Mémoires d’une geisha

J’ai lu roman d’Arthur Golden il y a pas mal d’années déjà, le genre de roman qu’une tante avait passé à ma mère, qui me l’avait passé à son tour. Le bon best-seller américain qu’on imaginait faisant un film hollywoodien correct. Et c’est le cas, mais vraiment pas plus. J’avais aimé le livre dans ce qu’il délivrait comme souffle exotique et épique dans la destinée particulière d’une petite fille vendue pour devenir geisha. Le film reprend bien ces accents là, mais il est tellement hollywoodien que je me demande si les japonais y retrouve une once de leur culture là-dedans. La fin est aussi différente, histoire de terminer sur un « baiser hollywoodien » dans la plus pure tradition (pas nippone je pense…).

Je considère donc le film comme un bel écrin, et une sorte de support multimédia au livre. Il donne de jolies illustrations en mouvements, sons et couleurs au roman en définitive. Mais je bloque sur l’utilisation de l’anglais (alors que certains vocables japonais sont conservés, et que les gens parlent anglais avec l’accent japonais), et sur les actrices principales qui sont certes superbes et talentueuses mais… chinoises comme Gong Li ou Zhang Ziyi (ou malaisienne dans le cas de Michelle Yeoh). Car pour un film hollywoodien, il faut de la reusta de chez reusta si on veut garantir le minimum d’entrée et rassurer les producteurs. Mouaich.

Alors il faut le voir comme tel, un très joli film, aux magnifiques décors, avec un scénario très enlevé et passionné, et qui distrait bien pendant tout le temps que ça dure. Mais l’auteur aurait pu apporter une touche supplémentaire, ou aller plus loin que la simple transposition « exotique ». Il aurait pu mais ce n’était manifestement pas dans le cahier des charges. Donc cela reste un bel objet, mais sans vraiment de charme.

Zhang Ziyi joue le rôle de Chiyo, une petite fille qui est vendue avec sa soeur par ses parents pauvres. Comme elle est jolie, elle est vendue à une okiya où elle sera formée en tant que geisha, tandis que sa soeur se prostitue dans un bordel. Chiyo doit faire face à la grande et dangereuse Hatsumomo (Gong Li) qui est une célèbre geisha de la même maison, et qui intrigue par méchanceté et jalousie pour nuire à la petite fille. Elle arrive d’ailleurs à ses fins, et Chiyo devient servante de l’okiya. Mais une des geishas les plus puissantes, Mameha (Michelle Yeoh) vient un jour proposer à la propriétaire de l’okiya de former Chiyo, et la défie de réussir à transformer cette dernière en une geisha d’exception. Chiyo devient alors Sayuri, elle apprend peu à peu à devenir geisha, et prend sa revanche sur l’existence…

Mémoires d'une geisha

15 Commentaires

  1. Je crois que j’avais vu une critique sur le monde ou libé (ou le figaro), ou il était justement question du ressenti japonnais sur ce film: Alors que les producteurs pensaient produire un scandale, les japonnais ne font que sourire face à ce film ou ils ne se reconnaissent absolument pas. De là à dire que le réalisateur est passé à coté de son film…

  2. Déçu de ne pas retrouver la passion et le piquant du bouquin que j’ai lu moi aussi il y a pas mal de temps. Déçu également des rôles principaux fourgués aux copines de Tri-Tinh et de l’utilisation de l’anglais. Mais un tel film aurait-il pu être monté autrement ? Pas certain.

  3. J’attends avec impatience la publication, en 2007, du futur best-seller de Matoo : « Mémoires d’un Gros Chat » :-) , et en 2008, l’adaptation au cinéma, avec Colin Farrell dans le rôle-titre ! :cool:

  4. Déjà, le bouquin avait pas exactement fait une forte impression au Japon (à part chez l’intéressée auprès de qui Arthur Golden avait récupéré ses infos, qui l’a depuis voué aux gémonies une petite centaine de fois en public), mais alors le film… je crois que c’est même pas la peine d’en parler.

    Comme le dit RCerise plus haut, « scandale » est bien au dessus de l’amusement plutôt curieux qui caractérise la réaction japonaise dans son ensemble, et cela, tout en sachant que la com’ du film a été hautement remaniée pour ne pas trop mettre en avant la supposée véracité historique et le lien avec l’art des geishas.

    En passant, l’accent n’est pas japonais, il est nettement continental asiatique (en tout cas dans la VO), ce qui est logique puisqu’il n’y a pratiquement pas une seule actrice japonaise. De manière générale, tout semble avoir été fait presque exprès pour ne pas ressembler de trop près au Japon véritable (quand on voit le nombre d’erreurs grossières dans chaque scène du film, on se demande combien ça coute d’embaucher le premier Japonais venu en lui demandant de jeter un coup d’oeil au tournage pour vérifier que l’actrice principale ne porte pas son kimono à l’envers).

