Gabrielle

Un couple de riches parisiens dans les années 1910, Pascal Greggory (Jean) et Isabelle Huppert (Gabrielle), un couple qui tient une sorte de salon à la mode, et qui reçoit tous les jeudis soirs des gens de leur milieu. Ils sont tous engoncés dans leurs moeurs étriquées, leurs relations glaciales et aristocratiques, ainsi que leur domesticité omniprésente. Le couple Isabelle Huppert et Pascal Greggory ne fait pas exception à la règle. Tout est donc réglé comme du papier à musique jusqu’au jour où il trouve en rentrant un soir une lettre où elle explique qu’elle part avec un homme, et ne reviendra pas. Elle revient néanmoins presque aussitôt.

La figure austère et figée de ce couple tout en retenu, en manières et en protocole explose alors sous la pression et la violence des sentiments. D’abord, Jean se maîtrise, mais devant l’incurie et la provocation de Gabrielle, son masque cède peu à peu et laisse place à une véhémence déchaînée. Gabrielle est revenue, mais a changé, elle ne peut plus faire semblant. Elle continue dans son rôle de Madame Hervey, tout en assumant ses actes et en faisant montre de la cruauté la plus chirurgicale sous forme d’une franchise sans tact, qui conduit à une violence verbale sans ambages.

Le film reconstitue remarquablement bien l’esprit aristo du début du siècle dernier, et les conventions pachydermiques du couple de l’époque. Je n’ai pas été emballé par cette oeuvre de Chéreau. En fait, je lui trouve un potentiel non négligeable d’emmerdement devant une histoire à l’intrigue aussi minimaliste.

Ce qui est troublant dans cette oeuvre atypique c’est la violence qui en anime toutes ses séquences. Violence des rapports, des dialogues, des gestes, des visages et de la mise en scène. A cet égard, le film ne laisse vraiment pas insensible tant Chéreau a creusé cette veine, et a rendu avec beaucoup de talent ces sentiments exacerbés à l’extrême.

De même, on ne peut que saluer l’excellence de Pascal Gréggory et Isabelle Huppert. Ils sont remarquables, et remarquablement dirigés. Ils occupent l’espace, à la fois physique et temporel. Ils ont une présence extraordinaire, et aimantent l’attention même lorsqu’ils sont sans dialogue. Mais du coup, on dirait presque du théâtre. A la fois dans cette présence « surhumaine » et aussi dans une mise en scène qui joue sur le ressort tragique avec beaucoup d’effets et de manipulations. Les comédiens en font tellement, on les imagine beaucoup plus sur des planches que sur un écran de cinéma.

J’ai trouvé que Chéreau usait trop d’un maniérisme et d’une préciosité dans sa mise en scène qui ne m’ont pas vraiment inspiré. Je n’ai pas été sensible à cela, et je n’y ai pas vu grand intérêt au final. Du coup, malgré de très bons acteurs et quelques points positifs comme cette incarnation cinématographique de la violence, j’ai une impression finale mitigée.

Niklas a plus apprécié que moi.

Gabrielle

8 Commentaires

  1. Comme Matoo, j’ai été déçu par ce film dont la bande annonce laissait tant espérer. L’ennui, c’etsque la bande annonce raconte la première demi-heure du film, ma gisrale, et qu’apèrs ben…on s’emmerde un peu et c’est trop théatral pour qu’on soit touché. Gregory et huppert sont impeccables mais ça ne suffit pas malheureusement. Ca aurait fait un très bon court métrage par contre!:salut: a l’opposé, Les Ames grise stient toute sle spromesses de sa bande annonce et plus!:rigole:

  2. C’est clairement du théâtre filmé et revendiqué en tant que tel. Il est vrai que l’intrigue est minimaliste et d’ailleurs si l’on se surprend parfois dans des comportements totalement disproportionnés aux faits ; c’est une parabole, tout simplement. Pour la violence, je suis bien d’accord, et il y a cette chose extraordinaire que de filmer les mots (outre la lettre, ça arrive pour deux répliques de Jean, lorsqu’il crie après les domestiques qu’il veut qu’on le laisse tranquille, et lorsqu’il demande à Gabrielle de revenir).
    C’est assez inexplicable, en fait, c’est une question d’atmosphère, franchement, j’ai adoré ce film.

  3. Ce qui m’a troublé c’est surtout que le personnage de jean au départ ne réalsie pas la violence de sa condition. la violence qu’il impose a sa femme : pour lui tout va bien et il ne va pas chercher plus loin. C’est un sentiment malheureusement trés fréquent, c’est même pas de l’égoisme c’est la négation de l’atérité.
    Aprés chéreau est un peu gonflant car il se sert de ses films pour faire des gammes tenter des trucs (intimité et les coucheries, margot et les costumes, son frere et la dv etc…). au bout d’un moment moi j’ai envie de lui hurler « bon maintenant que tu maitrises tout ça tu nous le fais ton trés gnrad film oui ou merde???? »

    yann

    Ps pour ceux que ca interresse j’ai fait une itw exclusive de lui pour la sortie de son frere disponible à la demande. Une heure de questions sérrées il a halluciné sa mère…
    ;)))

  4. Je n’ai jamais été complètement enthousiasmé par les films de Chéreau.
    En revanche sa mise en scène de Phèdre de Racine est sublime : Dominique Blanc y est bouleversante,Pascal Grégory poignant, et le récit de la mort d’Hippolyte met le spectateur le plus insensible au moins au bord des larmes.

  5. Ce film est prétentieux, et sous sa prétention (théatralité, affichage littéraire, jeux de miroirs), il ne dit rien. Le message est du niveau « psychologie de comptoir », cela fait pitié.

    La chute m’a fait rire, tellement c’est ridicule.

    Heureusement qu’Huppert est là (parce que même gréggory, on n’y croit pas). D’un autre côté, les personnages sont si caricaturaux (et surtout vus et lus 7000 fois dans l’Art depuis le XVIIèmèe siècle et la Nouvelle Héloïse de Rousseau) que ça doit pas être facile pour les acteurs.

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