J’aime les profs

Je me faisais la remarque dernièrement d’ailleurs : c’est fou ce que l’on trouve comme blogs tenus par des profs. Et pas mal de pédéprofblogueurs dans le tas !

La lecture de tous ces blogs est drôlement instructive sur le moral des troupes, et plus généralement sur une profession qui n’est pas une sinécure. Je me suis toujours dit qu’une des choses les plus frustrantes pour un prof devait être de ne pas utiliser chaque jour ses compétences ou son expertise dans d’autres visées que celles de l’enseignement. Et du coup, voilà des professions intellectuelles qui n’en ont pas (plus) vraiment l’aura ou la reconnaissance. Outre cela, les conditions de travail sont plus que contrastées selon les régions, les établissements et l’encadrement. En tout cas, cette envie de bloguer reflète un vrai besoin de communiquer et de s’ouvrir sur ses petites joies et souffrances quotidiennes. Bloguer est aussi quelque chose de dangereux lorsqu’on s’exprime un peu trop librement sur son employeur public, tout en donnant les moyens de se faire reconnaître.

Alors évidemment on trouve aussi de tout dans les profs, des bons et des mauvais, des dilettantes, des fumistes, des stakhanovistes, des orthodoxes ou des originaux, des passionnés et des investis. Ce qui est marrant c’est aussi que le bon prof d’un élève peut être le mauvais d’un autre, et vice-versa.

Dans mon imaginaire, quand j’étais môme, les profs ne vieillissaient pas, ne changeaient pas, n’avaient pas de vie privée ou pas de famille. Et puis peu à peu, j’ai vu des jeunes femmes changer de nom, de plus âgées reprendre leurs anciens, et même une institutrice mourir d’un cancer, une autre tomber enceinte, j’en ai aussi croisé certains à la Gay Pride quelques années plus tard, ou faire leurs courses au supermarché du coin.

J’ai beaucoup d’admiration et d’affection pour cette profession, car je considère que mon instruction « scolaire » est un élément essentiel, en plus de l’ascenseur social, de ce que je suis aujourd’hui : professionnellement, culturellement, affectivement. Ces rencontres amicales de jeunesse qui vous marquent, ces souvenirs de classe, ces orientations successives plus ou moins bien gérées, ces livres lus, poésies apprises, partitions déchiffrées, pièces en acier usinées et soudées, problèmes résolus, lignes recopiées, heures collées etc. Et malgré un établissement déjà bien marqué par un environnement peu favorisé (habituelle litote…), j’ai tiré mon épingle grâce à eux. Il faut dire que j’étais un élève modèle, terriblement sage et discipliné. Et pourtant je partais avec un handicap de taille : mon frère. Combien de fois n’ai-je entendu : « Ahh Mathieu B. comme Jérôme, je suppose ? Eh bien espérons que tu te comporteras différemment de lui, je vais te tenir à l’oeil toi ! » ?

Etrangement, si je pense à la première chose que l’école m’a apportée en terme culturel, je repense à Madame AlCapone (le nom est très peu modifié… hé hé) en première S, qui pourtant était une bonne salope en classe. En fin d’année, en cours d’histoire, elle avait consacré deux heures à nous expliquer l’abstraction en peinture, et en particulier l’oeuvre du peintre Kandinsky. Un cours en dehors du programme évidemment, simplement quelque chose qui lui tenait à coeur, et une véritable passion qu’elle voulait partager. L’effet fut incroyablement réussi pour moi, une révélation et un attachement qui ne m’a pas quitté depuis. C’est clairement un truc qui ne pouvait pas venir d’ailleurs que de l’école pour moi, et donc pas anodin.

Une autre chose, un cours de philo de terminale, que j’ai déjà évoquée, m’a vraiment bouleversé, et m’a sorti d’une torpeur que dont ne pouvez même pas imaginer l’ampleur (pas la peine de paraphraser les deux posts cités avant). Et le plus drôle c’est que ce prof de philo était en grave dépression, qu’il n’a assuré que très peu de cours, et la moitié en pleurnichant et en tremblant. Sa remplaçante était une fringante sexagénaire en retraite, un peu érotomane sur les bords, avec un palmier sur la tête réalisé à l’aide d’un chouchou rose, et une vue déconcertante sur un décolleté aussi plongeant que ridé. Mémorable !

