Révolution sonore

C’est en lisant ce post de Blandine que j’ai repensé à ces quelques artistes que j’ai découvert dans les années lycée et post-lycée, et qui sont restés des repères pour moi. Lorsque je les écoute, parfois après des années de silence radio, c’est comme une charge affective qui me revient en pleine tête, et surtout en plein coeur. Les chansons de l’adolescence, elles marquent toujours des moments qui sont clefs et qui nous ont fait chavirer dans un sens ou dans l’autre.

Au lycée, j’écoutais très souvent Hubert-Félix Thiéfaine. Un peu pour les mêmes raisons que j’aime Brigitte Fontaine, j’adore ses textes déjantés, mais aux références littéraires plutôt acérées, et d’une poésie à fleur de peau qui ne laissent vraiment pas insensibles. J’ai moins suivi sa production actuelle, et globalement ce qu’il fait aujourd’hui ne m’emballe pas. Déjà à l’époque, j’écoutais plutôt ses albums des débuts, et notamment la géniale tournée « Route 88 » qui datait donc déjà de 5-6 ans.

Du coup, hier je me suis réécouté cet album, et j’ai tripé tout seul dans mon coin. J’ai sorti le vieux cahier où je jetais mes états d’âme de l’époque, et j’ai replongé dans mes souvenirs. Le mieux dans ces cas là c’est aussi quand on dresse des parallèles entre avant et aujourd’hui, et qu’on réalise ce qu’on a fait entre temps. La quasi-totalité de ce que j’ai écrit à l’époque est encore bien en « moi » au final. « Les dingues et les paumés » reste une de ces chansons fétiches pour moi, elle résume bien mon attachement à la folie des gens (difficile de m’expliquer plus avant sur ce concept, mais mes proches le perçoivent bien !) et des grands de ce monde, passés, présents et à venir.


Les dingues et les paumés

Dans un autre genre, mais toujours aussi fou, poétique et sensible :


Mathématiques souterraines

Une véritable profession de foi :


Errer humanum est

J’ai enchaîné avec quelques uns de ces trucs que j’écoutais, et que j’écoute encore. Ces découvertes qui sont très intimement liées à ces rencontres charnières dont j’ai déjà parlées. Je poste là quelques morceaux que j’aime particulièrement. Lorsque j’ai commencé à lire Freaky, il y a deux ans maintenant, et surtout quand il a commencé à nous régaler de ses radios, j’ai été subjugué et frappé par la place que prenaient dans sa discographie ces auteurs qui m’ont tant marqué. Alors que Freaky et moi sommes à peu près aussi proches que… le Dalaï Lama et le Yéti (donc pas complètement étrangers, arf arf), il y avait de ces résonances dans ses radios, je n’en revenais pas ! Je ne suis pas un mec cool, branché ou dans la hype, que ce soit dans la vie ou dans mes goûts, je ne l’ai jamais été, et je ne le serais sans doute jamais. Mais ça ne m’empêche pas de cultiver ces petites lumières que je partage dans ma tête avec mon ami imaginaire.

« The Divine Comedy », ah ça, il faut vraiment écouter, il s’agit d’un groupe qui compose de remarquable mélodies, avec une originalité dingue et des textes qui détonent encore. J’en avais déjà parlé pour présenter mon panthéon bouquinesque, cette chanson est une petite oeuvre d’art contemporaine (ouai j’y vais fort).


The book lovers

Et celle-ci montre bien comme ils savent raconter des histoires sur une musique qui déchire sa mère (au moins).

Our Mutual Friend
Notre ami commun
No matter how I try I just can’t get her out of my mind
J’ai beau essayer, je n’arrive pas à m’ôter cette fille de la tête
And when I sleep I visualise her.
Et quand je dors je l’aperçois
I saw her in the pub. I met her later at the night-club.
Je l’ai vu au pub. Je l’ai rencontrée plus tard à la boite de nuit.
A mutual friend introduced us.
Un ami commun nous a présenté.
We talked about the noise
On a parlé du bruit
And how it’s hard to hear your own voice
Et comme il était difficile de s’entendre
Above the beat and the sub-bass.
Au-dessus des beats et des basses.
We talked and talked for hours, we talked in the back of our friend’s car
On a parlé et parlé pendant des heures, on a parlé sur le siège arrière de la voiture de notre ami
As we all went back to his place.
Alors que nous rentrions tous chez lui.

On our friend’s settee She told me that she really liked me
Sur le canapé de notre ami, elle me dit qu’elle m’aime vraiment bien
And I said « cool, the feeling’s mutual ».
Et je dis « cool, c’est réciproque ».
We played old 45’s. I said « it’s like the soundtrack to our lives »
On a mis des vieux 45 tours. J’ai dit « C’est comme les bandes sonores de nos vies. »
And she said « true, it’s not unusual ».
Et elle a dit « vrai, ce n’est pas banal ».
Then privately we danced
Ensuite, on a dansé tous les deux.
But couldn’t seem to keep our balance,
Mais on n’arrivait pas à garder l’équilibre,
A drunken haze had come upon us.
Nous avons sombré dans les vapeurs de l’alcool.
We sank down to the floor and we sang
Nous nous sommes écroulés sur le sol et on a chanté
A song that I can’t sing any more,
Une chanson que je ne peux plus chanter à présent,
And then we kissed and fell unconscious.
Et puis nous nous sommes embrassés et nous sommes tombés de sommeil

I woke up the next day all alone but for a headache.
Je me suis réveillé tout seul le lendemain, avec un mal de crâne.
I stumbled out to find the bathroom.
J’ai trébuché pour trouver la salle de bain.
But all I found was her wrapped around another lover.
Mais tout ce que j’ai trouvé c’était elle, lovée dans les bras d’un autre amant.
No longer then is he our mutual friend.
Depuis il n’est plus notre ami commun.
(traduction minute… désolé si j’ai beaucoup merdé)


Our mutual friends

La voix si singulière de Mark Sandman, ainsi que ses déchirants accords (une basse à deux cordes !!), et ce saxo aux accents plaintifs ont été ce qui m’a conquis dans « Morphine » et l’album « Good ».


