Les Noces funèbres de Tim Burton

Du vrai, du bon, du fantastique Tim Burton ! Dans le fond, dans la forme, tout est extraordinaire et le résultat est époustouflant. Autant j’avais été un petit peu déçu par « Charlie et la chocolaterie » car j’avais du mal à y reconnaître la patte de Burton (puisqu’il n’en était pas l’auteur après tout), autant là je retrouve son esprit, ses gimmicks et son imaginaire.

Il s’agit d’un film d’animation en « stop-motion », donc à la barbare : on bricole une scène, on positionne les personnages articulés et hop, plus personne ne bouge, clic-clac ! Un cliché pour chaque seconde du film final. Cela donne au film une texture vraiment unique et un côté à la fois authentique et « bouts de ficelles » très charmant. Du chapi-chapo à la Burton comme pour « l’Etrange Noël de Monsieur Jack », ce dernier était d’ailleurs réalisé par Henry Selick, à qui l’on doit aussi le merveilleux « James et la pêche géante ».

Victor (Johnny Depp, impossible de ne pas le reconnaître) est le fils de poissonniers fortunés qui voudraient entrer dans la haute, tandis que Victoria est la fille de nobles désargentés qui veulent échapper à l’hospice. Les parents font donc un échange de bons procédés en mariant leurs rejetons contre leur gré. Mais quand les deux se rencontrent, l’inattendu se produit : ils se plaisent ! Seulement Victor est très nerveux et maladroit lors de la répétition du mariage (avec Christopher Lee en ténébreux curé), il s’enfuit donc pour répéter son « rôle ». En mimant de passer la bague au doigt de sa belle à ce qu’il pense être une branche morte, il passe l’alliance au doigt « squelettique » d’un macchabée en décomposition avancée. Seulement, elle n’attendait que cela, et voilà qu’une jeune femme morte habillée en mariée sort de terre. Emily (Helena Bonham Carter) se croit sa promise et enlève Victor dans le monde des morts. Ironie du sort : le monde des mort est beaucoup plus festif, joyeux et coloré que celui des vivants !

J’ai adoré l’univers que Burton a imaginé. Il n’est pas très original quand on connaît bien l’oeuvre du gars, mais cela fait toujours énormément de plaisir à le retrouver et à guetter les clins d’oeil et récupérations ou bien les nouveautés par rapport aux anciens opus. On y retrouve des inspirations de « l’Etrange Noël de Monsieur Jack » ou de « James et la pêche géante », mais surtout j’ai été ravi de retrouver tout l’univers de « Beetlejuice ». Ce monde des morts et ces personnages ressemblent furieusement à ceux de ce film cultissime. D’ailleurs l’asticot d’Emily me fait vraiment penser à Beetlejuice en personne.

On ne s’embête pas une seconde entre des musiques et chansons tonitruantes que l’on doit encore à Danny Elfman (encore meilleur et plus original dans ce film que d’habitude) et les extravagances des personnages secondaires. Chez Burton, les histoires d’amour sont toujours passionnelles, contrariées et finissent très bien, donc le film prend rapidement la forme d’un conte. Et même si on en connaît aisément la fin, on ne peut jamais savoir par quelle voie ce poète du cinéma va nous emmener. Indispensable !

Les noces funèbres de Tim Burton

9 Commentaires

  1. Concernant Charlie et son chocolat Wonka, je dois dire pour ma part que j’ai bien retrouvé justement l’univers de Burton, certes bien plus dans les décors hypracolorés, le côté décalé et la mise en scène que sur le scénar, mais bon ça reste un très bon Burton.
    Les noces en vue demain avec la borguette

  2. Indispensable, oh que oui, je confirme.
    Petite précision au sujet de la distribution en or (formidable Christopher Lee), les voix des parents de Victoria sont celles d’Albert Finney, qui en plus d’être un grand monsieur du cinéma jouait déjà dans Big Fish, et de Joanna Lumley, qu’on connaît évidemment pour Ab Fab mais qui a aussi laissé à certains – dont moi – un souvenir moite pour son rôle de Purdey dans les Chapeau Melon et Bottes de Cuir de mon enfance.
    Que du bonheur !
    :rigole:

  3. Rhôôô j’ai adoré. La borguette un peu moins.

    Par contrechose étonnante. Quand Victor passe la bague au doigt à Emilie, il le fait à l’index et hop scène suivante par magie elle se retrouve sur l’annulaire)

  4. Je remarque avec amusement et joie que depuis la sortie de ce nouvel animé de Tim Burton, le DVD de « L’étrange Noël de Mr Jack » est dans les top-parade des ventes ! Tant mieux !!

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