Barba non facit philosophum

Il est plus de minuit, je pénètre dans la rame de métro de la ligne 11, je suis à châtelet. Je rentre chez moi. Je me cale tranquillement dans un carré vide, bien incrusté sur ma banquette, les écouteurs dans les esgourdes, je rêvasse les yeux dans le vide. Bâââââââââm, les portes vont se fermer (oui c’était le bruit des portes, si, si). Un mec entre in extremis, et jette un regard circulaire. Humm pas mal la petite… Le wagon est presque vide, mais il s’avance vers moi, et curieusement il s’assoit juste en face. Je suis surpris, je me redresse un peu histoire de ne pas non plus m’affaler tout de suite sur lui.

Hôtel de Ville – Bâââââââââm !

Tiens, je vois qu’il me regarde dans la vitre qui fait miroir, et donc je regarde aussi son reflet, tout en ayant les oreilles agréablement rythmée par Muse (Endlessly). Je ne trouve pas le mec complètement renversant, mais assez charmant sur le coup. Entraîné par la zik, je me redresse et me la joue à donf. J’écarte les jambes, prends le maximum de place sur la banquette, et j’esquisse un sourire. Nous échangeons alors un regard, et je fais mon mâle dominateur, tandis qu’il me lance un regard de pédale en rut. J’adoooooooore.

Rambuteau – Bâââââââââm !

Le jeu continue, cette situation, inédite pour moi, me galvanise carrément. On alterne entre le miroir et la réalité, c’est à la fois fugace et horriblement long, on perd facilement ses repères temporels dans ce genre de circonstances ubuesques.

Arts et Métiers – Bâââââââââm !

Changement de plage musicale. Et là, c’est le drame.

When I was young
I never needed anyone
And making love was just for fun
Those days are gone
Livin’ alone
I think of all the friends I’ve known
When I dial the telephone
Nobody’s home

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! Je réalise soudainement que Céline Dion est en train de me chanter « All by myself », et que mon plan viril est complètement à l’eau. Et je me dis : « Meeeerde si ça se trouve il l’entend déjà préparer sa vocalise à travers mes écouteurs !!! ». Et voilà Céline qui me vrille les tympans !

All by myseEEEEEEElf
Don’t wanna be
All by myseEEEEElf
AnymoOOOOOre

Heuuuu, je crois que je ne suis plus crédible du tout, et je commence à me marrer tout seul. Eh bien, je fais un beau pédé moi là d’un seul coup. Très Bridget Jones. Je révise mon attitude, et je n’ai plus qu’une seule chose à faire.

République

Aaaaaaah ! Vite, vite, je fuis la rame avant que les portes ne se referment sur moi. Et surtout ne pas le regarder !

Bâââââââââm !

Tant pis pour moi, je rentrerai à pied. Et je me remettrai Céline en chemin pour mieux en profiter. ;-)

Tiens c’est pour vous aussi mes petites célibattantes.

24 Commentaires

  1. Voilà pourquoi je garde toujours ma clé USB à portée de main. Je marche dans la rue, les bruits urbains couvrent les crachottements de mes écouteurs : je peux écouter Dorothée :pompom:. Je prends le métro, mes voisins risquent d’entendre ce que j’écoute à cause de la promiscuité inhérente aux heures de pointe : je zappe pour tomber sur Nine Inch Nails :mrgreen:.

    L’éclectisme, y a que ça de vrai ^^

  2. arf, trop drôle, on dirait une scène de Ally McBeal avec le disque vynil qui part en couille sur la platine. Des progrès à faire niveau bruitage en revanche, mais bon avec la Dion dans les oreilles, je comprends que le bruit des portes du métro soit couvert…

  3. Du Matoo qui se lit plus vite qu’un enfilement de jockstrap dans les courants d’air d’une backroom de seconde zone… C’est précis, concis, rythmé par les onomatopées du claquement des portes du métro… le tout avec cette larmichette d’auto-dérision et cette pointe d’ironie un peu désabusée qui titille le pathos et que nous aimons tant. BRAAAAAAAVO ! :-):-):-)

  4. Le double effet kiss cool, sans la première partie !
    Ligne 11 … c’est marrant, je te croiserai peut être un jour : waouh, une star dans le métro : grande première pour moi !

  5. Donc le mâle dominant écarte les jambes pour montrer qu’il est prêt à l’accouplement?:mrgreen::redface:
    Un vrai petit bijou ce poste, même si je suis déçu par cette fuite effrénée sans même un regard pour le malheureux qi a du croire qu’il avait d’un coup le nez qui coulait…

  6. Haaaa! Le métro, on y fait toujours des rencontres éphémères mais tellement intenses qu’elles nous reviennent en rêve au creux du lit. Si seulement la vie était un long métro (ref:fleuve) tranquille…

  7. crétin ! falé pas partir
    t’avai plus qu’a balancer en zik
    « relax, don’t do it
    if you want to suck to it …
    il allait te faire une pipe dans le wagon désert …

    bâââââââm ! bââââââm ! bâââââm !

    :rigole:

  8. Tout en contrastes > ya plein de p’tites ‘pédales’ kiffant le death metal et le rock indus et des tas de ‘domis’ frissonnant de l’ovaire sur le tiercé Dion-Fabian-Foly… J’ai meme connu des zétéros a la fois fans de « Dalida » et de « Ab Fab », jty jure ! Ya des fêlure, d’énorme fissures quelque part qui doivent brouiller les pistes… :lol:

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