John Lennon – unfinished music

Pour ma première visite à la Cité de la Musique, j’ai visité cette sympathique exposition dédiée au chanteur des Beatles à lunettes rondes. Une exposition en forme de complète rétrospective et en deux parties bien distinctes. Il y a évidemment l’avant et l’après rencontre avec Yoko Ono, et la scission est aussi bien marquée dans le fond que dans la forme, avec les deux moitiés sur deux étages.

La première série de salles est donc consacrée à la jeunesse de Lennon, à la naissance des Beatles et leurs succès planétaire. On est à la Cité de la Musique donc on peut écouter pas mal de morceaux ou d’interviews du chanteur, mais aussi voir des clips et diverses vidéos. L’intérêt réside essentiellement dans le rappel historique et politique qui met en parallèle l’éclosion du groupe avec des événements de l’époque. Sinon on a là une jolie démonstration de « fan-art » de base avec les bulletins d’école du petit John ou ses dessins de gamin. Plus tard, on a droit aux instruments originaux, et à l’incroyable merchandising estampillé des quatre garçons dans le vent. A la fin, on a aussi la reconstitution d’un studio d’Abbey avec les outils d’enregistrement de l’époque.

Cette partie est distrayante mais finalement peu intéressante. Disons que c’est plaisant de voir tous ces objets, mais cela manque un peu de recul, d’explications ou de contexte. On a envie de dire « so what ? », et pourtant je suis un gros fan des Beatles (les béate-laisses comme dirait Madame Labutte). On sent une approche un peu trop hagiographique pour moi, il ne faut froisser personne mais du coup on élude certainement des choses intéressantes.

La seconde partie est très intense et m’a beaucoup plus aiguillonné. Cela démarre de la rencontre avec Yoko Ono en 1966, et de toutes les transformations que John Lennon vit pendant cette période, jusqu’à son assassinat en 1980. Comme l’expo est constituée par les fonds de Yoko Ono, on comprend aussi pourquoi on a là beaucoup plus d’éléments et d’explications (plus d’intérêts finalement !) et par la même peu de critiques.

Il n’en reste pas moins que le travail de cette artiste contemporaine japonaise (John Lennon la rencontre alors qu’elle expose à Londres) m’a beaucoup plu. On comprend aussi mieux son esprit fantasque ou retors, et on perçoit aussi la manière dont Lennon a du se séparer des Beatles, avec une incompatibilité qui a du aller grandissante. Et puis, il y a la fin des années 60 et le début des années 70 qui fourmillent de références politiques et sociales : mai 68, la guerre du Vietnam, les mouvements pacifistes, féministes, blacks, etc. Lennon et Ono multiplient alors les expériences artistiques et les happenings (ils reçoivent des journalistes dans un lit à Montréal, dont ils ne bougent pas pendant une semaine, un Bed-in) pour prôner la paix, et aussi en chansons. Ils s’essaient aussi à de surprenantes expériences cinématographiques, dont le film « Rape » qui est vraiment excellent. Il faut dire que j’étais particulièrement bien accompagné, et que c’était pédagogiquement très stimulant.

Donc au final, j’ai aimé me replonger dans cette ambiance musicale, et traverser ainsi les âges avec l’histoire de Lennon. Mais cela manquait un peu de piment et de fond. Même d’un point de vue musical, j’aurais aimé en savoir un peu plus. Quelle empreinte Lennon a-t-il laissé dans l’histoire de la musique ? Quid de l’importance des Beatles, et de lui dans les Beatles ? Dommage donc d’avoir juste monté une expo encomiastique à souhait, et du coup un peu frustrante sur les bords.

John Lennon - Unfinished music

14 Commentaires

  1. encomiastique : qui relève du panégyrique, à rapprocher d’hagiographique ( ceci dit, ce mot ne figure pas dans un dictionnaire, contrairement à encomiaste, qu’on pouvait trouver dans une vieille édition de 1872 du Littré)
    Purée, Matoo, grâce à toi, j’ai enrichi mon vocabulaire aujourd’hui, tu es vraiment le meilleur. Voila, c’était juste une phrase encomiastique

  2. Oui, Matoo, tu l’as dit, l’expo est organisée avec les documents et les oeuvres fournis par Yoko, et tu penses bien qu’elle a fait le maximum pour se donner le beau rôle ! Je suis -hélas- assez vieux pour me souvenir des concerts de Lennon dans les années 70, où l’on avait droit à deux ou trois chansons géniales, et à une heure de hurlements ininterrompus de la dame qui était à l’époque une adepte du cri primal ! Et en plus, c’était la même chose dans les disques… Lennon était particulièrement porté sur les drogues à l’époque (voir, entre autres, la chanson « Cold Turkey »); on ne peut expliquer que comme ça le fait qu’il est arrivé à supporter Yoko aussi longtemps…:mur:

  3. Je ne dirais rien de l’expo. Elle reste quand même un moment marquant des expos parisiennes du moment. Il est normal que la période Beatles soit maigre. Il y a toujours cette guerre absurde en Paul et Yoko. Une grande partie des films qui accompagnaient l’expo ont du être retiré de l’affiche. Paul ayant fait barguiner tout le monde pour au final ne pas donner son accord. On appréciera l’élégance du geste. [Je suis sûr que Ron a une autre opinion que la mienne] Quant à Yoko, elle a fait en sorte que cette expo ait lieu avec des objets personnels qui normalement sont toujours dans son appart new yorkais. C’est une personne avec une personnalité impressionante. J’ai eu l’occasion de la croiser, mais vraiment de la croiser, pas de discuter avec, il se dégage quelque chose de très étrange, de magnétique. C’est une belle ensorceleuse. Selon moi, Lennon a eu beaucoup de chance de la rencontrer. Sans elle, il n’aurait été qu’un musicien de talent, un beatles à la renommée planétaire. Avec Yoko, il transcende tout cela.
    :pompom:

  4. Je suis d’accord avec toi Grey ! En fait, j’ai carrément flashé sur ton travail à elle. Et j’ai compris qu’elle l’avait emmené loin avec elle dans son délire artistique. Et cela rendait complètement incompatible cette nouvelle vie avec celle des Beatles. J’ai vu et entendu la Yoko avec ses cris de oufs, j’ai adoré. Huhuhu. Evidemment, quand on attend de la pop-rock, c’est déroutant, mais dans le contexte de l’expo c’était fascinant et stimulant. Nan comme je l’ai dit, je suis juste un peu déçu par l’aspect superficiel et peu pédagogique…

  5. Les « béate-laisses » ! Matoo, on dit les « bites eules » sont bons, mais on peut aussi dire les « bites elles » sont bonnes …:langue:

  6. Hummm en fait les béatelaisses, c’est un rappel d’une émission des Inconnus, mais je dois être le seul beauf à avoir été marqué !! (avec sur le tableau Madame Labutte = Grosse Pute :ok: )
    :rigole:

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