The Constant gardener

Alors que ce film est inspiré d’un roman de John le Carré qui a pour titre français : « La Constance du jardinier », qui m’explique pourquoi on lui a laissé le titre en VO ? Décidément, je ne comprendrais jamais rien à ces histoires de localisations cinématographiques !

On impression générale sur le film est très bonne. Vraiment l’histoire est terriblement efficace, un thriller à portée politique, économique et sociale à la hauteur des souffrances d’un continent, des comédiens excellents dont le britannique accent m’a régalé (Ralph Fiennes et Rachel Weisz), une réalisation d’une rare excellence, et des décors naturels kenyans (et africains) époustouflants.

Après il s’agit de relativiser un petit peu un film dont les mécanismes sont calqués sur un roman de John le Carré, donc un scénario d’une redoutable efficacité, mais aux ressorts un peu classiques. En effet, on y trouve le grand classique du best-seller du genre : histoire d’amour passionnelle, crime étrange, enquête enlevée et alambiquée, complot international, retentissements politiques et diplomatiques. Avec pour la touche exotique et terrible : Afrique et pauvreté, et Sida, et désespoir, et exploitation des européens et des nantis locaux etc. Or, le film dispense quelques longueurs dans des vicissitudes dont on se doute bien de l’issue, en plus de ficelles qui manquent un peu de crédibilité. Malgré tout, on croit aisément à l’idée de base, et à la manière dont les industries pharmaceutiques (ou agroalimentaires ou militaires etc.) exploitent l’Afrique et les africains. Et dans ce sens, j’avais encore à l’esprit le fabuleux « cauchemar de Darwin » qui n’est malheureusement pas une fiction.

Le film commence par la mort de Rachel Weisz qui est retrouvée tuée dans une région éloignée de Nairobi, dans des circonstances louches (avec son amant ?). Elle était une activiste farouche qui s’était mis à dos bon nombre de notables. Son mari, un calme et placide diplomate, Ralph Fiennes, se met à enquêter sur cette affaire, et découvre peu à peu les tenants et aboutissants d’un complot sordide. Le film s’articule autour de flash-backs qui rappellent les événements passés, de la rencontre entre Fiennes et Weisz, à l’issue fatale.

Rachel Weisz et Ralph Fiennes sont vraiment très bons, mais surtout Fernando Meirelles, qui nous régale d’une mise en scène qui m’a emballée. Les travellings, plans, filtres, mouvements de caméra, caméra à l’épaule, survol de paysages servent à merveille le propos, et viennent apposer de terribles contrastes entre la beauté de la photo et la misère des gens. Même les images des toits des bidonvilles de Nairobi sont magnifiques, alors qu’en même temps elles donnent mal au coeur (littéralement et métaphoriquement).

Au final, il s’agit d’un film qui vaut carrément le coup, malgré les quelques longueurs, mais qui ne donne pas spécialement la pêche (oui évidemment, ce n’est pas très gai…). Par contre, un bel exercice de style, et un exemple supplémentaire de cruauté humaine organisée et institutionnalisée que l’on croit tout à fait possible. C’est bien ce qui effraie d’autant plus…

L’avis des copines : Niklas, Orphéus.

The Constant gardener

10 Commentaires

  1. > »Au final, il s’agit d’un film qui vaut carrément le coup »

    Ah bon… Parce que juste la bande annonce (gentils docteurs blancs au pays de pauvres noirs malades), ça avait pas mal l’air d’une sacré bouse de bisounours !

  2. Tu sais sans aucun doute tout le tabac fait autour du film BROKEBACK MOUNTAIN. J’ai vu le film avec mon chum (de ce côté de l’Atlantique c’est ce que l’on nomme son petit ami mais dans mon cas il fait plus de 1 mètre 88 alors …) Bien juste pour te dire que ce film m’a coupé les deux jambes (encore une expression d’ici mais bon). Sincèrement le film s’attaque à un tabou de notre chère belle Amérique hétéro de cowboys … Il sortita sans doute bientôt en France … reparle nous-en ..http://www.brokebackmountainmovie.com/splash.html

  3. j’ai aussi vu ce film. Je vois dans vos commentaires que malheureusement votre névrose influe aussi sur vos critiques cinématographiques. En effet la contemplation maintenant est devenu égal à « longueur » pourquoi ?
    J’ai trouvé ce film exaltant et tellement juste on en sort pas indemne c’est sur. Le spectateur comprend pourquoi certains africains échouent sur les plages espagnoles. L’Afrique est un continent sacrifié sur l’autel du capitalisme et nous occidentaux de temps en temps nous, pour se donner bonne conscience, nous envoyions nos produits périmés. Je pense sincérement qu’il faut laisser l’Afrique aux Africains qu’on arréte de soutenir aussi bien des régimes totalitaires et corrompus et qu’on arréte de faire de l’humanitaire. Que l’on évacue les armées étrangères qui n’ont rien à faire. Imaginez l’armée ivoirienne à Paris combattres des manifestants dans les rues de Paris.

