Ars longa, vita brevis.

Hier, Fabien m’avait convié à aller faire un tour au Grand marché d’art contemporain à Bastille. Il est grand amateur de peintures contemporaines et a déjà pas mal dépensé de ses subsides dans les oeuvres de Sophie Jourdan. D’ailleurs il lui en a tellement acheté que son intérieur est une mini-expo de l’artiste et qui fait envie à tout le monde, moi en tête ! J’étais donc content de rencontrer cette femme, et de voir ses réalisations du moment.

Le truc horrible dans ce genre d’endroit c’est que l’on a envie d’acheter énormément de choses, et que c’est évidemment impossible. Je n’avais pas du tout les moyens, et donc l’intention, d’acquérir quoi que ce soit là-bas, mais la tentation est grande. Ce marché a notamment l’avantage de proposer une gamme extrêmement large autant dans le genre des oeuvres (dessins, sculptures, peintures, collages, photos etc.), leurs styles (moderne, classique, abstrait ou figuratif etc.) ou leurs prix (on trouve des petites oeuvres à 30 ou 40 euros, mais aussi des cartes postales ou repros, jusque des oeuvres évidemment hors de prix).

Une manifestation pareille est aussi l’occasion de croiser une population bigarrée et qui prête parfois à sourire. Comme cette grande bourge mal embouchée qui criait à tue-tête Ô génie devant un magnifique miroir dont les bords étaient incrustés de coquillages, un truc odieux digne du magasin de souvenirs de Gruissan (au moins !). On y trouve aussi plein de pédés en couple dont l’un des deux porte le petit caniche (véridique). Mais au final, beaucoup de curieux, d’amateurs et pas mal d’acheteurs qui ressemblent à la moyenne de la population. La dichotomie est aussi assez saisissante chez les artistes avec quelques stars un peu hautaines, des peintres facheunes et arty, des vendeurs de toiles véritables harengères de marchés, etc.

J’ai toujours eu envie d’avoir chez moi de vraies oeuvres, mais il faut avoir un sacré budget pour cela. J’avais fait un premier pas il y a quelques années quand j’avais craqué pour deux toiles d’un peintre dont j’avais vu les oeuvres exposés dans un bar à Bastille. Cela m’avait pas mal coûté de dépenser autant d’argent pour un truc si « inutile », et psychologiquement la barrière était dure à franchir. Mes parents ne sont pas du genre à mettre de l’argent dans des tableaux, il faut dire qu’ils n’en ont jamais vraiment eu le choix. J’aime l’idée de posséder un truc original et absolument unique chez moi.

Mais Fabien est aussi vénéneux que moi dans ce domaine. Nous avons en plus des goûts assez proches, et nous n’avons pas arrêté de nous émuler sur ce que nous pensions de telle ou telle oeuvre. Il a suffi que je me dise que je pouvais bien dépenser trois cents et quelques euros dans un tableau pour commencer à regarder d’un peu plus prêt les travaux que j’admirais. En face de Sophie Jourdan, nous avions regardé avec envie dès l’entrée l’emplacement de Pascal Bordaries. Ce dernier m’a tout de suite rappelé un artiste que je voyais dans une galerie de la Place des Vosges. Je suis resté n fois scotché le nez devant la vitrine où ce peintre exposait en me disant que jamais je ne pourrais me payer une toile (je n’ai jamais osé entrer dans une galerie, et encore moins aurais-je l’audace de demander un prix). C’est en rentrant que j’ai fait le rapprochement (grâce au site de la galerie) et que je me suis rendu compte que c’était bien le même.

A force de tourner et virer, nous étions bien fascinés par des peintures sur des supports très volumineux, ce qui donne beaucoup d’effet et de relief à de simples aplats de couleurs. C’est Fabien qui, quelques stands plus loin, me dit à quel prix était le petit tableau carré (33cm de côté) que nous regardions avec avidité. J’ai dit : « Bon allez, on n’y retourne et si c’est vraiment ça, je l’achète ! ». C’était bien cela, je l’ai acheté ! 320 euros. Aïe. Mais bon, je suis heureux heureux heureux ! :mrgreen:

Il est bien représentatif des personnages que l’artiste figure dans ses oeuvres et dont j’aime beaucoup le style et l’expression. Cela ne vous plaira peut-être pas, mais moi j’adore.

Pascal Bordaries

Pascal Bordaries

22 Commentaires

  1. T’es sur que tu l’as pas accroché à l’envers?:croa:
    Aïe, pas la tête!:mur:
    Bon, même si j’aime pas, au moins pour le prix, c’est visible, quelqu’un qui va chez toi ne peut pas le rater….à part si tous tes murs sont verts!:-)
    Les couleurs sont sympas…mais j’en voudrais jamais chez moi.
    Histoire de donner, du répondant, moi j’ai ça sur un de mes murs:
    http://xavier.lancel.free.fr/Fredeur%20contreattak/tefe.JPG
    Ca ne m’a pas couté un sou et j’ai pu profiter du spectacle des bras et mains d’un bel italien qui s’afféraient avec grâce rien que pour moi!:petard:

  2. Le truc en fait c’est que ton intérêt pour cette oeuvre « décorative » semble être: son prix… et ça… c’est un peu dérangeant…!!

