Livre 3 – XII

Si tu remplis la tâche présente en obéissant à la droite raison, avec empressement, énergie, bienveillance et sans y mêler aucune affaire accessoire ; si tu veilles à ce que soit toujours conservé pur ton génie intérieur, comme s’il te fallait le restituer à l’instant ; si tu rattaches cette obligation au précepte de ne rien attendre et de ne rien éluder ; si tu te contentes, en ta tâche présente, d’agir conformément à la nature, et, en ce que tu dis et ce que tu fais entendre, de parler selon l’héroïque vérité, tu vivras heureux. Et il n’y a personne qui ne puisse t’en empêcher.

Pensées pour moi-même, Marc-Aurèle.

13 Commentaires

  1. tout le bouquin est comme ça? Parce que niveau style, ça semble pas super agréable à lire…. en plus, moi j’ai horreur qu’on me dise quoi faire, ça m’incite à faire le contraire….oué, suis un rebelle!:afro:

  2. Qu’on le veuille ou non, on obéit tous à un code moral. Il ne s’agit pas d’une liste de règles auxquelles on doit réfléchir avant d’agir mais plutôt d’un processus insconcient et affectif qui nous a graduellement été programmé par l’éducation et la vie en société. Ce code est intégré à la personnalité et est d’autant plus déterminant du choix de nos actes qu’il est inconscient. On a l’impression d’agir naturellement, comme si cela allait de soit et que c’était universel. En fait, très peu de nos actions vont de soi. Tout part de notre éducation combinée à notre personnalité dont une partie déterminante est innée. Nous avons tous, à différent degré, des réactions qui dépassent notre conscient. La conscience consiste justement en une diminution continue des réactions inconscientes.
    Et le bonheur peut etre aussi un choix. :-)

  3. >XXL: ça me fait bizarre, le mot « bouquin », pour Marc-Aurèle.
    Disons que M-A n’écrivait pas tout à fait selon les critères à la mode aujourd’hui (!), qu’il n’imaginait sans doute pas qu’on le lirait dans deux mille ans (tu te vois être lu dans deux mille ans?), et qu’il écrivait avant tout, comme le dit le titre, pour lui-même.
    Donc ne t’inquiète pas, son objectif n’était pas de TE faire la morale, ;-) tout au plus de faire partager quelques réflexions. (Il me semble que Matoo a expliqué que ce livre était un recueil de « conseils » (si c’est bien le mot) reçus PAR Marc-Aurèle, ce qui explique peut-être l’impératif, et la deuxième personne du singulier.) :gene:

  4. Oui, mon commentaire pouvait porter à confusion… C’ets juste que je m’interroge sur le plaisir de lecture que semble éprouver Matoo pour un tel livre. Des extraits que je vois icic, je trouve le style rebutant et froid, ce qui ne doit pas aider pour qu’on se sente concerné par ce qui est dit…
    Et je ne voulais pas dire que je suis un vrai rebelle, hostile à tout conseil moral ou régle , hein, c’était pour rire…:help:
    Je crois que je vais rester sur mon bon souvenir des Mémoires d’Adrien….

  5. Je prends ces assertions comme Alice le dit. ;-) En effet, ce sont des préceptes qu’il écrit comme il se les dirait à lui-même. Un peu comme des mantras qui sont l’essence même de ce en quoi il croit, ce qu’il se donne comme ligne de conduite et qu’il partage là. Je ne le prends pas comme la bible d’un gourou avec ses commandements.

    Au contraire, je partage certaines idées et pas d’autres. Parfois je suis d’accord avec les arguments mais pas la conclusion, et parfois j’adore la chute alors que je ne supporte pas ses raisonnements. Je suis simplement épaté par la modernité de ses dires et par leur « sagesse » à une époque pareille. Et malgré tout, je partage une grande partie de ses « principes de vie ».

    Et je crois que je l’ai tellement lu et « déchiffré » que je ne suis pas rebuté du tout par le style. Mais je peux comprendre les atermoiements de certains du coup. Il faut juste un peu s’y mettre… :petard:

  6. yaisse, je le vois comme ça aussi ( matoo et alice ). le style n’est pas froid, il est concis et précis, et il n’est pas rebutant, il est fait pour être un aide mémoire.

    XXL> si tu le vois comme une série de  » note pour plus tard :mrgreen:  » , ça aide beaucoup :salut:

  7. A lire ce que Matoo vient d’écrire, je ne puis résister à la tentation de citer le Révérend Farrar évoquant George Long (1800-1874), érudit britannique et traducteur de Marc-Aurèle : « Mr. Long’s reputation as a scholar is a sufficient guarantee of the general fidelity and accuracy of his translation… But that for which I and the rest of the unlearned may venture to praise Mr. Long is this – that he treats Marcus Aurelius’s writings as he treats all the other remains of Greek and Roman antiquity which he touches, not as a dead and dry matter of learning, but as documents with a side of modern applicability and living interest, and valuable mainly so far as this side in them can be made clear, that, as in his notes on ‘Plutarch’s Roman Lives,’ he deals with the modern epoch of Cæsar and Cicero, not as food for school-boys, but as food for men, and men engaged in the current of contemporary life and action; so in his remarks and essays on Marcus Aurelius he treats this truly modern striver and thinker not as a classical dictionary hero, but as a present source from which to draw ‘example of life and instruction of manners. Why may not a son of Dr. Arnold say, what might naturally be said by any other critic, that in this lively and fruitful way of considering the men and affairs of ancient Greece and Rome Mr. Long resembles Dr. Arnold… In general the substantiality, soundness, and precision of his rendering are as conspicuous as the living spirit with which he treats antiquity; and these qualities are particularly desirable in the translator of a work like Marcus Aurelius’s, of which the language is often corrupt, almost always hard and obscure. »
    Qu’en retenir sinon que les « Pensées pour moi-même » ne sont pas à comprendre autrement que Matoo le fait ; qu’elles n’étaient pas destinées à la publication ; que le rôle de l’excellente traduction ici proposée est d’en faire librement des « Pensées pour nous-mêmes ». L’essence du dernier stoïcisme – justement appelé « Stoïcisme impérial », car il se trouve, à mon goût, mieux représenté par l’empereur antonin que par Épictète, trop grincheux et moralisant – est admirablement illustrée par les extraits que ce blogue en donne avec audace et pertinence.
    Afin de récuser tout soupçon de flatterie, je précise que je ne me revendique nullement du Portique, mais du Cyrénaïsme et du Pyrrhonisme.

  8. Peux-tu me dire quelle traduction tu utilises stp .
    Bonne journée et merci pour les commentaires de livres, je vais encore claquer une fortune en bouquins. Tu es trop tentant:pompom:

  9. Sincèrement, je préfère de loin Epictète à Marc-Aurèle. Car lui aura au moins vraiment vécu en stoïcien tandis que notre empereur n’aura eu que pour tout fardeau la charge de l’Empire (et encore il avait un co-empereur qui était excellent administrateur, c’est à partir de sa mort qu’il s’est mis à gérer n’importe comment. Nommer son propre fils commode hériter! Chapeau!)

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