu l’expo tu as envie d’en savoir plus, c’est une démarche parfaitement compréhensible et noble. Mais il faut d’abord que l’expo ait su te parler pour qu’elle soit réussie.

  7. De temps en temps, les oeuvres portent assez en elle-même pour me faire comprendre leur message. Parfois, il n’y a pas de message, et je comprends ce que je veux. Parfois, j’aime lire le message afin de le confronter à ma propre pensée. J’aurais juste aimé quelques mots pour donner le contexte. Quand j’étais allé voir les peintures du 17 et 18e au Grand Palais, il y a avait des explications de contexte historique et artistique qui permettaient aussi de comprendre les thèmes employés et pourquoi (alors qu’à priori, les oeuvres sont extrêmement figuratives !!). J’aime cette double approche en art !

    Je suis vraiment fan de Kandinsky depuis pas mal d’années. Avant de lire « point, ligne, plan », je n’appréciais pas autant ses oeuvres. Depuis je les regarde avec un autre oeil, et mon plaisir est décuplé. Je me souviens en particulier un tableau qui ne m’avait pas spécialement branché, bof bof. Et puis, j’ai lu qu’il s’agissait de la peinture d’une voix d’une jeunne femme. Alors j’ai compris, et j’ai trouvé la démarche et le résultat saisissants !!!

    Voili voilou. Je ne milite donc pas spécialement pour le « tout pédagogique » mais j’estime qu’un miminum peut m’aider à plus en profiter, et à finir moins bête.

  8. ma ossi j’em kon m’ex-plik laids chauses ki neuds part leupa d’aile m’aime.

    Lard neud serait zumpa o plaies zireste tique ou-émo tif k’il DéGAGE !
    Part foie, c’est la démarche de l’artiste qui est plus intéressante que la réalisation d’icelle !

    Pfff. prout.

  9. Ca vole haut dans les commentaires aujourd’hui, comme quoi l’art a du bon, et fait au moins fuir les abrutis qui vous insultent dès qu’on critique leur gourou… Mais ça va Matoo, arrête de pleurer puisque visiblement elles y étaient les explications : il fallait juste ouvrir un livre pour les avoir. Tu voulais quoi en fait? Qu’elles soit collées juste à côté c’est ça? Et pourquoi pas sur l’oeuvre pendant que tu y es? Comme ça tu aurais les deux en même temps, l’art et l’explication, pour être encore plus intelligent!

  10. Fsssh le matou il a encore toutes ses griffes ! Sinon parfaitement hors sujet mais ça me tarabuste: pourquoi la fenêtre de comm sous Firefox/Windows – chouette ! – elle est redimensionnable mais pas sous Firefox/Mac – pas glop? Sinon bis quelqu’un a lu Domecq?

  11. Adieu petit Matoo, je t’aimais vraiment beaucoup, mais c’était peut-être un amour un peu trop vache pour que tu le comprennes (il faut te dire quoi? Que tu es génial pour que ça marche?). Oui, je vais aller me faire enculer, non pas parce que tu m’y invites avec tant d’élégance, mais parce que c’est plutôt bon… Je croyais que les commentaires d’un blog intelligent pouvait être un espace de liberté où l’on se fait insulter par des abrutis, ce qui est toujours un délice, mais pas que l’auteur lui-même, qu’on tenait en haute estime, ne se laisserait jamais aller à cette facilité. Ce n’était pourtant pas si méchant… si? Et l’image des étiquettes sur un tableau, je trouvais ça plutôt rigolo.
    Ne t’inquiète pas, je ne reviendrai plus t’embêter… Je vais rayer ton blog de mes signets pour te laisser te mettre en scène sans dissonance aux yeux de tous tes admirateurs, qui doivent te renvoyer cette image d’un type sensible, anticonformiste, plein d’humour, simple et intelligent, dans laquelle tu dois tant aimer te regarder… Ciao!

  12. Walalalala, top !!! Il suffit juste de les envoyer se faire enculer !! Mais pourquoi n’y avais-je pas pensé avant !

    Ma chère Vipère, je ne suis que trop heureux de t’avoir fait comprendre l’incurie de me lire. En effet, je n’aime pas tes commentaires, et je suis hyper content que tu ailles voir ailleurs si j’y suis.

    J’aime les gens qui savent me montrer que j’ai tort ou me faire part de leurs avis divergents, mais qui n’ont pas besoin pour cela de me faire passer pour un con, ou en m’insultant ou bien en cassant méchamment et gratuitement tout en se réfugiant derrière l’anonymat (et en étant bien évidemment surtout pas blogueur).

    Et bonne bourre alors mon chou ! Ce qui est cool, c’est qu’en plus, tu ne liras jamais ce commentaire, et ne pourras donc pas y répondre. Sinon cela voudrait dire que « le MatooBlog c’est plus fort que toi », et j’en serais fort désolé… pour nous deux ! :petard:

  13. Si je suis d’accord avec le gros de ta réponse, je suis surpris quand même par « et en étant bien évidemment surtout pas blogueur ». Sous le coup de la colère? Parce que quand même ce n’est pas le fait d’être blogueur qui valide ou non une opinion? Je le fus, je ne le suis plus, mais je continue à butiner de ci de là les blogs qui me plaisent. Et, quand je crois avoir un truc à dire, je le dis.

    (Ne pas me dire d’aller me faire enculer: ça me rappellerait que j’aimerais beaucoup mais personne ne veut. Vierge, c’est déjà pas cool, mais vierge frustrée c’est bien pire :pleure:)

    Pour être moins ‘irrelevant’… je conseille vraiment la lecture de ‘Artistes sans art’, de J.-P. Domecq.

  14. lamachine> Ludovic> Je comprends votre réaction, et il faut en effet que je complète cela. Blogueur et non-blogueur, ça ne fait aucune différence pour moi évidemment. C’est juste que ce sont toujours des non-blogueurs qui se permettent des critiques saignantes, et on ne peut donc pas aller vérifier si l’hopital ne se fout pas un peu de la charité. Tenir un blog soi-même permet aussi d’avoir un peu plus d’humilité lorsqu’on critique les autres blogueurs.

    Sinon on peut me critiquer à l’envi qu’on soit blogueur ou pas ou anonyme complet, tant qu’on reste cool, ça me va ! Au contraire même, j’aime qu’on me montre parfois mes torts, ce que je reconnais sans problème. En fait j’aime bien qu’on n’oublie pas que je ne suis pas parfait (et que j’en ai conscience, alléluia !). :mrgreen:

  15. Ah OK je comprends – c’est vrai que « la critique est aisée, etc. » (Voilà, j’aurais pas dû arrêter mon blog! Vite! Alors… www. skybl… :-)

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