Changer mon fond d’écran ?

C’est hier, je montrais un truc à mon boss sur mon écran, et je suis repassé par le bureau pour choper un document. Il a vu mon fond d’écran qui est cette photo, et qui correspond à mon premier séjour là-bas. Mon boss a alors candidement dit : « Bon hey Mat, il faut changer de fond d’écran là, hop hop ! ». J’ai adoré la subtile et délicate métaphore pour indiquer qu’il fallait bien « passer à autre chose ». Je le reconnais bien là.

Et ce n’est pas pour rien s’il est toujours là. C’est bien un signe inconscient et flagrant que je n’arrive pas à me dépêtrer de cette rupture. Mon choix pourtant, mais ce n’est pas pour cela que je devrais ouvrir le champagne, ou ne pas me sentir fragilisé et blessé. Au contraire même, je remets en question beaucoup de choses, dans mon comportement et dans mon petit système de valeurs. Continuer à l’avoir à un clic d’ici ne facilite pas les choses, mais le sentiment est certainement réciproque, et il doit être fermement assumé.

J’assume donc les choses qui me font du bien, mais aussi celles qui me heurtent, me chagrinent et m’attristent. Je n’ai pas le droit d’émettre un jugement de valeur, et ce n’est pas mon genre, mais je reste sincère avec mon ressenti. Et je sais que ça peut paraître dingue, mais je n’ai aucune fierté ou amour-propre en amour. Jamais je n’affirmerais avoir tourné une page alors que c’est faux, ou dire que je suis parfaitement heureux alors que je souffre intérieurement. Bien sûr, j’ai mon masque de bonhomie que je porte pour paraître en société. Et j’ai cette psychose bien ancrée de ne jamais laisser transparaître physiquement mes sentiments, tout en les exprimant avec une crudité et un prosaïsme assez perturbant pour certains.

Je ne veux simplement pas brûler les étapes, je n’ai pas envie d’aller trop vite et de ne pas prendre le temps de digérer. Donc je suis malheureux, je ne passe pas encore à autre chose. Surtout pas. Je suis entre deux eaux, je navigue à vue, et quand parfois il y a des brumes matinales, j’attends simplement qu’elles se lèvent dans l’après-midi. Ce n’est pas un drame, ce n’est pas grave non plus. C’est un état de fait (ok je fais légèrement ma Sarah Bernhardt !) que je laisse couler en moi avec une sereine langueur.

Il n’y a plus grand-chose d’intime dans ce blog, car je me suis trop cramé le bout des ailes avec cela, et malgré tout j’aime y poster de temps à autre des articles qui sont particulièrement « perso ». Mais dans mes avis de bouquins ou de ciné, on peut tout aussi bien percevoir des bouts de moi qui sont tout sauf anodins. Je sais que je ne suis pas aussi drôle, percutant ou trash que certains, mais je ne le cherche pas. Je suis juste moi. Comme depuis trois ans.

Et mon fond d’écran est donc toujours le même. Oh il changera à un moment ou à un autre… mais aujourd’hui, c’est le même.

22 Commentaires

  1. Je me permet d’ecrire après lecture assidues de tes moults aventures.
    Je lis ce ptit bout de blog et en même temps j’ecoute « Grands corps malade – Les voyages en train ». Et j’ai envie de te dire : c’est la vie.
    Bon courage Matoo.

  2. tu as raison de ne pas te laisser dicter quoi que ce soit de ta conduite par les autres, fut-ce au sujet d’un fond d’écran ;o)

  3. ne change rien. l’intégrité, le caractère entier, l’intelligence, la modestie que tu exprimes dans ton blog en font un des plus précieux à lire. de ceux qui donnent envie d’aller plus loin. d’apprendre. d’être plus fort. plus serein.

  4. je n’ai pas énormement de principes, plutôt des tonnes de valeurs. (nuances)

    Par principe, pourtant, je me dis qu’on ne doit pas lire un blog et ne pas donner, un temps donné, le moindre retour… donc je me le permet today car je te lis régulièrement depuis peu de temps. ;-)

    Qui plus est, le sujet « rupture » me parle intensemment malheureusement (à quatre mois de rupture, je sais toujours pas où j’en suis, alors que c’est une décision commune!)

    tu es franc, ça ne fait pas de toi un impudique. Mais surtout honnête avec toi même. C’est sain… très sain.

    par rapport à ton patron et son commentaire innocent, peut être heurtant, il y a une sorte de « bonne conscience », c’est inutile, mais sympathique quand même.

    en somme…bon courage pour ce chemin construit d’ambivalence qu’on traverse plus ou moins durement.;-)

  5. je pense aussi qu’il faut vivre ses sentiments et pas constamment essayer de passer au wagon suivant,
    a l’émotion suivante, comme si ailleurs l’herbe était toujours plus verte. je ne pense pas non plus que ça ait
    quelque chose a voir avec  » se complaire  » , au contraire, on n’archive pas les choses quand on a pas pris le temps
    de les laisser exister.
    pour pouvoir mettre le passé sur  » j’ai été malheureux « , il faut l’avoir été, en fait, ou plutôt s’être autorisé
    à l’être, quelque soit le temps que ça prend pour en sortir.

