Trois contes

Je n’avais jamais lu de Flaubert, et on n’a pas arrêté de me dire que c’était un crime. Et cédant aux pressions, j’ai lu ces « Trois contes », dernière oeuvre de l’écrivain. La plus aboutie selon certains, ou bien une oeuvre un peu bancale selon d’autres apparemment… Bref, je ne vais pas trop m’étaler dessus car ce serait vraiment faire montre de culot si je me mettais à faire la critique de l’ami Gustave.

En outre, j’ai lu la préface et le dossier qui suivait, ce qui me paraît assez essentiel pour cerner l’oeuvre et l’auteur, quand on est aussi ignorant que je suis sur le sujet. Et je me vois mal faire la paraphrase de ce genre d’écrit, même s’il m’a bien « éclairé » l’ouvrage.

Les trois contes sont très distincts et à trois époques différentes. D’abord contemporaine de l’auteur avec « un coeur simple » où il narre l’existence d’une servante à Pont-l’évêque, et sa vie ponctué de petits malheurs et désillusions, jusqu’à un amour quasi-mystique avec un perroquet… Ensuite moyenâgeuse avec « La Légende de saint Julien l’Hospitalier » où il raconte l’histoire de ce personnage singulier, qui a chassé et massacré sans vergogne tous les animaux de la création. Une prophétie explique qu’il tuera ses parents, il s’enfuit donc pour l’éviter, mais ne peut échapper à son destin… Et puis le dernier conte remonte encore dans le temps, nous sommes dans les balbutiements de l’époque chrétienne, et en plein épisode biblique. « Hérodias » se termine par le fameux épisode où Salomé demande la tête de Saint Jean-Baptiste pour sa mère. Ce conte décrit par le menu, du point de vue de l’époque (donc très différemment d’un récit biblique), les relations entres les protagonistes et comment on en est arrivé là.

La religion est pour moi le thème redondant de ces trois contes. On y trouve aussi des récits poignants et à la description des sentiments très détaillée et enlevée. Bon je m’arrête là, sinon comme d’hab, je vais en faire trois pages.

Cette découverte de Gustave Flaubert (et ne me dites pas que je dois lire le reste, je le ferai mais pas de sitôt) m’a enchanté pour la qualité de l’écriture, de la langue et son style. J’ai trouvé que c’était évidemment remarquablement écrit, mais cela va même au-delà, et je comprends mieux pourquoi on révère à ce point l’auteur. Encore aujourd’hui, cela sort de l’ordinaire, c’est inéluctable. J’ai bu ses mots avec un plaisir des mots, des phrases, à la fois dans leurs rythmes, leurs constructions et l’usage des formules… Ah oui, vraiment un plaisir de lire qui ne s’oublie pas.

Trois contes - Gustave Flaubert

24 Commentaires

  1. Mmmm, perso, je déteste Flaubert. Son projet d’écrire un texte qui se tiendrait par la seule force du style me déplaît au plus haut point. Je n’ai jamais compris pourquoi Flaubert plaît tant aux universitaires (enfin, si, un peu : mise en abyme et critique littéraire), ni comment Flaubert pouvait être considéré comme supérieur à Zola dont le style, de mon point de vue, écrase celui de Flaubert.

    Enfin, ceci n’est que mon avis :D

  2. je n’ai jamais aimé lire flaubert, mais j’ai adoré l’étudier à la fac en effet :mrgreen:. c’est passionnant a éplucher, mais comme divertissement  » classiquement  » littéraire, il n’y a tout de même rien de mieux que diderot. rha, les tranches de rire, entre « jacques le fataliste » et « la religieuse » :pompom: ( enfin la religieuse, pour le contexte. quelle bande de joyeux drilles ce devait être :love: )

  3. Krysalia… dans mes bras !!!

    Diderot, Diderot, Diderot ! Oui à La religieuse, à Jacques, au Supplément au voyage de Bougainville (où il est question d’amour libre). :pompom:

    Flaubert, je n’accroche que rarement : l’éducation sentimentale, je reconnais la performance, mais ça s’arrête là. Et je n’ai JAMAIS pu finir Salammbô… :boulet: Par contre, je craque pour le dictionnaire des idées reçues et sa corrpondance avec George Sand.

    Voilà, voilà… C’était « les pédants vous parlent » (non, y a pas de jeu de mot !) :doute:

  4. Flaubert à petite dose, Mme Bovary m’a profondémént ennuyée. Les univers de Barbey d’Aurevilly et de JKHuysmans me parlent et me passionnent plus. C’est mon coté catho-dépravée.
    ‘le suicide ou les pieds de la Croix’ avait conseillé Barbey à Huysmans après ‘ à Rebours’. Pour moi celà les 2 sont remis à plus tard:petard:

  5. Vraiment Matoo,, c’est génial Flaubert ! c’est sublime, irrésistible, il avait sacrément l’oeil pour décrire les crétins et les hypocrites. Salambo, c’est vrai que c’est de l’orfèvrerie, c’est beau et lourd comme un énorme collier bédouin, mais les 3 contes, Mme Bovary, BOuvard et Pécuchet (très drôle)…
    Je suis toujours ravie de voir des adultes lire des livres qu’on nous fait lire à 15 ans comme si on avait le pouvoir de les apprécier…
    Bises à toi pour cela.