Il y avait Mme Castagnette qui jouait les femmes fatales, et qui couchait (on en était sûûûûûr) avec M. Alphapha. Et puis aussi Mme Navarin qui était belle et gentille, mais juste avec moi. Melle Rosette aussi, la vieille lesbienne aux chaussures en dessus de léopards, et M. Accoutré que j’avais rencontré en cuir sur un char de Gay Pride. M. Laguigne qui était un mauvais prof de français et d’allemand, mais top en audiovisuel. Arf. Mme Fauchée si douce et compréhensive en Sciences Nat, et son pendant Mme Ororo, une petite boule de nerf (haute comme trois bites à genoux on disait !) qui faisait trembler les racailles de deux fois sa taille. M. Pêcheur aussi qui était la star parce qu’il avait gagné deux fois à questions pour un champion, il a continué à gagner à jeux télévisés, et du coup il a arrêté de bosser ! Mme Rastapopoulos qui était adorable et m’a appris plein de trucs en céfran. Mme Dentelle et Mme Hommemûr qui m’ont donné le goût de l’anglais. M. Labiale qui n’a jamais réussi malgré tous ses efforts à me donner celui du sport (mais tu aurais pu chéri, si tu avais mieux su t’y prendre… ahlalala). Mme Madrid qui ressemblait à un bouledogue, ou M. Epique qui était le meilleur pédagogue de la Terre, et aussi Mme DemiFélin qui m’a fait aimer les livres. Et cette incroyable Mme Calumet, la proviseuse, qui mesurait 1m30 avec ses talons aiguilles géants et dont l’autorité, digne d’un gestapiste, faisait se figer sur place n’importe qui dès qu’elle pénétrait dans une salle de classe. Et tellement d’autres, dont je me souviens en évoquant tout cela…

Et puis surtout, je considère que l’école est le moteur principal des luttes contre les discriminations, les inégalités sociales et le vecteur majeur de ce putain d’ascenseur social (s’il existe vraiment…). Malheureusement, la dégradation des conditions d’enseignement mettent tout le monde dans la panade, et il faut un sacré courage pour accepter de mettre les mains dans le cambouis. Mais bon, on disait de mon collège que c’était de la merde, et j’y ai rencontré des enseignants extraordinaires. Donc je garde espoir malgré tout.

Je garde aussi espoir pour que ces personnes qui croient en leur mission, qui aiment leur job et qui se donnent pour que ça fonctionne, à la hauteur de leurs moyens et de leurs dévouements, puissent continuer à le faire. Malgré les erreurs (on en fait tous) et les vicissitudes. Oui, oui, c’est de lui dont je parle. ;-)

27 Commentaires

  1. Ca fait du bien d’entendre quelque chose de positif sur l’Education Nationale (et pourtant je n’en fais pas partie), ça change des infos télé! Merci

  2. Je garde moi aussi une tendresse particulière pour ces profs passionnés et passionnants, qui m’ont ouverte à d’autres horizons. A peine 3 ou 4 dans ma scolarité, mais ce sont eux que je remercierai aujourd’hui si je devais les croiser.

  3. je vais être hors sujet mais je viens de voir tes vidéos « I will survive »! :pompom: Celle de Jésus m’a fait hurler de rire et celle du martien de Victor Navone (il bosse chez Pixar! Si, si!) est bien foutu! Merci pour ce cadeau, cher Matoo… et bonne année à toi! ;-)

  4. Tiens, c’est marrant ça, j’ai moi aussi un frère qui s’appelle Jérôme, sauf que je suis l’aîné ce qui ne semble pas être ton cas… :cool:

  5. Oui, un très joli post qui me fait remonter plein de souvenirs en mémoire… Et il faut bien l’avouer je ne serais pas ce que je suis actuellement sans la rencontre de certains profs qui m’ont formidablement ouvert l’esprit… merci à eux et merci à toi!

  6. Merci magnifique hommage à notre profession qui est si peu considérée aujourd’hui alors qu’elle sert à former le monde de demain. Oui on est encore beaucoup à croire à notre métier et à tout faire pour rester passionant et intéressant mais que c’est dur quand on est plongé dans la stricte discipline.
    Un jeune prof d’un établissement difficile.
    Bon courage et bonne continuation

  7. je garde un bon souvenir de mon instit et de quelques profs curés car j' »ai été ds un lycée privé .Par contre je suis très remonté contre qqs enseignants de mes enfants 2 :un instituteur de CM1 et une prof d’espagnol qui n’avaient pas leur place ds l’enseignement et ont contribués à dégouter de l’école définitivement mon fils
    Que faire pour Garfield à qui écrire?Les parisiens branchés prévenez les journalistes!!!!

  8. C’est con, mais a te lire, il semble que la discipline était vraiment qq chose dans ce temps la. un ingrédient qui faisait mal, mais indispensable.
    J’a eu qq profs ou plutot pions gestapistes, dont un vrai, un curé, avec les pantalons style furher (un peu comme ceux d’équitation). Il avait les joues creusées, il était sec comme sa trique. Il maitrisait toutes les techniques de tortures a la mode au IIIème reich. Il y avait de la discipline dans ce collège la.
    Mais a part de ca, il entrainait souvent les collégiens pour des sorties de jeux militaires, pseudo-scouts dans un immense bois tout prêt, même pour des nuits d’opération ‘commando’ la fin de semaine ou durant les vacances. Je suis certain que tous ceux qui y allaient ont placé des souvenirs la parmi les meilleurs de leur enfance.

