Yossi et Jagger

J’avais vraiment beaucoup aimé « Tu marcheras sur l’eau » du même réalisateur israélien, Eytan Fox, et le sujet m’a tout de suite donné envie de voir ce film-là, pourtant antérieur. Il ne passe qu’au cinéma le « Quartier Latin », mais je crois qu’il a même été diffusé sur Arte. Ce film très court (un peu plus d’une heure) et à la réalisation un peu artisanale, raconte l’histoire d’amour entre deux soldats. L’un, Yossi, est un militaire de carrière et commandant de ce qu’on peut prendre pour un poste-frontière. L’autre, Jagger, est un appelé qui aura bientôt terminé son service.

On découvre rapidement l’accointance particulière entre les deux héros, et le réalisateur ne se penche pas du tout sur la genèse de leur idylle. Les deux personnages représentent deux types très différents d’homme et d’homosexuels. On sent Yossi particulièrement « straight-acting » et opportuniste, alors que Jagger est manifestement un homo qui s’assume.

Le film se déroule dans un endroit reculé en pleine montagne et dans la neige. Il n’y a qu’un groupe de soldats (dont Yossi est le chef) pour garder la place, et partir de temps en temps en manoeuvres. La relation entre les deux protagonistes principaux est discrètes mais leur intimité et complicité se remarquent, jusqu’à susciter quelques réactions. Jagger est un très beau mec, et son indifférence aux jolies filles du groupe le rend quelque peu suspect. On suit la vie au quotidien de ces soldats, appelés pour la plupart, et dont le service militaire est à la fois long et dangereux, puisqu’ils peuvent être mis en péril dans des combats réels.

J’ai été sous le charme de ce film car, comme une midinette, l’histoire m’a vraiment plu. Et du coup les maladresses, et de réalisation et de scénario, ont plus été perçues comme les charmantes hésitations et gaucheries d’un premier film que comme des bévues impardonnables. La manière dont il a figuré la relation entre les deux hommes, et les ébauches de personnalités, m’ont énormément touché. L’amour, le désir et la complicité sont véhiculés avec une force et une simplicité remarquables.

Cela reste un film court et qui aurait mérité qu’on s’attarde un peu plus sur les personnages (principaux et secondaires) et qu’on étoffe un peu les diverses intrigues. Mais il possède un charme et des atouts indéniables. Il faut que j’ajoute que le charme des deux héros n’est pas non plus étranger à mes émois…

Pour l’anecdote, l’armée israélienne n’a pas soutenu le film, mais pas parce qu’il s’agissait d’une relation homosexuelle entre deux militaires. Non, simplement car une relation entre deux soldats de grades différents est inconcevable. Mouaaaarf !

A noter aussi que le coup de la « Playstation hongroise » est assez irrésistible.

L’avis des copines : Alex.

Yossi et Jagger

6 Commentaires

  1. Un copain me l’a offert pour mon anniversaire (avec un autre dévédé, beaucoup moins midinette, qui se passe dans une usine avec plein de garçons couverts de graisse – bref). Une phrase de la jaquette m’a fait mourir de rire, je la recopie verbatim : « Cette superbe histoire nous démontre la difficulté de s’aimer pour deux jeunes hommes engagés dans l’armée israélienne ».

    Ha ben c’est le scoop de l’année.
    Je sais, je sais, il ne faut jamais lire les 4ème de couverture….

    Reste que comme rien n’est justifié, rien ne touche vraiment non plus, et dans la dernière scène on reluque l’acteur au lieu de compatir au chagrin du personnage.

  2. Je l’avais d’abbord vu sur Arte (il a été diffusé à plusieurs reprises), finalement je l’ai acheté en DVD, j’adore ce film, il fait vraiment partie de mes films « gay themed » préferés… d’ailleurs je ne l’ai pas regardé depuis longtemps… Devinez ce que je vais faire tout de suite ??!!

  3. Oui tres beau film qui annoncait la qualite de traitement de ‘Tu marcheras sur l’eau’. Je l’avais vu au Verzaubert Film Festival de Berlin en 2003 et de a la Berlinale de Berlin en 2003 ou l’acteur (de face sur l;affiche) etait present pour un debat apres le film, et GRAND SOUPIR dans la salle lorsqu’il a explique que jouer un role d’homo ne lui etait pas difficile, meme s’il etait hetero dans sa vie privee!!! (je sais ca fait people!!! :ben: mais il est encore mieux en vrai!!!!:mur:) . En attendant le DVD est carbonise a force de tourner dans le lecteur en mode arret sur image!:help:

  4. Je l’ai trouvé un peu ennuyeux. Même si les visions des deux personnages sur leur avenir sont intéressantes. Cependant, « le gay qui s’affirme et qui meurt (bêtement) à la fin », ça frise le mélo-drama en solde.

  5. pour ma part, j’ai été touché par la scène de la visite chez les parents… comme le « survivant » n’arrive pas à dire à quel point son amant a été l’homme de sa vie et comment toute la famille se focalise sur la fille…

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