Wassup rockers

Comme j’avais démarré la critique de « Ken Park », je suis obligé de préciser que j’avais été un aficionado du Larry Clark qui m’avait choqué et bouleversé avec « Kids ». On y retrouvait déjà sa (malsaine ?) fascination pour les corps adolescents lascifs et leur sexualité débridée, mais aussi un regard extraordinaire et singulier sur la jeunesse américaine. Quelque chose de gênant, de fort et de tabou, mais aussi un talent certain dans l’oeil du réalisateur et son esprit frondeur.

« Ken Park » m’avait déçu dans son trop-plein de sexe pour le sexe, malgré ses qualités intrinsèques. Avec « Wassup rockers », il a un peu calmé ses plans exhibitionnistes malgré une insistante et persistante facette sexuelle. Ce film est un road movie débridé à skate, sur fond tonitruant de Ramones, qui voit six ados originaires d’Amérique Centrale, et habitant des quartiers pauvres de L.A., South Central, se balader à travers la ville jusqu’aux quartiers les plus huppés, puis s’en retourner au ghetto. Mais sur le chemin, tout au long de cette journée et nuit, un parcours tout initiatique les attend.

Deux des jeunes mecs se font remarqués par les filles car ils sont jolis garçons. Larry Clark esquisse ainsi les personnalités des divers protagonistes, entre un Don Juan de quatorze ans ou frénétique onaniste, l’éveil sexuel reste encore un des gimmicks du réalisateur. Mais ce n’est pas tout, car il arrive aussi à formaliser un discours d’une cohérence qu’on peut saluer, en montrant ces jeunes types fans de punk rock sur un mode aussi documentaire, et en travaillant avec des comédiens qui sont les véritables protagonistes du quartier, et qui jouent leurs propres rôles. Ainsi l’histoire de ces salvadoriens et guatémaltèques, mais très américains, qui collent au look de leur musicos avec leur jeans moule-burnes, leur cheveux longs et leurs skates suscite beaucoup d’intérêt. On les voit opposés aux blacks du ghetto qui ont leurs propres codes, mais aussi aux blancs des quartiers huppés avec qui le choc des cultures est assez flagrant. Finalement, un peu comme dans « Priscilla » avec cette incroyable scène des aborigènes dans le désert, cette bande d’olibrius passe inaperçue dans une réunion de folles modasses de L.A.

On retrouve bien Larry Clark dans cette manière indécente de filmer les adolescents, avec ces gros plans sensuels et sexuels, et ces images qui doivent bien nourrir l’imaginaire des plus pervers (ce sont des mômes de quatorze ans…). Dr Dave résume bien ce que j’en pense chez Oli d’ailleurs. Il y a aussi ce constat assez dingue que toutes les filles du film, du même âge, ne pensent qu’à se faire sauter par à peu près n’importe qui. Et malgré l’approche documentaire qui rend le tout crédible, je me demande vraiment si sincèrement c’est comme cela que ça se passe…

Il n’en reste pas moins que c’est un excellent film, qui a de remarquables qualités de mise en scène. Parfois drôles, parfois tragiques, parfois ironiques, toutes les scènes se découpent comme autant de rencontres inopinées dans le parcours des jeunes skaters dans Los Angeles. La musique omniprésente et bien punk colle bien au rythme du film et à sa facette iconoclaste. Il s’agit vraiment d’un film qui interpelle, et qui m’a plu.

L’avis des copines : Oli et Niklas.

Wassup rockers

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