  9. Raoul> Je n’ai eu que des profs très laïcs et c’est très bien comme ça. Des personnes plus ou moins sévères qui se faisaient respecter dans un environnement difficile, et avec des élèves parfois bien agressifs. Mais je n’ai jamais eu l’impression d’avoir affaire à des militaires ou des curés de campagne. Ces gens étaient des professeur(e)s, dont l’objectif était d’enseigner et non d’éduquer. Et tant mieux, car je n’ai jamais vraiment eu peur (tout juste été impressionné par certains et certaines), et j’ai rapidement eu confiance en eux. Je n’ai jamais obéi aveuglément, ni senti des flics en face de moi (même s’ils ont bien du faire la police à certains moments cruciaux).

    Donc je refuse en bloc les ambiances paramilitaires ou pénitentiaires dans les établissements scolaires. Surtout pas ! Certes il faut de la discipline, mais pas la peine non plus de revenir 50 ans en arrière…

    En classe, on rit aussi beaucoup, on communique, on apprend la liberté de conscience, le libre-arbitre et beaucoup de notions que les curés et militaires abhorrent.
    :berk:

  10. Bonjour ! Un bien bel hommage en réponse au grand desespoir de la collègue qui t’as visiblement ému. Certe, les conditions de travail sont parfois difficile, et mon début de carrière ne m’a surement pas encore fournit toutes les « surprises » que l’avenir me réserve. Mais, j’avoue qu’après m’être dit ce matin : » Mais pourquoi fais-je ce métier ? » … ce soir, je retrouve, et grâce à ce post, l’envie d’y retourner demain matin en me disant : » Tu le fais pour ça ! » Un grand merci ;-)
    Et oui, encore un prof homo : Ils sont décidément partout !

  11. Je ne sais pas ce que l’avenir me promet … surement des cours d’orthographe : l’adjectif s’accorde !!! Trop nul le jeune prof qui fait des fautes. « Relisez-vous » disait-il à ses élèves ! :croa:

  12. Matoo: je sais pas justement. Moi, j’étais dans le privé, ca a changé par la suite (moins sévère quand le fameux père la trique est parti).
    Je veux pas tomber dans le cliché ou le nostalgique (cf. l’émission de télé sur ca (l’école a l’ancienne): je connais pas le nom).
    Tu mentionnes la liberté de conscience, le libre-arbitre et beaucoup de notions que les curés et militaires abhorrent.

    Mais il manque le respect selon moi. Me semble que même si on aimait faire les cons, on avait conscience de certaines limites acceptables ou non.
    Ce que je lis ou j’entends parfois… c’est hallucinant.
    Ca vient de plein de facteurs (la concentration de pb notamment).

    Ca va faire très de droite, mais je pense que si yavait plus de discipine dans les lycées/collèges, ca ferait pas de mal.
    (sans revenir 50 ans en arrière et en culottes courtes).
    C’est surement le moment le plus important dans la vie d’une personne. La plus déterminante.
    Tu parlais d’échelle sociale. J’ai l’impression que les barreaux sont cassés dans certains coins. Je trouve pas ca normal de laisser ca comme ca. L’école, c’est fait pour apprendre, de tout.

  13. Pas mal ces souvenirs, et encore à l’époque l’éducation était gratuite, mais maintenant avec la normalisation europeenne que tout devient payant, celà va changer les rapports. Les étudiants vont devenir les maitres puisque c’est eux qui paient à la place de la Nation, et les maitres n’ayant rien à apprendre deviendrons les exclaves aux services de l’argent. Je me demande comment vont se développer les vocations dans ces conditions.
    Cordialement

  14. Bel article Mathieu ! Je suis désespérement sans inspiration chez moi en ce moment et je n’ai même plus le temps de bloguer depuis le bureau… pfffj’te jure.
    Une pensée amicale a Garf.

  15. Mat, je t’approuve sur la beauté et la difficulté de ce métier (c’est d’ailleurs plus une Mission qu’un simple métier).
    En revanche, je suis un peu plus sévère avec le milieu enseignant. Pour faire court, je dirais que j’ai eu beaucoup de professeurs, mais peu de Maîtres. Parmi ceux-ci, citons M.Michel qui, en 6è, faisait fonctionner la classe comme une petite République, avec ses équipes dont chacune avait son bureau (président, secrétaire, trésorier …) et qui, par la pratique, nous a fait faire plus d’instruction civique que tous les livres qu’on nous faisait chaque année acheter sur le sujet (et jamais ouvrir…)
    Il y eut aussi eu Tonton, le barbu prof de Français de 5è. Il nous fit découvrir (et apprendre) Baudelaire (harmonie du soir, l’invitation au voyage) là ou les autres profs en restaient à la poésie sage et convenue réservée aux gamins. Je n’oublierai jamais ce samedi matin où il nous lut Baudelaire. L’horloge, le voyage, l’albatros. On eût dit que la foudre s’était abattue dans la classe. Plus un bruit, et des gamins scotchés. J’entends encore sa voix: « remember, esto memor, mon gosier de metal parle toutes les langues … » Dans la foulée, il nous initia à Nerval (Fantaisie, les Chimères), me marquant à jamais. Pierre, si tu nous lis, merci pour toutes les portes que tu as ouvertes.

