Livre 1 – XIV

De mon frère Sévérus : l’amour du beau, du vrai, du bien ; avoir connu, grâce à lui, Thraséas, Helvidius, Caton, Dion, Brutus ; avoir conçu l’idée d’un état juridique fondé sur l’égalité des droits, donnant à tous un droit égal à la parole, et d’une royauté qui respecterait avant tout la liberté des sujets. Et de lui aussi : l’estime constante et soutenue pour la philosophie ; la bienfaisance, la libéralité assidue ; la confiance et la foi envers ceux qui se trouvaient les avoir mérités, et ne pas laisser ses amis se demander : « Que veut-il, ou que ne veut-il pas ? », mais être d’une évidence nette.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

Cette phrase m’avait tellement surprise de la part d’un empereur romain. Etait-il un tel homme ? Un tel homme d’état ? Aussi préoccupé d’égalité, de fraternité et de liberté ? Trois valeurs inscrites bien plus tard dans notre devise… Encore une fois, des années lumières d’avance par rapport aux systèmes politiques à naître en Europe !

5 Commentaires

  1. Euh, les Anciens n’avaient pas du tout la même notion que nous d’égalité, de fraternité et de liberté. Ils n’ont jamais remis en question la question de l’esclavage, et la supériorité de Rome et d’Athènes étaient pour eux une telle évidence qu’ils n’ont même pas envisagé une remise en cause de ces présupposés.
    Premier exemple, sa conception de l’égalité et de la justice est typiquement aristotélicienne, ie « distributive ». En gros, à chacun ses droits selon leurs mérites. Si les esclaves avaient peu de droits, c’est parcequ’ils ne les méritaient pas. (cf Ethique à Nicomaque d’Aristote).
    Deuxième exemple, Marc-Aurèle pense la fraternité en bon romain. C’est-à-dire qu’il ne l’envisage pas une seule seconde sous l’angle de l’universalité (c’est le judéo-christianisme qui nous l’apportera), mais seulement en terme d’amitié.

  2. Je lis cette citationcomme si elle avait été écrite en 2005… Matoo, que les critiques ne te découragent pas ! Marc-Aurèle à 5 h du matin,
    avant d’aller dormir, et pour nous autres lecteurs, bravo et merci !

  3. Non non, Etienne a tout à fait raison, je le remercie beaucoup pour ce commentaire d’ailleurs. Je souscris complètement à cette remarque. Je n’oublie vraiment pas dans quelle époque se situe ces réflexions, et je sais aussi qu’il était très à l’aise avec ses esclaves, les gonzesses à la maison, et à guerroyer en massacrant ses ennemis à coups de haches !!

    De plus, je choisis sciemmment ce qui m’intéresse et laisse de côté certaines assertions terriblement « romaines ».

    Malgré tout, et Etienne ne le réfutait pas, il s’agit de pensées qui me plaisent avec cette distance temporelle et tout en considérant le monde de barbares dans lequel il évoluait.

    Encore merci ! :kiss:

  4. Bien entendu, Etienne a raison : il ne faut pas oublier le contexte
    historique. Il n’empêche que ces pensées sont toujours d’actualité
    et ne nous laissent pas indifférents, deux mille ans (ou presque)
    après avoir été écrites.

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