    Tout ces choix de faire de la soupe multi-culti globale étaient évidemment dictés par une logique commerciale pure (star hong-kongaise = public hong-kongais, star continentale = public continental, stars hollywoodiennes = mères aux foyers américaines qui ont adoré le bouquin)… Logique qui s’est, soit dit en passant, gravement cassé la gueule quand les tarés nationalistes chinois ont cru y déceler une atteinte à leur honneur.

  5. C’est long, c’est creux, c’est ridicule autant d’un point de vue « japonais » que filmique. Certes il y a de très belles images, quelques scènes à couper le souffle (la danse d’intronisation, par ex.).
    Mais bon.
    En plus, Zhang Ziyi est vachement trop habillée à mon goût :boulet:

  6. Même moi qui n’y connais pas grand chose en nipponeries, j’ai trouvé que ça sentait l’hollywood à plein nez, donc je plains les pauvres japonais ! En fait c’est un peu analogue à la fameuse scène de la bouse « Independance Day » avant que Paris ne se fasse exploser. On a une jolie vue de Paris en 1996 avec une rue pavée, une fille qui marche à côté de son vélo, un type avec un béret et des drapeaux bleu-blanc-rouge aux fenêtres !!! Soit une belle vision de Paris à la Libération !!! :afro:

  7. Au vu des commentaires, que va dire Matoo devant « Wu ji, la légende des cavaliers du vent »… :langue:
    Même si le film est plus « japanisant » que japonais, je le trouve quand même beau à voir avec des décors agréables. L’intrigue casse pas trois pattes à un canard mais n’est pas complètement capilotractée (je précise que je n’ai pas lu le livre ;) )
    Bref un moment distrayant finalement, j’ai bien aimé.

  8. Je suis toujours etonne de lire les arguments : « les actrices ne sont pas japonaises ». Est-ce qu’on prend necessairement un russe pour jouer le role d’un russe? un francais pour le role d’un francais? Non vraiment, je ne comprends pas…

  9. Oh oui Colin Farrell… Miam ! :love:
    En ce qui concerne le choix des acteurs, je me souviens que j’avais trouvé ça super nase d’avoir choisi Kevin Kline pour jouer le rôle d’un Français dans la bouse qu’est « French Kiss ». Imaginez, c’est un peu comme si on vait choisi Julia Robert pour le rôle de Sophie Neveu dans « Da Vinci Code » à la place d’Audrey Tatou. C’est un peu dommage tout de même, non???

  10. Outre le côté hollywoodien, je regrette qu’une fois de plus Zhang Ziyi ne soit utilisée que pour son joli minois et ses qualités de danseuse (sa formation initiale, rappelons-le. Et encore, la danse du « Secret des poignards volants » est à mille coudée au-dessus de celle de ce film). Quand on voit ce que Wong Kar Waï a su lui faire faire dans 2046, on se dit qu’elle vaut beaucoup mieux que ça. Dpuis « Tigre & dragons », on lui fait à peu près toujour sjouer le même rôle, et les lentilles de contact bleu n’arrangent rien :-(

    La seule chose qui me paraisse bien vue, c’est lorsque les Américains débarquent, vainqueurs, en 45. On sent bien le choc que cela a dû être au Japon, société extrêmement codifiée. On voit toutes les dérivves, avec l’ex-geisha Citrouille, vite transformée en simple entraîneuse exotique préfigurant les bordels à GI de Thaïlande, les industriels nippons ruinés par la guerre obligés de s’accomoder de capitaux US pour rebondir. Sans parler de l’officier yankee bousculant totalement les convenances en proposant crûment la botte à Sayuri, horrifiée. Le reste du film n’est que clichés, jolis du reste, avec fleurs de cerisier et kimonos de soie. Esthétique, mais vite oublié.

  11. A propos de la remarque de Falpras, c’est le fait d’utiliser des actrices chinoises our incarner des geishas qui est provocateur, puisque, si je ne me trompe pas, aucune étrangère ne peut devenir une geisha et qui plus est on ne peut s’autoproclamer geisha, même dans le cadre d’une fiction.
    L’affront est donc double: utiliser de fausses geishas, mais en plus ne a sprendre de japonaises pour le rôle.
    Sinon, tout comme Matoo et tout le mond eje crois: c’est désespérément noyé dans une sauce hollywoodienne avec une histoire d’amour archi-classique et cucul (moi je lui aurai filé un beau de pied au c….à l’autre empaffé s’il avait mis 15 ans à me dire qu’il m’aime!:mur:

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Petite opération antispam à résoudre : * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

:bye: 
:good: 
:negative:  
:scratch: 
:wacko:  
:yahoo: 
B-) 
:heart: 
:rose:   
:-) 
:whistle: 
:yes: 
:cry: 
:mail:   
:-(     
:unsure:  
;-)  
 
Partages