Le Magnifique

Je parlais de vieux films avec un collègue dernièrement, et on se met à se remémorer avec beaucoup d’hilarité ce film avec Belmondo : « Le Magnifique ». Un film de 1973 de Philippe de Broca avec un Belmondo touche-à-tout qui surjoue parfaitement les agents secrets et l’écrivaillon dépressif et une superbe Jacqueline Bisset.

Mon collègue m’a ramené hier un CD avec ce film en DIVX (ça aussi, ça traîne sur les réseaux… dingue !). Je l’ai donc revu ce soir en me disant que ça avait sacrément vieilli, mais certaines scènes sont cultes pour moi, et me rappelle simplement les sempiternelles diffusions à la télé (c’est le genre de films qui passaient à la télé depuis « toujours » pour moi). C’était quand nous pouvions avec mon frère regarder la télé tard, c’est-à-dire le mardi soir, et que ma mère finissait par convaincre mon père de nous laisser regarder un truc un peu plus folichon qu’une émission politique ou historique. Mon père avait le chic de vouloir nous obliger, pour notre bien, à nous faire regarder une émission politique tout en nous faisant la leçon (d’éducation civique).

Heureusement, môman comprenait rien qu’à nos têtes qu’on allait préférer aller bouquiner dans notre chambre. Heureusement aussi, mon père était fan de Goldorak, et il regardait avec nous, nous donnant l’indispensable caution parentale, tandis que ma mère gueulait que nous allions nous abêtir avec ces conneries ! (Et on se marrait comme des baleines mon frangin, mon père et moi. Et ma mère finissait par nous dire que de toute façon comme d’habitude c’est un Golgoth qui allait se faire casser la gueule, à moins que ce soit un Antérach. Et qu’à par cette incertitude, c’était vraiment à chaque fois la même chose. Et elle nous traitait de « gros nazes » en rigolant.)

Belmondo joue donc le rôle d’un écrivain, assez veule et complexé, qui pisse des romans d’agents secrets dont le héros est « Bob Sinclar » : son antithèse. On voit donc ce qu’il écrit au fur et à mesure où il le fait, et il profite de ses romans pour y mettre toutes ses frustrations et ses désirs. Ainsi, il y fait figurer sa voisine dont il est secrètement amoureux : Jacqueline Bisset. L’originalité et l’humour du film viennent de ces scènes imaginaires qui sont souvent absurdes et l’occasion de numéros burlesques assez faciles. Bref, une de ces comédies franchouillardes qui ont vieilli mais qui gardent un certain charme je trouve.

Il faut noter qu’à l’époque du film, il avait 40 ans le Paul Belmondo, et on peut dire qu’il se portait assez bien :

Le Magnifique - Bob Sinclar (Paul Belmondo)

Le même en écrivain :

Le Magnifique - Paul Belmondo

Et la Tatiana de son roman qui n’est autre que sa voisine anglaise :

Le Magnifique - Jacqueline Bisset

Le Magnifique - Jacqueline Bisset

Une des scènes drolatiques qui m’avait beaucoup plu est au début, où il faut interroger un agent du Méchant. Le méchant c’est Karpov, un colonel albanais cruel et sans pitié. L’agent ne parle qu’albanais donc il faut faire venir un interprète. On voit donc arriver un défilé de mec dans la chambre d’hôpital où le mec est en train d’agoniser. En effet, un type explique : « Nous avons trouvé un interprète albanais, mais il ne parle que le roumain. Alors il a fallu trouver un roumain, mais il ne parle que le serbe. Le serbe ne parle que le russe, le russe que le tchèque. Heureusement, moi je parle le tchèque. ». Et voilà les traducteurs alignés et chacun parle à l’autre qui traduit à son voisin, dans un brouhaha assez cocasse.

Le Magnifique

Il y aussi Bob Sinclar qui perd sa dent creuse au cyanure dans la piscine…

Le Magnifique

Ou l’écrivain qui se venge de son électricien (Jean Lefebvre, ouai ouai ouai !) ou des plombiers en les intégrants dans son roman et en les massacrant !

Le Magnifique - Jean Lefebvre

Un des trucs qui m’avait fait le plus rire gamin, c’est quand la machine à écrire perd son « r », et que Belmondo se met à parler sans pouvoir prononcer les r : « Ma ché-i, montez dans l’hélicoté ».

Et pour se venger du rejet de sa voisine, l’écrivain rend Bob Sinclar hypocondriaque, raté et ridicule.

Le Magnifique - Bob Sinclar (Paul Belmondo)

Et Bisset se vautre même dans la boue en découvrant la Bob Sinclar et la Karpov complètement folles hurlantes !!

Le Magnifique

Le Magnifique - Jacqueline Bisset

Le Magnifique

12 Commentaires

  1. Ce qui est fantastique, c’est l’arrivée de la femme de ménage sur la plage avec son tornado. La première fois que tu vois le film, tu penses que tu as mangé trop de glace à la banane. :petard:

  2. Et hop, une demi-heure de film ce matin en repassant.
    La femme de ménage, je l’adore, « Et c’est tant mieux parce que je f’rai pas ça tous les jours »! (Marie-Pierre Casey?)

  3. J’espère que je puis trouver le film à New York.
    J’ai beaucoup ri en lisant votre billet, ça confirme que je fais de progrès en francais. Surtout amusante c’était la traduction par relais.

  4. C film culte (à mon avis) qui nous a tellement fait rire quand nous étions gamins restera tjrs un de mes films comique préferés…

    Il faut aussi se dire que J-P Belmondo ( pour les fans de Manga ) a insipiré le cultissime Cobra ! mais oui avec Salamandar, Armanoïde, Dan Brad, l’homme de verre etc ….

    Une dernière chose pour les fans de drague : vous avez un grin de peau admirable c quand même de la haute comme compliment ! :o)

  5. Et hop, vu il y a deux jours avec le fils de 14 et la fille de 17: il faut transmettre les valeurs sûres.

    (Et oui: la musculature de Belmondo est une merveille, très fine, juste sous la peau. Je me demande ce qu’il faisait comme sport (ça ne devait pas être de la muscu en salle, quelque chose de plus complet, plus harmonieux (la différence entre prendre des cachets de vitamine C et manger des oranges))).

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