  4. Pour l’histoire du titre en VO, je suppute que « la Constance du jardinier » n’etait pas du gout des marketeux qui ont pense que le francais moyen le prendrait pour un docu sur la vie de Michel Lis… Mais je suppute gravement…:mrgreen:

  5. >Zigourat. Mein Got!!! Avec des arguments pareils, la mode parisienne actuelle serait a la petite moustache brune et aux pantalons bouffants kaki!!! Merde, on n’a pas 4000 ans de civilisation derriere nous pour laisser crever un continent entier! Que les gouvernements occidentaux et les ONG fassent des erreurs (parfois enormes) en Afrique, je veux bien; mais si on ne veut pas voir un clash des civilisations dans 20 ans, il faudra bien redistribuer un peu la richesse sur cette planete… Les trois-quart du monde ne vont pas rester regarder, en crevant de faim, l’autre quart crever aussi, mais de cholesterol et d’obesite… God bless les naifs…

  6. @blogisbeautiful : pourquoi dès qu’on a des propos politiquement incorrect on est taxé de fascisme. Ce que je voulais dire c’est que l’attitute de l’Occident vis à vis de l’Afrique c’est de jouer aux pyromanes et aux pompiers en même temps sauf que quand les pompiers arrivent l’édifice est déjà parti en fumée ils évitent juste que tout s’écroule. Voilà ce que je dénonce.

  7. >Zigourat. 1) J’ai quand meme l’impression que c’est vachement a la mode de declamer du politiquement incorrect puis de se drapper dans son manteau d’offuscation de vierge effarouchee en se plaignant que tout-le-monde-il-est-mechant.
    2)Je ne t’ai jamais taxe de fascisme (un mot que j’utilise toujours avec beaucoup de parcimonie et de prudence eclairee par l’Histoire, contrairement a certains). Simplement, si les Americains n’avait pas fait d' »ingerence politico-militaire » a un certain moment de notre histoire, oui, aujourd’hui, on aimerait tous la petite moustache brune et les treillis kaki. C’est la meme chose avec l’Afrique: est-ce qu’on peut decemment regarder un continent s’enfoncer dans le chaos et laisser des millions de gens mourrir en pretendant: c’est pas notre probleme?! Qu’on m’explique ou sont les fondements de notre civilisation dans une telle attitude??! Je suis d’accord avec toi: les blancs y ont joue aux pyromanes et aux pompiers depuis 500 ans. La reponse a ca, ce n’est pas de prendre armes et bagages et de fermer la porte a clef derriere nous, mais c’est un changement de methode et d’attitude.
    La solution numero 1: donner l’argent des ONG DIRECTEMENT aux gens sans passer par les gouvernements locaux. Un mec qui creve de faim, il utilise son argent pour s’acheter de la nourriture, pas un tank ou une mercedes flambant neuve. Ca s’appelle le debut d’un cercle vertueux…
    Enfin, je propose d’arreter la notre troll scandaleux des comments du pauvre Matoo, que je;-) au passage.

  8. Je viens de voir le film, et je voulais laisser aussi mon ti commentaire ;) Il m’a beaucoup fait réflechir…
    Ce qui est surtout attristant, je trouve, c’est l’égoïsme inhérant à ces hommes, qui pensent en vies comme il pensent en dollars. Et donc au delà d’une réflexion sur la misère de l’Afrique (que tous nous connaissons plus ou moins), c’est une réflexion sur la nature de l’homme, et sur sa place dans l’humanité qui m’est venue. Nous vivons tous dans notre bulle, nous croyons n’être que des « juxtapositions d’égoïsmes » (pour reprendre un grand philosophe). Mais le sommes-nous réellement? Je crois qu’une mort, quelle qu’elle soit, blesse l’humanité dans sa globalité. Nous qui sommes si petits et si insignifiants aux yeux de l’univers, comment pouvons-nous nous permettre de nous entre-déchirer ainsi…
    Désolée pour le pti délire philosophiqe, mais faut dire que j’ai pas dormi de la nuit après avoir vu ce film !
    Enfin à part ca, les acteurs sont extraordinaires, si naturels, les cadres – très beaux, et la musique touchante dans sa simplicité.

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