    vivre ses émotions dans leurs nuances et accepter leurs conséquences, je trouve que ça fait du bien dans la tête et ça permet d’être clair avec soi même, de mieux se comprendre et de ne pas se mentir. Chacun sa façon de fonctionner après tout, en tout cas je crois que je comprends et que je partage la tienne :salut:

  6. Ton billet me parle, tes réflexions pourraient peut-être m’aider à comprendre quelque chose qui dans ma vie depuis un paquet de mois me mine.
    (comme quoi causer de soi peut aider les autres)

    PS : je vois que je ne suis pas la seule à être tombée dans Grand Corps Malade.
    Entendu la semaine qui s’achève à la Fnac par un slameur (Félix) pour l’instant peu connu du « Grand Public Entélévisé » et qui en réponse à une question sur le mode « que pensez-vous de la soudaine médiatisation du slam avec le succès de GCM ? » a répondu Il fallait bien qu’à un moment ou à un autre l’un d’entre nous aille au feu, il est le meilleur à qui ça pouvait arriver (je cite à la mémoire, j’espère être fidèle à ses propos).

  7. Un jour viendra avec l’envie de changer la photo comme de tourner la page. Se forcer peut être pire.

    soit dit en passant, la photo me touche, lycée des pontonniers, école de jeune fille construite sous Napolèon III comme modèle des diffèrents styles architecturaux… ça c’est l’histoire, la mienne (petite) c’était en seconde et première et je me souviens avoir jeter plus d’un registre par la fenêtre de l’escalier (tour sur la photo)qui arrivait direct dans la rivière. souvenirs souvenirs…
    :croa:

  8. 1) Je garde mon neveu. Il veut vadrouiller sur les forums pour garçons de 13 ans. Pas de soucis, j’allume l’ordinateur devant lui. Oups !, l’affiche de « Ken Park » apparaît en fond d’écran. J’assume, sans insister.
    2) Je ne veux surtout pas mettre en concurrence les idylles, les ruptures claquées des doigts, les couples plus patients… Mais quelqu’un se questionne-t-il sur ce qui permet, ou non, à un couple de perdurer ? Merde !, c’est quoi ce délire télévisuel qui passe par vos coeurs ?!

  9. Comment te dire? Eh bien depuis l’été de la mort de Diana (génial comme repère), j’en suis là. A revoir toujours sa tête dans ma tête. A revoir les moments forts, la vie qu il a apporté dans ma vie. Le manque quoi! Faut dire que ça avait duré 25 ans et que ce fut ma seule relation. Et parfois je me dis que je me suis trompé, que je suis entété, fier, petit, minable. Faut dire que c’est moi qui ait voulu mettre un terme. Je me dis, je me dis et ne passe pas à l’acte. Bises

  10. BRAVO!
    Jean-qui-rit, Jean-qui-pleure, c’est le propre des Gemini ! Je sais de qu(o)i je parle ;-)
    Et assumer, sans se complaire, le dire et l’écrire… c’est déjà aller un peu mieux, se poser en spectateur et non plus en acteur. Certes, on peut être dans le discours, se camoufler derrière des mots bien léchés, et pourquoi pas dire son mal-être avec élégance ne fût-ce que pour son plaisir et celui des lecteurs, dans la mesure où personne n’est dupe ?…
    Rien n’est grave, sauf la maladie tenace et la mort, on le sait.
    Mais aimer, c’est souffrir aussi, parfois, souvent… les sentiments ne se maîtrisent pas, heureusement, sinon y’a longtemps qu’on serait robotisé… Je défonce, certes, des portes ouvertes, mais ça fait du bien, parfois, de remettre les pendules à l’heure.
    On ne programme rien, on ne construit rien, on ne change pas sa vie… On poursuit son chemin, that’s all… on s’ramasse, on se blesse, on cicatrise plus ou moins bien, mais on continue, c’est ce qui compte ;-)
    Biz@toâ

  11. Pour les fonds d’écrans, il faut que ça tourne, en changer assez souvent (genre tous les 15 jours) permet de ne pas trop s’empêtrer dans un certain état d’esprit: c’est un détail mais ça a son poids quand même, vu que si on passe du temps sur son ordi, on a souvent l’image devant les yeux…
    Sinon, j’avoue être assez surpris de voir que ton patron est au courant des détails de tes affaires de coeur, c’est vraiment pas quelque chose que j’aurai envie de partager avec un collégue de travail, encore moins mon patron…:doute:

  12. oui le ménage se fait après décantation. Ce n’est pas en supprimant toutes les références qu’on trouve immédiatement la paix intérieure.

    Sinon, il a plu ce matin à Stbg, où je suis de passage avant de partir pour Istanbul …

  13. XXL> Bah on discute de choses et d’autres, et notamment de temps en temps je dis que j’ai fait « un truc avec mon copain », et donc j’en parle. Mais c’est très naturel. De même, lorsque j’ai rompu, j’ai dit que j’étais célibataire. C’est très factuel en fait, si l’on en ôte toute le vernis dramatique. J’ai des relations très agréables avec mes collègues, pas froides et détachées, mais pas inquisitrices non plus.

  14. Comme toujours, tes post sont des textes remarquables, ou beaucoup peuvent s’y retrouver. Ce texte, c’est tout moi, mais depuis plus logtemps. Merci de si bien le dire.
    PS: j’habite à coté du lycée…..

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