    Il y eut aussi M.Maurice en 1ère, un authentique poète qui avait fondé la SAPE (Société des Auteurs et Poètes de l’Essonne)qui lisait Rimbaud et Lautréamont avec un feu incroyable (Maldoror … Maldoror …) Il nous fit découvrir d’autres horizons, fit venir aux feux de bois de la SAPE Marcel Béalu, Roger Caillois …
    Sur un autre plan, il y eut M.Bob, prof de math en terminale C, vieux garçon maniaque, mais excellent pédagogue, le seul qui ne changeait JAMAIS de salle (salle 123, je m’en souviens encore!)
    Les autres se perdent dans les brumes …

  16. Et oui, nous sommes profs et c’est notre plus grande joie.
    A titre purement perso, moi, enseigner j’adore ça. Bien sûr il faut se coltiner des parents psychos, des élèves-boulets de temps en temps, mais il n’y a pas de cas déséspéré. Le travail d’enseignant est un travail en symbiose. Il faut que la relation apprenant-enseignant soit bonne. Et comme tu le faisais remarquer à juste titre Matoo, on peut être très bien pour certains et à chier pour d’autres.
    En ce qui concerne la discipline, moi j’ai une technique autre que celle du hurlement qui
    a) ne fonctionne que si utilisée avec parcimonie et
    b) fatigue mes cordes vocales.
    Lorsque ça piaille, ronchone, crie ou autre j’accelère le mouvement et allonge mon cours. Le contrat est sipmle avec mes chères têtes blondes: j’ai un plan de cours avec diverses séquences et on y arrivera, coûte que coûte. Si on fini avant, pas de problème, je les libère en avance (5 à 10 min maxi) mais si on doit rester 20 min de plus pour y parvenir, pas de bol, je les retiens en cours… Et comme je l’ai déjà fait, ça se sait très vite dans un établissement). Comme je donne souvent cours à mes plus jeunes (les CAP) en fin de journée et qu’elles n’ont qu’une envie, c’est de se carapater… Ca marche assez bien.
    Par contre le respect y’a encore de quoi faire… Je devient hystéro quand je fait une remarque et qu’on me répond « C’est bon! » (souvent sur un ton des plus désagréables en plus) Ben non, c’est pas bon, sinon je ne gaspillerai pas ma salive à faire cette fameuse remarque. Et en règle générale on va droit au clash. Mais ça porte aussi ses fruits. Pas plus tard qu’avant-hier, une gamine m’a retorqué un truc du genre et à peine a t elle eu fini sa phrase qu’elle s’est excusée. Comme quoi, il en va plus de la mauvaise habitude, du laisser-aller que de la méchanceté.
    Bref, j’ai la chance de faire un boulot que j’aime et je vous souhaite la même chose à toutes et tous…

  17. Depuis la soirée des trois oranges, c’est la première fois que je passe ici avec un peu de temps.
    Je ne suis pas prof mais j’en connais, et aussi de mes anciens profs qui sont depuis devenus des amis. Et même si ma vie n’est pas facile, le peu que j’ai, je pense que je le leur dois car je n’étais pas née là où ordinairement on fait de longues études.
    Ton billet me fait du bien à lire. Je suis contente que ça existe encore à notre époque.

  18. Journal de 20h, TF1, ce soir en marge d’un sujet sur la blogosphère,
    notre PPDA national (sic) a relégué l’info ; mais sans arguments, prétextant la sacrosainte pornographie derrière quoi on peut cacher les bonnes moeurs (sic) et surtout une bonne dose d’homophobie hypocrite.
    :censure:
    De quelle dépèche les rédacteurs de TF1 se sont-ils servis, ont-ils lu un jour le blog de Garff…

    Encore une belle preuve du remachage médiatique asaisonnée à l’intox.
    Attention à la récupérationn médiatique, c’est à double tranchant.
    Messieurs du PAF ne confondez pas Grande Gueule et bouche béante,
    ils est question ici de la liberrté d’expression sous pseudonyme,
    avec une langue vivnate et non une langue de bois.
    Merci Matoo pour cettte tribune

    Charly le plus ouf des BSOSF (blogueurs sans orientation sexuelle fixe)

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