Livre 3 – X

Rejette donc tout le reste et ne t’attache qu’à ces quelques préceptes. Mais souviens-toi aussi que chacun ne vit que le moment présent, et que ce moment ne dure qu’un instant ; le reste, il a été vécu ou est dans l’incertain. Petit est donc le temps que chacun vit, et petite aussi, même la plus durable, est la gloire posthume ; elle ne tient qu’à la succession de ces petits hommes qui mouront très vite, sans se connaître eux-mêmes, bien loin de connaître celui qui mourut longtemps avant eux.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

3 Commentaires

  1. Au fond, on peut parfois se demander si les souvenirs d’une vie ont vraiment une consistance. S’ils ne prennent pas une valeur mirage uniquement parce qu’ils appartiennent au passe, donc a une region a jamais hors d’atteinte, mythique, facile a mythifier. Ce qui est vraiment plus difficile avec la terne ou exaltante realite du present, celle la meme qui est pourtant cense fabriquer des souvenirs. On a vecu des choses, on espere en vivre, mais ne vit-on jamais rien ? Ou si peu de choses… ?

  2. Anonymous > Nos souvenirs ont-ils autre consistance que celle d’un mythe, c’est-à-dire d’un récit ? D’autre consistance que celle propre au langage ? Ce serait déjà beaucoup, si l’on admettait que le langage est structure… Quant à ce qu’on vit, tout dépend de la part de liberté où l’on s’inscrit, en vertu des décrets des Moires, dans cet intervalle ténu : entre après-coup et déjà-vu… Puis-je suggérer Sade et Dumas (La San-Felice, pour ce dernier) ?

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