  6. Salut Matoo,

    vendu, je vais aller à la Fnac m’acheter le bouquin. La dernière recommandation que j’ai suivie de ta part c’était « La course à l’abîme » et j’ai bien aimé (un peu long peut-être, mais ça donne envie d’aller voir les tableaux).

    @ +

    Louis

  7. c’était juste pour dire que bizzarement le post sur Flaubert amène beaucoup moins de commentaires que le post sur le sperme qui sent la pomme… c’est aussi à ça qu’on reconnait un pédéblog… :mrgreen:

  8. Ben non, les tamaris… Moi, j’ai laissé un commentaire sur Flaubert (et un chié, même !) et pas sur le sperme qui sent la pomme. Et pourtant, je suis pédé… :lol:

  9. Say yes to Flaubert !(les dernières pages de l’Education Sentimentale, il faut les lire avant de mourir!)Et le style de Zola est quand même largement inférieur à celui d’un Flaubert, si je puis me permettre…

  10. Gus est encore meilleur dans sa correspondance que je te conseille vivement parce que, comme toutes les correspondances, elle a le mérite de se lire fragmentairement et diagonalement, ce qui n’est pas toujours le cas des oeuvres du grand Gus.

    Par ailleurs, pour un regard qui n’est pas trop universitaire sur Flaubert, je te conseille la lecture de l’essai marrant de Julian Barnes (Le Perroquet de Flaubert)…où il est question de… perroquet; celui que Gus emprunta pour l’écriture d’Un Conte Simple. Le perroquet empaillé est aujourd’hui conservé au musée du CHU de Rouen (ah! Gugus que de kilomètres tu nous fais faire!)

    Au fait, merci de tes conseils de lecture! :ok:

  11. Je conseille aussi la lecture / récitation / performance, très échevelée et selon mes propres critères, parfois « fausse » de ton, de FELICITE (le premier des trois contes qui porte un autre titre) de et par F. Lucchini, film qu’on peut acheter sur amazon.fr/ et que j’ai vu plus complet dans le long métrage que Benoît Jacquot a consacré aux « par coeur » lucchinisés dans leur quasi intégrale – le film est passé plusieurs fois sur ciné cinéma récemment en pleine canicule, il y avait aussi dans ce film des La Fontaine à mourir de bonheur. Quoi qu’on puisse penser de lui par ailleurs, Lucchini a cet amour viscéral de certains textes qui peut servir – en l’occurence pour « Un coeur simple » – de spectacle déclencheur. Pour compléter, voir aussi dans Les mémoires d’un fou, du même Gus, (garnier flammarion) l’histoire du manteau laissé sur la plage, sublissssime! A lire avec un verre de sauternes pas loin,tant qu’à faire, ou peut-être un Jurançon et surtout beaucoup de paysage,beaucoup, beaucoup, beaucoup. e. ebrolige

  12. je t’envie de découvrir Flaubert. Ne serait-il plus étudié au lycée? Il faut absolument lire et relire Madame Bovary. C’est avec le Rouge et le noir de Stendhal le plus beau chef d’oeuvre de notre littérature.

  13. En effets j ai croit que le texte d herodias est un bon recit ou ilya une presieuses detailles qui nous aide a bien imaginaire ce mythe. il a ajoute encore des noms des lieux arabes qui ajoute un air mystique convenable al l orient
    :salut::salut::croa:

  14. Je n’ai jamais pris autant de plaisir à lire qu’avec Flaubert: l’écriture est magnifique, la langue française n’a jamais été aussi belle. Je ne me suis jamais ennuyé, la narration de l’histoire est chaque fois parfaite. Cinq ans de voyages, préparatifs et documentation pour chaque livre! Et la force de certaines scènes: la mélancolie magnifique de la dernière scène de l’Education Sentimentale, la scène de cannibalisme de Salammbô, l’ironie à la soude caustique tout au long de Madame Bovary… J’ai eu la chance de découvrir tous ces chefs d’oeuvre entre 26 et 28 ans et c’est tant mieux. Matthieu, tu vas avoir le même luxe de découvrir ces textes à un âge où tu es à même de les apprécier.

  15. ;-)moi je lé lu et je doit faire une fiche de lecture et sa me soule :mur:car je narrive pas a montrer en koi c des contes !!! jai trouvé livre pas tres top :hum:

  16. Bonjour, j ai 15 ans et je dois lire le livre « les trois contes de Flaubert »!!J aime bien flaubert mais je ne comprend rien a l histoire je n arrive meme pas a savoir a quelle epoque se passe cette histoire:blah:

  17. :croa: wiki wiki et tu trouvera moi aussi j ai a lire les trous contes héhé et jai fai quelque ti recherche sur internet et tu trouve presque tout.
    mais pour vous les trois contes c’est quel genre.??????????????????????????

  18. stp vous pouvais me dire comment la religien a pu sauvé les Héros dans « Les Trois conte » j’ai lu ce roman mais j’arrive pas a faire en sortir cette idée.

    merci bcp d’avance !!!

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