Lisboa a noite

Sur ma chanson préférée d’Amália Rodrigues, je m’en vais vous raconter ce week-end à Lisbonne ! Rien de transcendant ou de la veine de mon habituelle découverte des gaietés européennes vu que ma maman était tout le temps avec moi. D’ailleurs j’ai bien eu envie de la jeter régulièrement sans pitié sous un de ces typiques tramways, même si dans l’ensemble ces quelques jours se sont plutôt bien passés.

Un long week-end à deux heures d’avion, trois jours à 35°C avec un ciel bleu et une capitale dont l’atlantique (ou plutôt le Tage) vient lécher les bords, voilà quelques caractéristiques qui font que j’ai eu l’impression de partir beaucoup plus. L’objectif était vraiment de faire découvrir Lisbonne à ma maman donc nous avons pas mal marché, mais aussi utilisé les transports en commun qui sont impeccables. Fiables, peu chers, omniprésents, nous avons été comblés par l’utilisation des trams, bus ou métros.

Arrivé vendredi après-midi à notre hôtel vers la praça Marquês de Pombal, nous avons rapidement opté pour descendre les Champs Elysées lisboètes ou l’Avenida da Liberdade afin de rejoindre le centre-ville.


plan de Lisbonne

J’avais envie de montrer à mÔman en gros la manière dont Lisbonne était organisée, et le genre d’architecture que l’on pouvait y trouver. Et le mieux pour cela, c’est de marcher dans le centre, mais dans un premier temps de filer un peu en hauteur pour choper un panorama. Donc en descendant l’avenue, nous avons passé le métro Avenida et sur la droite, nous avons emprunté un des nombreux elevadores qui sont d’antiques funiculaires électriques en bois tout grinçants (à touristes !) qui permettent de grimper des pentes vertigineuses.


plan de Lisbonne

Il s’agit de l’elevador de Calçada da Glória qui permet d’atteindre le Miradouro de São Pedro de Alcântara.

Elevador Calçada de Glória

Miradouro de São Pedro de Alcântara

J’étais bien ému alors, car cette magnifique vue sur tout Lisbonne et l’océan sur la droite m’ont rappelé que j’étais à ce même endroit quelques années plus tôt avec Cécilia (en 1998 pour l’Expo Universelle).

Ensuite, nous nous sommes baladés dans un des quartiers les plus sympathiques de Lisbonne : le Bairro Alto. On y trouve des tas de rues qui se croisent dans tous les sens, avec des bars, des restos et un peu de tout. L’endroit est très animé la nuit surtout, mais agréable le jour car la minceur des rues permet d’y conserver une certaine fraîcheur. La nuit justement, on peut entendre s’échapper de certains lieux le genre de chanson que celle que vous pouvez écouter là.

Nous avons traversé le quartier et avons continué tout droit jusqu’à rencontrer la mer à Cais do Sodré. J’en passe mais sur le chemin nous avons fait un crochet pour aller voir quelques églises ou couvents (notamment la igreja do Carmo qui est superbe). Du coup, on est allé vers la gauche (face à la mer) et nous sommes arrivés à la magnifique Praça do Comércio. Cette place qui donne sur la mer et s’ouvre sur le coeur de Lisbonne est monumentale. Elle a cette perfection géométrique et symétrique d’une place des Vosges mais avec cette luminosité du sud et ses murs jaunes qui la rendent encore plus impressionnante.


plan de Lisbonne

Praça do Comércio

Cette vue me rappelle aussi beaucoup Cécilia, de même qu’un passage de « Capitaines d’Avril » que j’aime particulièrement. D’ailleurs pas mal de plans extérieurs du film sont à reconnaître dans la capitale du Portugal qui a été la principale spectatrice de la révolution des Œillets.

Nous sommes alors remontés par l’avenue principale commerçante (rue de Rivoli en quelque sorte…) : Rua Augusta. Et en remontant, on trouve sur la gauche au niveau de la rua de Santa Justa le fameux elevador de Santa Justa.


plan de Lisbonne

elevador de Santa Justa

On dit souvent que c’est une oeuvre d’Eiffel mais à tort (je le pensais aussi), en fait c’est Raoul Mesnier du Ponsard à qui l’on doit cette oeuvre métallogothique de 1902.

Nous sommes lentement remontés vers les praça de Rossio, Dom Pedro IV et enfin Restauradores avec leur lot de statues et de rappels historiques (souvent liés au fait d’avoir viré Napoléon et les français de chez eux, hé hé). Nous avons alors repris le chemin de départ (Avenida da Liberdade) et sommes allés nous reposer de cette longue marche.


plan de Lisbonne

Le lendemain, le samedi, nous avons pris le tramway 28 (vers la base du castelo de São Jorge) afin de faire un long tour de la ville, et de la voir sous toutes ses coutures. Cela nous a amené à croiser pas mal de monuments, de styles architecturaux, de montées poussives et de descentes allègres ! Finalement, nous avons atterri au cimetière de Prazeres , nous avons alors exploré à pied le coin, et trouvé de beaux panoramas du ponte 25 de abril et du Cristo Rei (comme celui de Rio).