  3. Je trouve que tu as eu parfaitement raison de t’offrir cette petite peinture : bien que l’essentiel échappe toujours dans une reproduction, ce que tu en donnes à voir est déjà intéressant.
    C’est vraiment une chance de vivre dans la « compagnie » d’oeuvres d’art (peintures, sculptures en particulier) : cela forme le regard, apprend aussi tout simplement à voir et à regarder (ce que beaucoup ignorent …)
    Et puis, prendre son temps à regarder une peinture, c’est autre chose que « regarder » une émission de télé, tu verras …
    Enfin, bravo pour le « geste », moi j’approuve (et je sais aussi que ça fait du bien).

  4. bravo ! Je trouve que c’est une bonne idée et une très belle tête (entre klee et chaissac ?) et que tu as super bien fait… il vaut toujours mieux investir dans l’art que dans je ne sais quelle autre connerie ! (conseils d’un vieux con)

  5. Je trouve cette oeuvre très belle ! J’aime la simplicité de composition et la palette chaude.
    Tu as vécu la vraie rencontre artistique : l’oeuvre qui s’invite, qui t’appelle…
    Merci de nous rappeller que l’art est une questionn de sentiments et non d’investissement !

  6. L’essentiel est que l’oeuvre te plaise. C’est bien d’acheter une oeuvre d’art contemporain. Est-ce que tu sais qui est le peintre,
    quelles sont ses autres oeuvres ? Sur l’oeuvre elle-même, je n’ai
    pas d’avis si je ne la vois pas : je comprends qu’on puisse avoir un coup de foudre pour une peinture.

  7. L’essentiel, c’est que ça te plaise !
    Je comprends en tout cas ce que tu ressens, l’adulte que je deviens petit à petit développe ces mêmes envies d’acquérir des oeuvres d’art. Mais bon, en tant qu’étudiant, je n’en ai vraiment pas la possibilité ! Alors je vais me contenter des miennes. :joker:

  8. heu…moi je me suis toujours demandé quel était l’intérêt de POSSEDER une oeuvre d’art,qui que ce soit quelle qu’elle soit.Oui, je suis pour la liberté de l’art…(et des figurines de petite taille en plastique et en bonnet dans le jardin de mémé, mais c’est vraiment pour vous faire plaisir, parce que je m’en fous royal, moi , des nains de jardin)Non, sérieusement;par exemple,peu m’importe de posséder l’original d’un livre,si je peux le trouver en bibliothèque.D’ailleurs, le parallèle n’est peut etre pas si idiot:et si il existait un livre en un seul exemplaire?
    Enfin bref, le truc aussi c’est qu’outre l’inutilité de la possession d’une oeuvre d’art , ça m’horripile qu’elle devienne une simple décoration;je suis sûre que tu étais aussi tres content d’acheter un nouvel abat jour,table,napperon-la-télé-sous-le-vase-ikéa,que sais encore…l’art c’est pas fait pour etre joli!!
    enfin bref, je parle , pas pour rien dire, mais je vais pas au bout…:blah: …désolée…:redface:

  9. Bonjour et félicitations pour ton acquisition,
    On achète des oeuvres d’artistes contemporains pour leur permettre, dans un système économique libéral, de continuer à produire de l’inutile. Or Pascal Bordaries est de ceux là. D’autre part, cette confrontation régulière avec une oeuvre permet de découvrir beaucoup sur cette oeuvre, son choix, en définitive sur soi-même. Je suis collectionneur de Pascal Bordaries que j’ai découvert en 2003 au salon de Bastille. Il expose actuellement Place des Vosges pour une semaine encore et toute l’année sur mon site abcgalerie. Il travaille aujourd’hui sur fond rouge et si j’ai tapé son nom au hasard sur le net, c’est que j’ai craqué hier sur un petit visage complètement dingue comme d’habitude, car Bordaries est un doux dingue, un artiste, un vrai, à subventionner!
    Le tableau sur ce site est d’autant plus intéressant que Pascal change sans cesse de technique et d’inspirations. Par exemple, il ne fait pus ces cadres épais qui permettent donc de dater son travail.
    Olivier

  10. je te comprends, je pense exactement la même chose…
    j’ai craqué pour ce peintre à une expo à Marseille
    malheureusement les tableaux que je convoite son bien plus grands et bien plus chèrs (dans les 600 euros) et j’ai pas les moyens!
    si t’as un trus pour les avoir un peu moins chers, n’hésite pas!

  11. je suis aussi détenteur de quelques p.bordariès car j’ai craqué il y a fort longtemps pour ces oeuvres.sa technique à la colle de peau est trés interessante et donne aux tableaux de grandes tailles une luminosité accentuant la profondeur de toiles à peines marouflées pour certaines.je ne peux pas te dire actuellement où en est son travail mes je me promets de me renseigner au plus vite.

  12. Je m’occupe de vendre les superbes oeuvres de Bordaries, à la galeries Allaire Aigret dans Paris,à Bastille!(que le dimanche)lol,et je trouve ses oeuvres magnifiques!sa technique est très dure à réaliser,il faut savoir que cet artiste est autodidacte!!!il n a pas été en école d’art!!!

    Donc pour les sans gout,préférez ue peinture comme celle la, à des posters…c plus cher mais c’est plus beau!!!:-):lol:

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