Enfermés dehors

Je suis un gros fan de Dupontel, depuis les débuts dans les années 90, avec ses premiers sketchs hallucinants dont l’humour noir était parfois limite-limite. J’avais été conquis par l’irrévérence trash et jubilatoire des « sales histoires » diffusées sur Canal+ notamment. Albert Dupontel est un mec dont on ne peut que respecter le talent, et dans « Bernie » il avait aussi montré qu’il savait faire du cinéma, devant et derrière la caméra. L’un des rôles que je retiens dans sa carrière est celui dans « Chacun pour toi » avec Jean Yann (superbe film !), ou bien dans un autre genre « Le Convoyeur ». On sent avec bonheur l’implication et la perspicacité qu’il met dans son travail de comédien (plus ou moins loin de ses personnages habituels).

« Enfermés dehors » reprend les personnages et gimmicks de « Bernie », et pas mal de ses comédiens aussi. Nous sommes donc dans un univers où Dupontel peut s’en donner à coeur joie et il ne s’en prive pas ! Son film est une sorte de conte de fées, une fable moderne où un anti-héros parfait, un semi malade mental SDF et sniffeur de colle qui vit dans un terrain abandonné avec d’autres cloches, tombe sur une panoplie de flic (le flic en question se suicide au début du film). Il revêt l’uniforme, et alors endosse l’identité du super héros qu’il croit être devenu. Il croise une jeune femme dont les parents lui ont enlevé sa gamine. Pour conquérir cette femme, il va essayer de récupérer l’enfant. Mais il se trompe de grand-père en la personne d’un banquier sans scrupule, qu’il enlève pour lui extorquer des informations sur une enfant au doux nom de Coquelicot (mais que le banquier ne connaît évidemment pas).

Un scénario assez simple et linéaire, qui n’a pas du prendre bien longtemps à fignoler mais qui offre un rôle sur mesure au Dupontel qu’on adore : total barge, violent avec les méchants, doux dingue au grand coeur qui marche comme un gorille engoncé dans ses fringues de keufs, amoureux transi aux mimiques de serial killer, alternant entre cascades à la Buster Keaton et pitreries à la Charlot. Il est accompagné dans cette arlequinade par des partenaires tout aussi efficaces avec une désopilante Yolande Moreau et quelques anciens Deschiens, et même une apparition notable de Terry Gilliam !

Evidemment, il y a quelques maladresses et on sent un peu le réalisateur patauger dans les moments purement narratifs, de même que l’histoire du banquier est un peu trop « facilement » évoquée. Mais bon, ça reste du bon Dupontel, et surtout un putain d’agréable moment à franchement rire. En outre, le côté « fable » fait qu’on pardonne les quelques défauts, non pas les invraisemblances puisqu’il n’y a que ça, et la toute fin est vraiment plaisante. Car comme dans tous les contes, ça finit bien !

Albert Dupontel était là pour répondre aux questions à la fin du film (c’était l’avant-première mardi dernier), et cela confirme tout le bien que je pense de lui.

L’avis des copines : Niklas et Orphéus.

Enfermés dehors

En cadeau bonux, un petit bout de Dupontel…

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