L’après-midi, nous sommes retournés dans le centre pour visiter le castelo de São Jorge et ses environs. Il n’y a pas grand-chose à voir, mais le panorama est encore saisissant et il nous a donné une vue opposée à celle de la veille. Nous sommes alors redescendu par un autre quartier typique : Alfama. Sur le chemin, le Miradouro Santa Luzia donne une autre vue incroyable de la ville et des toits (avec le Tage juste en dessous…).


plan de Lisbonne

Etant donné que j’allais me faire infanticider si je faisais faire un pas de plus à ma génitrice, j’ai opté pour une calme fin d’après-midi au Parque das Nações tout à l’est de la ville. Il s’agit du recyclage des bâtiments et espaces urbains de l’Exposition Universelle de Lisbonne en 1998. J’ai été épaté de la réussite du projet. L’endroit est non seulement très bien préservé, mais en plus vieillit plutôt très bien et est largement fréquenté par les lisboètes du fait de ses parcs, promenades, son aquarium, ses restos, son centre commercial etc. Et puis le fameux ponte Vasco de Gamma assez impressionnant du long de ses 17 km (dont 10 au-dessus du Tage).

Parque das Nações

Les soirées ont été consacrées à se promener dans les rues du Bairro Alto principalement à la recherche de restaurants pas trop étiquetés « touristes » afin d’écouter du Fado tout en mangeant du bacalhau (ce qui est l’activité nocturne de base du touriste), mais j’ai du céder au mal de pied de mÔman. ;-)

Dimanche, nous avons pris le bus pour aller un peu plus loin, à Belém. Il fallait vraiment voir la fameuse et incontournable Torre de Belém et surtout (à mon avis) le Mosteiro dos Jerónimos. Ce dernier est un monument à l’architecture (manuéline il parait !) très belle et impressionnante. Une merveille de dentelles de pierre et de dédales de piliers, de salles et de chapelles. Je n’avais jamais vraiment visité la Tour de Belém et ça vaut vraiment le coup. Elle était originellement située au milieu du Tage en 1515, mais se retrouva au bord après le séisme de 1755 (qui a détruit quasiment tout Lisbonne, ce qui explique que la ville date en gros intégralement du 18e siècle) qui changea carrément le cours du fleuve. La Tour est un ouvrage très élégant, majestueux et finement sculpté pour de l’architecture militaire. Mais Belém surtout, il faut le dire, c’est là que se trouve la pastelaria qui est à l’origine des Pastéis de Nata !! Nous ne nous en sommes pas privés… ;-)

Torre de Belém

L’après-midi, nous avons calmement visité le Museu Nacional de Azulejos, et surtout profité d’un salon de thé très agréable, au frais à l’ombre des palmiers et bougainvilliers en fleurs. Le musée se trouve dans un ancien couvent et possède une incroyable collection d’azulejos. Mais bon, moi les azulejos au bout d’un moment, j’avais l’impression qu’on était en train de visiter une expo de carrelage chez Leroy Merlin. :-) Du coup, je ne me suis pas bien appesanti, je dois l’admettre. :langue:

Par contre, il y a deux salles qui ont retenu mon attention. Il s’agit de deux exemples d’intérieur d’église baroque complètement délirant. Cette avalanche de dorures et de circonvolutions architecturales donnent mal au coeur et sont franchement horribles… et magnifiques à la fois ! La seconde salle est carrément consacrée à des reliquaires et ossuaires tout de pierreries et d’ors vêtus. Eurk… ce que la religion catholique fait de plus païen et animiste dans le genre idolâtrie, grigri et polythéisme déguisé !

Lundi matin, mÔman m’aurait vraiment tué si j’avais voulu faire autre chose ou simplement évoqué l’idée de marcher plus avant, donc nous avons sagement gagné le centre-ville pour acheter de jolis souvenirs (mein gott !) et des Pastéis de Nata (que je mange en ce moment même… bonheur !).

Voilà ! Je suis assez content car je pense qu’on a vu ce qu’il fallait dans le peu de temps que nous avions, et cela sans se presser et sans faire de choix cornéliens, ni galérer. J’ai pu éprouver mon portugais, ce qui m’a fait très plaisir et beaucoup rigoler. Je suis vraiment fasciné par cette langue que je trouve d’une beauté dingue.

Bon la prochaine fois, un peu plus longtemps… et puis je pourrais visiter un peu le milieu gay lisboète. Hé héhé. D’ailleurs les mecs sont plutôt très mignons. Je suis certain que Diego en serait féru… des petits bruns râblés à l’exquise ascendance sarrasine. Huhu. :mrgreen:

Allez, Lisboa a noite puisque c’est la nuit… Et puis nous sommes le 21, c’est la Saint Matoo aujourd’hui ! Nah !

9 Commentaires

  1. Par a priori, je ne suis absolument pas attiré par les apys du Sud. Raison bètement climatique. Mais là, je vais finir par croire qu’il vaut mieux aller à Lisbonne un weekend qu’à paris un Dimanche de pique nique! ( petite rancoeur passagère gniark gniark!):lol:

  2. Enfin je me décide à laisser une bafouille sur ton blog que je lis quotidiennement avec plaisir. Juste pour te signaler que la morue est masculine au portugal et qu’en la francisant il faut dire « le » bacalhau. Sinon merci pour le voyage et bonne fête.

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