I’m free now

« Tindersticks ». Rhaaaaaaa c’est trop bon ça, de la musique indépendante bien anglaise qui tire dans tous les sens avec beaucoup de talent.


Take me

A la base, je ne suis pas fan de Trip-Hop mais « Tricky » c’est autre chose. Je me rappelle de cette folle aventure avec Cici, alors que nous avions roulé un soir, de Cergy jusqu’à Nantes, juste pour aller l’écouter au festival des Inrocks (en 1995 je pense). Et nous avions fait le chemin de retour dans la nuit pour aller en cours à 8h30 (en cours de C++, je me souviens !!).


Evolution Revolution Love

Un des plus beaux « spirituals » que je connaisse parmi les « blue moods of Spain ». Une chanson qui parle de Jésus et qui me touche à ce point, ce n’est pas anodin. Les paroles sont superbes et tellement universelles.


Spiritual

Du français !! Dominique A. est certainement l’artiste francophone qui m’avait le plus scotché. Ses textes originaux, sa musique limpide, son phrasé particulier, tout m’avait aiguillonné chez lui. Et puis il n’est jamais vraiment devenu très célèbre (Oui ok, il n’est pas non plus inconnu, mais ma mère ne connaît pas quoi !). Il y a bien eut quelques mois où on l’a entendu sur les ondes et dans la presse (il a un peu émergé après son passage aux Victoires de la Zikmu en 1996), mais depuis plus grand-chose, sinon les mêmes qui continuent à acheter et écouter ses oeuvres. Et ce n’est pas pour rien !


Le Twenty-two bar

15 Commentaires

  1. Tiens, d’ailleurs, anecdote amusante mais pas en fait mais juste anecdote, dans « Our Mutual Friend », quand Neil Hannon dit « A song that I can’t sing anymore », ben quand il la chante en concert il dit « The sun ain’t gonna shine anymore » à la place. Avec l’air adéquat. Ce qui fait référence à une chanson qu’il ne peut plus singer justement anymore et qui s’appelle, hein si tu suis bien, « The sun ain’t gonna shine anymore », et qui est juste un des merveilleux tubes des Walker Borthers (Scott Walker). Les Divine Comedy des années 60. Magnifique chanson disponible chez tous les bons disquaires ou dans tous les bons P2P…

    (Au fait, comment tu fais pour poster à 23h40 alors que t’es dans un bar ???)

  2. tu avais deja mis en ligne une chanson de Divine Comedy pour illustrer un billet sur ton panthéon des livres. J’ai découvert à ce moment là. Et je suis allé chercher sur le net d’autres chansons. J’en avais retenu trois: « song of love », « perfect lovesong » et une troisième pour la force de sa musique (je ne m’étais pas vraiment attardé sur les paroles). C’était « Our mutual friend. » Merci pour cette découverte là. J’en suis friand…

  3. On a environ 99 % de gouts en commun.:-) Faudrait qu’on se pose un jour pour discuter de tout ça, je pense qu’on pourrait s’entendre, et se faire découvrir des trucs !
    Quant à Mathématiques souterraines elle me donne toujours autant de frissons…. « tu voudrais qu’y ait des ascenceurs au fond des précipices » tout simplement génial.
    J’adore lire ce genre de posts sur la musique qui remue les tripes de leur auteur. MERCI.

  4. Freaky> Ouai celui-là je l’ai écrit dans l’après-midi, mais je voulais laisser le post de la petite facho le plus longtemps possible en première position. Du coup celui-ci était programmé pour cette heure tardive, alors que j’étais dans un bar. Vivi. :afro:

  5. Rha, je n’ai pas encore tout écouté, mais tu me forces déjà à aller chercher dans ma collection de CD mes albums de Thiéfaine… Et Divine Comedy, que je ne connaissais pas, me fait penser à du Lou Reed. J’adore !

  6. Divine Comedy…c’est rigolo comme coïncidence, cela fait plus d’un mois que je réécoute tous les albums en aléatoire sur mon i-pod et que je me les passe en boucle…
    Une chanson des plus mystérieuses « Through a long and sleepless night » dans l’album Casanova et son refrain : « I Can put on the perfume even wear a dress sometimes but i’ll always be the bridegroom and never the bride »…Si ça c’est pas un chanson qui nous parle directement !!!

  7. Dans un autre registre, ton billet m’a fait pensé au film « High Fidelity » avec Velvet Underground, John Wesley Harding, 13th Floor Elevators, Elvis Costello, Jack Black, etc…., du coup, je me suis ressorti mes « cassettes » (et voui pas de CD à l’époque !), pour me faire ma séance nostalgie

  8. Ah Thiéfaine! Ça me rappelle un drôle de souvenir. A l’époque, je travaillais en radio communautaire (associative) où on le faisait tourner beaucoup, même s’il était inconnu complètement ici. Comme sa tournée route 88 passait au Québec à prix coupés, la radio a produit le show de Sherbrooke dans une salle de 350 personnes, un bide total financièrement, 150 personnes au plus, la moitié sur des billets donnés. Thiéfaine était crevé, grippé, s’est même fait une tite ligne sur scène :petard: Le show était bon pareil, et ça reste un de mes meilleurs souvenirs de cette époque. Suis resté fan depuis.

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