Transamerica

C’était un sacré risque de faire un film sur ce sujet, et encore plus de la part d’une production bien américaine, or cette oeuvre a évité tous les travers. C’est bien de transsexualité dont il s’agit, et même si le scénario est un peu convenu et bateau (le trans qui a eut une seule relation sexuelle hétéro, et qui a un fils qui débarque 17 ans plus tard), le film ne verse pas dans un ridicule pathos, réussit miraculeusement à ne pas mettre les deux pieds dans la transphobie, ne joue pas les moralisateurs et utilise avec un parfait dosage les blagues qu’on attendait du « Chick with a dick » (sans que ce soit trop vulgaire ou caricatural).

Mais plus que d’évoquer les écueils évités, il faut tout de même avouer que les personnages sont attachants, l’histoire est excellente, l’humour est irrésistible et le fond permet aussi de véhiculer un important message. C’est donc une vraie réussite pour cette comédie qui émeut sans emphase superflue, et qui réussit même à surprendre de temps en temps. Le personnage de la mère ou l’ultime fin, ce sont deux moments qui auraient pu être traités de manière beaucoup plus conventionnelle.

Il faut évidemment saluer la brillante performance de Felicity Huffman qui fait montre là d’une sacrée prouesse de comédienne. Elle est vraiment parfaite dans ce rôle, qu’elle tient avec brio de bout en bout. Son fils dans le film, Kevin Zegers, est un mignon petit mec qui ne manque pas non plus de retenir l’attention. Et globalement, les personnages sont tous plutôt bien campés et attendrissants.

Bree est donc une transsexuelle qui doit se débarrasser définitivement de son sexe d’homme dans quelques jours. Or elle reçoit un coup de fil d’un jeune garçon qui se dit être le fils de « Stanley », son nom d’homme. Ainsi elle réalise qu’elle est « le père » d’un jeune délinquant à problèmes. Sa psy, pour donner un aval final à l’opération, lui recommande de gérer cela, et voilà Bree qui traverse le pays pour aller chercher son fils en détention à New York, et tenter de le ramener à la raison. Finalement, un road-movie entraîne les deux personnages dans de rocambolesques aventures, mais sans que le fils sache que Bree est son père, ou même trans.

Le personnage de Bree est vraiment d’une frappante justesse, autant dans sa motivation pour réconcilier son sexe psychologique et biologique, que dans les souffrances qu’elle endure pour cela, ou dans la transphobie qu’elle affronte quotidiennement. Mais le film fourmille aussi de blagues géniales, et de bons mots qui provoquent de sincères éclats de rire (très bons dialoguistes). Les scènes avec les parents de Bree notamment sont d’une extraordinaire tragicomédie !

Et cette « traversée de l’Amérique » (explication littérale du titre) sera autant le voyage de Bree vers l’opération, mais aussi vers une réconciliation avec sa famille, et finalement son passé. Voilà un film qui mérite tous les suffrages, tant il arrive à être drôle, touchant et intelligent.

L’avis des copines : Orphéus, Niklas, Nij, Batims, Olichou, Dragibus, Cre.

Transamerica

11 Commentaires

  1. Je me suis demandé POURQUOI il y avait tant de beaux mecs qui sortaient de la salle d’a côté hier soir, à l’UGC.

    Désormais, je comprends beaucoup mieux.

    :rigole:

  2. Je l’ai vu aussi! Et bien… tout pareil! ;-) Si ce n’est que la mère est à gerber et que la soeur est excellente! Et puis, comme quoi, on peut être actrice de série est être parfaitemant convaincante dans un film aussi!
    Au passage, comment ont-ils fait pour que cete actrice ait un côté aussi masculin dans ce film? C’est tellement bien fait que je n’arrive pas à déceler ce qui a été modifié physiquement sur l’actrice! :ok:

  3. J’ai entendu beaucoup de bonnes critiques, même à la télévision, sur ce film. Le fait qu’il soit en VOSTFR, on ne le trouve que dans une seule salle sur Montpellier (2 horaires par jour), et j’ai déjà prévu d’aller le voir avec une copine :mrgreen:

  4. Réconciliation avec sa famille, réconciliation avec sa fmaille…
    j’ai pas trouvé qu’il y avait la moindre réconciliation avec sa famille, la situation reste la même. Par contre, comme le dit la psy, c’est plus une réconciliation avec soi-même, une manière d’accepter aussi ce qu’on a été, de ne pas l’occulter sous prétexte qu’on va bientôt subir la touche finale à une longue métamorphose. La confrontation avec la famille peut en faire partie mais je n’ai pas l’impression qu’une quelconque réconciliation ait eu lieu.

  5. je te trouve un peu sévère avec « l’histoire bateau »… on est pas obligé de la croire quand elle dit qu’elle a eu UN rapport hétéro. Elle en a eu un enfant, c’est sûr, mais ca va peut pas dire qu’il/elle s’est pas amusé(e) un peu plus! Et puis, comme Brobeback, ça reprend un genre cinématographique qui touche à la tradition américaine, voire au mythe: le road movie! C’est un road movie fait par un trans. Enfin, pour un film américain, dire qu’on peut être pas trop malheureux en faisant une carrière dans le porno, et pas trop mal le vivre quand on est le père/mère de l’acteur en question, c’est remarquable.

  6. La performance de Felicity Huffman est réellement époustanflante, dans le sens où si on ne la connaît pas, on se pose vraiment la question sur le sexe du personnage: le pari est donc réussi rien que sur l’acting, ce qui est bien le plus important pour la crédibilité du film dont la crédibilité repose là-dessus finalement.
    « Road movie mou? » Et si la vraie vie c’était ça -des silences, des regards- et pas des retournements à la Jack Bauer toutes les minutes?

    Oh, j’allais oublier: le fait que son diminutif soit Bree dans le film fera sourire les connaisseurs…

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