La vie comme elle va

J’ai souvent eu de bonnes surprises dans cette collection « Grands détectives » de 10/18. Cette fois aussi, mais un peu moins que je ne l’escomptais, d’où une petite déception.

L’auteur, Alexander McCall Smith, un anglais né au Zimbabwe, raconte les histoires d’une dame détective de Gaborone, la capitale du Botswana. Mais alors que je m’attendais à une véritable intrigue policière, j’ai plutôt été le lecteur d’un roman qui décrit l’Afrique ainsi que la vie et les moeurs au Botswana. Du coup, la trame du « polar » est quasi inexistante, et le fait que Mma Ramotswe soit détective n’est qu’un détail. L’enquête n’est un prétexte qui prend quelques pages du bouquin et est quasiment « en plus ».

L’auteur par contre profite de cette scène et de ces personnages pour montrer quelques instants de la vie dans ce pays d’Afrique. Il a construit une galerie de protagonistes qui sont des acteurs typiques de la vie africaine, avec J.L.B. Matekoni, qui est le fiancé de la détective, Mma Makutsi qui est son assistante ou bien encore les deux apprentis mécaniciens de J.L.B. Matekoni qui est garagiste.

Il est très intéressant de constater que les hommes sont en général plutôt considérés comme des êtres veules et pas très fins, tandis que les femmes sont débrouillardes, pragmatiques et manipulatrices. Donc malgré des clichés qui verraient d’un premier abord une société machiste, on a plutôt un fonctionnement social qui repose en grande partie sur le matriarcat. Tout cela est présente au travers de saynètes très africaines où les femmes bavardent, palabrent et jacassent, les hommes draguent, se défilent et réparent de vieux tacots, et Mma Ramotswe, fine connaisseuse du genre humain, joue les psychologues pour arriver à ses fins tout en respectant la bonne et sage morale du Botswana.

Pour situer un peu l’histoire, dans cet opus (le cinquième de la série), Mma Ramotswe s’inquiète un peu que son fiancé J.L.B. Matekoni ne la demande toujours pas en mariage. Ce dernier se fait alpaguer par la directrice d’un orphelinat qui veut absolument lui faire faire un saut en parachute sponsorisé. Il a peur, mais il n’ose pas refuser. Et pendant ce temps là, Mma Holonga, une riche dame qui a fait fortune dans les salons de coiffure, demande une enquête sur quatre prétendants afin de savoir lequel elle va épouser.

Le bouquin se lit facilement, et c’est en somme une lecture plutôt agréable et sympathique. Mais pas plus que cela. Je vais essayer d’en lire un autre pour voir si la veine policière est un peu plus consistante.

La vie comme elle va - Alexander McCall Smith

4 Commentaires

  1. Non, désolé, mais la fameuse trâme policiaire des Mma Ramotswe n’est qu’un prétexte à nous faire partager ses réflexions et son quotidien. Tu ne trouveras rien de plus dans les autres tomes. Voilà ici un billet sur [les larmes de la girage (t2)|http://www.blog-on-air/index.php/2005/09/01/45-les-larmes-de-la-girafe|fr], quelques [morceaux choisis|http://www.blog-on-air.com/index.php/2005/09/15/66-un-peu-de-bon-sens|fr], et encore un peu de [sagesse populaire|http://www.blog-on-air/index.php/2005/09/03/51-sagesse-populaire|fr]

  2. Amateurs de polars violents, sanglants, d’intrigues complexes passez votre chemin. Par contre si vous aimez les histoires simples, avec de bons caractères, originaux; des descriptions « d’univers » plutôt éloigné du nôtre; que vous revez d’une société ou les rapports humains sont basés sur la civilité, l’écoute, la compréhension et l’entraide; Alors lisez vite les aventures de Mma Ramotswe et de Mr JLB Matekoni. Il y en a déja cinq de publiés.

  3. Oui, je suis de l’avis de Bernard. J’ai lu toute la série en anglais, au fil des parutions et des voyages, les miens et ceux des copains.
    Ce qui m’impressionne, c’est comment un mec, professeur de médecine légale dans une université écossaise, arrive à se mettre dans la peau, et la culture d’une femme, pas très ordinaire, du Botswana.Avec quelle empathie.
    On entre dans un autre monde, on voit le monde du Botwana, et on a risque se mettre au thé rouge!
    P.S. Le graphisme des couvertures des éditions anglaises, ethique-africaniste, est bien plus beau.

  4. pour le thé rouge, c’est déjà fait :pompom:. nous avons profité d’un séjour à Paris pour faire une halte (coûteuse!) chez Mariage frères, et depuis on carbure à la boisson de mma ramotswe : il faut savoir que le thé rouge n’est pas un vrai thé (il n’est pas issu d’un théier), et par conséquent est naturellement déthéiné. On peut donc en boire jusqu’au bout de la nuit, et c’est délicieux! :rigole:

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